Francis Van Eeckhout, le PDG et actionnaire de référence de Deceuninck, n'affichait pas un sourire franc et éclatant lors de la réunion des analystes. L'homme était en particulier déçu par le fait que le cash-flow d'exploitation récurrent (Rebitda), c'est-à-dire le cash-flow d'exploitation sans les éléments uniques, avait augmenté dans la même mesure que le chiffre d'affaires (CA). En d'autres termes, le groupe n'a enregistré aucune progression en ce qui concerne la marge de Rebitda. La hausse de 2,4% (à 687,2 millions d'euros fin 2017) du CA du producteur ouest-flandrien de profilés en PVC pour portes et fenêtres était cependant conforme aux attentes. Cette augmentation du CA est le résultat d'évolutions très contradictoires: les 8,3% de hausses de prix, l'amélioration de la gamme de produits et l'augmentation du volume à hauteur de 1,1% sont fortement contrebalancés par des ef...

Francis Van Eeckhout, le PDG et actionnaire de référence de Deceuninck, n'affichait pas un sourire franc et éclatant lors de la réunion des analystes. L'homme était en particulier déçu par le fait que le cash-flow d'exploitation récurrent (Rebitda), c'est-à-dire le cash-flow d'exploitation sans les éléments uniques, avait augmenté dans la même mesure que le chiffre d'affaires (CA). En d'autres termes, le groupe n'a enregistré aucune progression en ce qui concerne la marge de Rebitda. La hausse de 2,4% (à 687,2 millions d'euros fin 2017) du CA du producteur ouest-flandrien de profilés en PVC pour portes et fenêtres était cependant conforme aux attentes. Cette augmentation du CA est le résultat d'évolutions très contradictoires: les 8,3% de hausses de prix, l'amélioration de la gamme de produits et l'augmentation du volume à hauteur de 1,1% sont fortement contrebalancés par des effets de change de -6,9%. Le principal élément perturbateur pour les monnaies concerne la chute de 23% de la livre turque. Comme on l'a souvent constaté ces dernières années, il y a toutefois une différence énorme dans les prestations entre les différentes régions. A cet égard, le champion absolu en 2017 s'agissant de la progression du CA est l'Amérique du Nord. La tendance haussière s'y accentue: le CA a augmenté de 8,9%, à 129,1 millions d'euros. Hélas pour le groupe, c'est l'Amérique du Nord qui contribue le moins en tant que région géographique. La Turquie et d'autres marchés émergents sont les plus gros contributeurs au CA, avec 219,1 millions d'euros pour l'année 2017. C'est 2,4% de plus qu'en 2016. Le groupe a par conséquent fait mieux que simplement limiter les dégâts dès lors que la chute libre de la livre turque a été intégralement compensée par une hausse des prix de 22,2% et par une gamme de produits améliorée. En termes d'évolution du CA, la plus grosse déception vient des marchés domestiques d'Europe occidentale, avec un CA qui régresse à 171,1 millions d'euros, ce qui représente un recul de 3,1% par rapport à 2016. A cet égard, c'est surtout la baisse de volume à concurrence de 4,3% qui frappe les observateurs. A l'inverse, le redressement des activités en Europe centrale et en Europe de l'Est, avec un CA qui progresse à 167,8 millions d'euros (+3,7%), en ce compris un gain de change de 2,7%, ouvre des perspectives très prometteuses. Dans cette région, la Russie continue toutefois de hanter les nuits de la direction du groupe puisque les volumes y ont, selon cette dernière, été divisés par deux depuis 2013. Si aucune progression ne s'observe sur le marché russe eu égard à la rentabilité, cela s'explique en grande partie par l'explosion des prix des matières premières, qui ont entre autres progressé de presque 12% dans l'indice S-PVC. L'augmentation du Rebitda est par conséquent restée limitée à 2,4% (il est passé de 65,1 à 66,7 millions d'euros), ce qui signifie que la marge de Rebitda a stagné à 9,7% alors que le PDG Van Eeckhout avait fixé la barre à 15%. Deceuninck espérait une efficacité opérationnelle accrue, mais on était loin du compte à la fin de l'année 2017 du fait de la forte hausse des prix des matières premières. Le bénéfice net a quant à lui plongé de 21 à 13,8 millions d'euros, en raison notamment d'éléments uniques (revalorisation comptable de crédits d'impôts). Les nouvelles usines en Turquie (Menemen) et sur la côte ouest des Etats-Unis (Fernley) ont ouvert leurs portes en 2017. Ajoutons-y l'ouverture imminente d'une nouvelle usine d'extrusion en Colombie. Rien qu'en 2016 et 2017, le groupe a investi 82 millions de plus dans son expansion que lors de la période 2010-2015. Le dividende pour 2017 reste inchangé à 0,03 euro par action. Après une période faste vers la moitié de l'année 2017, l'action Deceuninck a reculé pendant quelques mois. Elle redevient maintenant plus attractive avec une valorisation à 1,3 fois la valeur comptable attendue et à un rapport VE (valeur de l'entreprise)/Ebitda (cash-flow d'exploitation) aux alentours de 7 pour cette année, raison pour laquelle elle fait de nouveau l'objet d'une recommandation favorable. L'action est digne d'achat pour le long terme. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 2,88 eurosTicker : DECB BBCode ISIN : BE0003789063Marché : Euronext Bruxelles Capit. boursière : 393 millions EURC/B 2017 : 30C/B attendu 2018 : 18Perf. cours sur 12 mois : +24 %Perf. cours depuis le 01/01 : -4 %Rendement du dividende : 1,0 %