Sans surprise, les chiffres du producteur de systèmes PVC pour fenêtres et portes n'ont rien d'extraordinaire. Comme les précédents, les résultats annuels ont souffert de la situation en Turquie.
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Sans surprise, les chiffres du producteur de systèmes PVC pour fenêtres et portes n'ont rien d'extraordinaire. Comme les précédents, les résultats annuels ont souffert de la situation en Turquie. Le groupe est présent sur le marché turc par le biais de sa filiale Ege Profil Ticaret ve Sanayi (95,9% Deceuninck), cotée à Istanbul. La crise, la plus grave depuis que Deceuninck est actif là-bas, s'éternise de surcroît; le pays a d'ailleurs fini par entrer en récession, même si la conjoncture macroéconomique s'est quelque peu améliorée en fin d'année. Le chiffre d'affaires (CA) consolidé est passé de 674,2 millions à 633,8 millions d'euros (consensus: 634 millions), un repli entièrement imputable à la Turquie. Le CA du pôle Turquie et Marchés émergents a reculé de 204,5 millions à 166,1 millions d'euros et si le CA des Marchés émergents s'est envolé, il reste relativement modeste. Le second semestre fut cependant meilleur que le premier (CA consolidé en hausse de 8,5%). Francis Van Eeckhout, CEO et actionnaire de référence, reste convaincu du potentiel à long terme, et des atouts pour les marchés d'exportation, de la Turquie. Il se dit toutefois déçu des résultats de 2019; à cause de la Turquie, mais aussi de l'Amérique du Nord, où la baisse concerne cependant davantage les bénéfices que les ventes (l'Amérique du Nord a vu son CA croître de 131,3 millions à 135,4 millions d'euros). L'Europe, dont le CA a reculé de 338,4 à 332,3 millions d'euros, achève elle aussi l'exercice en net recul. Les marchés domestiques (France, où l'agitation autour des gilets jaunes n'a rien arrangé, Belgique, etc.) préfèrent visiblement l'aluminium au PVC. Le repositionnement devrait se faire sentir au cours des 18 mois qui viennent. Une partie de la production allemande va être transférée en Pologne. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) à périmètre comparable (hors norme IFRS 16 relative aux contrats de location) a plongé de 26% (-30,7% encore à la mi-2019), de 81,9 millions à 60,6 millions d'euros (consensus: 62,3 millions), faisant passer la marge d'Ebitda de 12,1% à 9,6%. Les activités turques ont représenté quelque 25% du CA consolidé; elles sont toutefois beaucoup plus rentables qu'ailleurs, d'où leur incidence considérable sur l'Ebitda. A cela s'ajoutent les frais de restructuration au sein de l'usine allemande et le passage, de 17,9 millions à 14,7 millions d'euros, de l'Ebitda nord-américain. La rotation du personnel reste élevée aux Etats-Unis où la situation, à la tête des Ressources humaines, fut un moment tendue. Malgré un CA inférieur, la marge d'Ebitda européenne est passée de 20,1 millions à 20,8 millions d'euros. Le bénéfice net de 15,6 millions d'euros s'est mué en une perte nette de 14,7 millions. Le dividende est néanmoins maintenu à 0,03 euro par action - une preuve de confiance dans l'avenir. L'exercice 2020 a du reste bien commencé. En Turquie, le pire semble passé. L'Amérique du Nord a démarré l'année sur les chapeaux de roue et s'est déjà constitué une belle avance par rapport à 2019. Après une période de lourds investissements, enfin, l'Europe devrait se redresser cette année et l'an prochain.Avec une valorisation arrêtée à 1,1 fois la valeur comptable (1,7 euro par action) et un ratio valeur d'entreprise (EV)/Ebitda évalué à 5,5 pour 2020, l'action ne reflète absolument pas son potentiel de gain et l'excellente gestion du groupe. Le titre n'avait plus été aussi bon marché depuis des années, alors même que l'exercice 2020 s'annonce meilleur que le précédent. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 1,85 euroTicker: DECB BBCode ISIN: BE0003789063Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 254 millions EURC/B 2019: -C/B attendu 2020: 19Perf. cours sur 12 mois: -13%Perf. cours depuis le 01/01: -9%Rendement du dividende: 1,6%