Le géant alimentaire français est dirigé depuis plusieurs décennies déjà par la famille Riboud et est devenu au fil des ans le numéro trois an en Europe, derrière Nestlé et Unilever. Ces dernières années pourtant, son moteur de croissance s'est quelque peu essoufflé, ce qui ne fut pas sans effet sur son cours de Bourse. L'an dernier, le titre a sous-performé l'indice français CAC40 de 13% et sur trois ans, l'action enregistre une performance de 7,5% inférieure à celle du baromètre français. Notons par ailleurs que l'action est aussi largement en retrait par rapport à la moyenne du secteur. Sur 5 ans, le return moyen de ce dernier s'établit à 17,...

Le géant alimentaire français est dirigé depuis plusieurs décennies déjà par la famille Riboud et est devenu au fil des ans le numéro trois an en Europe, derrière Nestlé et Unilever. Ces dernières années pourtant, son moteur de croissance s'est quelque peu essoufflé, ce qui ne fut pas sans effet sur son cours de Bourse. L'an dernier, le titre a sous-performé l'indice français CAC40 de 13% et sur trois ans, l'action enregistre une performance de 7,5% inférieure à celle du baromètre français. Notons par ailleurs que l'action est aussi largement en retrait par rapport à la moyenne du secteur. Sur 5 ans, le return moyen de ce dernier s'établit à 17,1%, contre "seulement" 8% pour Danone. Nestlé et Unilever font mieux, avec respectivement 13,1 et 15,3%, mais ils sont également en dessous de la moyenne. Pourtant, les Français se sont montrés particulièrement actifs l'an dernier en termes d'acquisitions (6 transactions) dans le but de renforcer leur position dans les pays émergents. En outre, Danone est bien représenté dans de nombreux segments de croissance du marché alimentaire européen. En particulier les segments d'activités liés à la tendance à un style de vie et une alimentation plus sains et plus équilibrés. Danone est leader sur le marché dans les produits laitiers frais (avec la success-story Activia), numéro 2 dans les aliments pour bébés et numéro 1 dans la nutrition médicale (Actimel, Danacol, Fortisip). Danone est par ailleurs numéro 2 mondial sur le marché de l'eau en bouteille, avec une part de marché de 15%, et possède deux des cinq premières marques mondiales (Evian et Volvic). Un élément dessert le groupe actuellement : la faiblesse du marché du yaourt en Europe occidentale, ce qui exerce une pression sur les marges. Et puis, l'été dernier, le fameux dossier Fonterra : ce fournisseur néo-zélandais de Danone avait signalé un risque d'infection bactérienne d'un ingrédient d'aliments pour bébés. Danone a donc fait retirer des rayons l'ensemble des stocks de quelques produits d'aliments pour bébés dans huit pays asiatiques. On a heureusement appris le 29 août qu'il s'agissait d'une fausse alerte, mais les ventes de produits avaient été arrêtées pendant un mois. à la suite de l'incident, les ventes d'aliments pour bébé ont reculé de 8,6% entre juillet et septembre, mais la croissance s'établissait toujours à 7,3% après 9 mois. L'entreprise de Riboud est également connue pour ses marges élevées dans le secteur alimentaire. Celles-ci sont cependant sous pression, comme nous l'avons vu. Ainsi, la marge opérationnelle s'élevait à 13,34% sur les 6 premiers mois de l'année, soit une baisse de 49 points de base (-0,49%) par rapport à l'année précédente.Conclusion :La confiance par rapport à Danone s'est érodée ces derniers mois et années. En termes d'évolution du bénéfice, le groupe est par ailleurs dans une période de transition (stagnation du bénéfice à un niveau proche de 3 EUR par action). Sur cette base, Danone n'est pas encore très bon marché (16 fois le bénéfice escompté pour 2014; rapport EV/EBITDA de 9,5 pour 2014). Comme nous prévoyons une reprise de la croissance bénéficiaire dès cette année et plus marquée encore l'an prochain, nous relevons le conseil.Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1B