Les résultats de D'Ieteren fluctuent beaucoup. Alors que ces dernières années, le groupe a collectionné les avertissements sur bénéfices, la semaine dernière, il a publié des chiffres étonnamment solides. Sur une base comparable, son bénéfice brut courant a progressé l'an dernier de 31%, alors que le marché anticipait une hausse comprise entre 20 et 25%. La progression rapportée du bénéfice s'est limitée à 20,6% en tenant compte également des activités suspendues en 2015 au Brésil et en Chine. Il en ressort que le bénéfice brut courant du 2e semestre a légèrement reculé, après le rebond de cours de 61,5% au 1er semestre 2015. Pour cette année également, la direction anticipe un bénéfice brut courant s...

Les résultats de D'Ieteren fluctuent beaucoup. Alors que ces dernières années, le groupe a collectionné les avertissements sur bénéfices, la semaine dernière, il a publié des chiffres étonnamment solides. Sur une base comparable, son bénéfice brut courant a progressé l'an dernier de 31%, alors que le marché anticipait une hausse comprise entre 20 et 25%. La progression rapportée du bénéfice s'est limitée à 20,6% en tenant compte également des activités suspendues en 2015 au Brésil et en Chine. Il en ressort que le bénéfice brut courant du 2e semestre a légèrement reculé, après le rebond de cours de 61,5% au 1er semestre 2015. Pour cette année également, la direction anticipe un bénéfice brut courant stable ou légèrement inférieur. D'Ieteren Auto est confronté à des frais de marketing plus élevés et aux retombées du scandale sur le diesel chez Volkswagen (VW). Belron, actif dans le vitrage automobile, prévoit certes une modeste croissance organique mais devra verser davantage de bonus à la direction. N'oublions pas que D'Ieteren a encore tiré profit, en 2015, de l'hiver américain rigoureux et la vigueur relative du dollar (USD) et de la livre sterling (GBP), alors que l'hiver clément en Europe n'a pas particulièrement soutenu les résultats. Ces circonstances météorologiques et effets de cours peuvent affecter les résultats. Belron reste la principale filiale du groupe, avec une part d'environ deux tiers du bénéfice du groupe. L'an dernier, le chiffre d'affaires (CA) a progressé de 13%, dont 4,7% de croissance organique. L'augmentation est sinon principalement attribuable à l'USD. Le résultat opérationnel courant (REBIT) s'est accru de 11,5%, à nouveau grâce notamment à l'USD, mais aussi à la hausse des ventes aux USA et à des économies de coûts en Europe. Aux USA, Belron a tiré profit à la fois d'une amélioration de ses parts de marché et du marché. En Europe, les ventes évoluent un peu moins favorablement. Les ventes comparables ont reculé de 2,5%, en raison notamment de l'hiver doux et de la concurrence en hausse. Pour cette année, Belron prévoit une légère croissance organique des ventes. La filiale D'Ieteren Auto, importateur des marques de VW sur le marché belge, et qui représente l'autre tiers du bénéfice du groupe, a connu une très bonne année 2015, malgré le scandale du diesel chez VW. La société a livré 3% de véhicules supplémentaires et vu son CA progresser de 8% car elle a vendu des modèles relativement plus coûteux. Son bénéfice courant s'est même accru de 41,9%. À partir d'octobre, le carnet de commandes a été affecté par le scandale mais grâce à des efforts marketing supplémentaires, ce repli était rattrapé en fin d'année. Grâce au succès du Salon de l'Auto, le carnet de commandes était de 24,3% plus élevé que douze mois plus tôt fin janvier. Pour l'ensemble de l'exercice 2016, D'Ieteren Auto prévoit une part de marché stable, ce qui doit donner lieu à un bénéfice courant légèrement inférieur en raison de la hausse des frais de marketing.ConclusionL'an dernier, D'Ieteren a connu un redressement de la rentabilité plus soutenu que prévu. Belron est cependant confronté, surtout en dehors des États-Unis, à la baisse du marché, et D'Ieteren Auto aux retombées du scandale diesel. Les investisseurs paient 13fois le bénéfice pour cette année, et la valeur d'entreprise (EV) s'élève environ à 7fois le cash-flow opérationnel (EBITDA). Dans l'attente de connaître de nouvelles perspectives de croissance, notre conseil reste neutre.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2B