Le géant alimentaire français est dirigé depuis plusieurs décennies déjà par la famille Riboud (fondée par le père, Antoine, et dirigée aujourd'hui par son fils, Franck) et est devenue au fil des ans le numéro trois an en Europe, derrière Nestlé et Unilever. Ces dernières années pourtant, son moteur de croissance s'est quelque peu essoufflé. Au cours des douze derniers mois, l'action a sous-performé l'indice français CAC40 de 25% et sur trois ans, l'action enregistre une performance de 6% inférieure à celle du baromètre français. Notons par ailleurs que l'action est aussi largement en retrait par rapport à la moyenne du secteur européen. Sur 5 ans, le return moyen de Danone s'établit à "seulement" 11,4%, contre 15,6% p...

Le géant alimentaire français est dirigé depuis plusieurs décennies déjà par la famille Riboud (fondée par le père, Antoine, et dirigée aujourd'hui par son fils, Franck) et est devenue au fil des ans le numéro trois an en Europe, derrière Nestlé et Unilever. Ces dernières années pourtant, son moteur de croissance s'est quelque peu essoufflé. Au cours des douze derniers mois, l'action a sous-performé l'indice français CAC40 de 25% et sur trois ans, l'action enregistre une performance de 6% inférieure à celle du baromètre français. Notons par ailleurs que l'action est aussi largement en retrait par rapport à la moyenne du secteur européen. Sur 5 ans, le return moyen de Danone s'établit à "seulement" 11,4%, contre 15,6% pour Nestlé et même 19,1% pour Unilever. Danone est bien représenté dans de nombreux segments de croissance du marché alimentaire européen. En particulièrement les segments d'activités liés à la tendance à un style de vie et une alimentation plus sains et plus équilibrés. Danone est leader sur le marché dans les produits laitiers frais (avec la success-story Activia), numéro 2 dans les aliments pour bébés et numéro 1 dans la nutrition médicale (Actimel, Danacol, Fortisip). Danone est par ailleurs numéro 2 mondial sur le marché de l'eau en bouteille, avec une part de marché de 15%, et possède deux des cinq premières marques mondiales (Evian et Volvic). Danone étudie cependant la possibilité de se défaire de sa division Alimentation santé. Selon le journal spécialisé français Les Echos, cette vente pourrait lui rapporter 3 milliards EUR et quatre candidats-acheteurs se sont déjà identifiés, dont Nestlé. L'année 2013 fut décevante. Son chiffre d'affaires (CA) a totalisé 21,3 milliards EUR, ce qui suppose que l'augmentation du CA s'est limitée à 2,1% (mais 4,8% à taux de change constants et en considérant un CA comparable). Danone a cependant une circonstance atténuante, et de taille : le fameux incident Fonterra. Ce fournisseur néo-zélandais de Danone avait signalé un risque d'infection bactérienne d'un ingrédient d'aliments pour bébés le 2 août 2013. Danone a donc fait retirer des rayons l'ensemble des stocks de quelques produits d'aliments pour bébés dans huit pays asiatiques. On a heureusement appris le 29 août qu'il s'agissait d'une fausse alerte mais la perte de CA a totalisé malgré tout 370 millions EUR et l'impact coût 306 millions EUR, dont 201 millions EUR de frais uniques. A la suite de cet incident, les ventes d'aliments pour bébé ont reculé de 8,6% entre juillet et septembre et ont encore accusé un repli de 6,9% au 4e trimestre, contre une croissance de 17,1% au 1er trimestre et de 13,5% au deuxième. Sur base annuelle, la croissance comparable du CA a reflué de 11,6% en 2012 à 3,6% l'an dernier. En outre, le marché européen du yaourt traverse une mauvaise passe. Ces deux éléments expliquent la pression sur la marge (d'EBIT) opérationnel, qui a reculé l'an dernier de 99 points de base (0,99%), de 14,18 à 13,19%, et induit un tassement du bénéfice net par action de 7,9% (à CA comparable et cours de change constants : -2,2%), à 2,78 EUR. Le dividende est resté inchangé, à 1,45 EUR par action.ConclusionAprès une année difficile, 2014 est placée sous le signe d'une reprise de la croissance. A partir de l'an prochain surtout, la croissance bénéficiaire devrait reprendre de la hauteur. A 18 fois le bénéfice attendu pour 2014 et un ratio valeur d'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel (EBITDA) de 9,5, le titre n'est pas très bon marché. La vente possible de la division Alimentation santé soutient cependant le cours.Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1A