Encore une mise en garde ! Après celles de 2012 et de 2013, D'Ieteren annonce à nouveau une déception en termes de bénéfice pour 2014. Certes, il n'y a rien de catastrophique : le groupe anticipe pour cette année un résultat courant (imposable) légèrement inférieur, mais cet avertissement a, malgré tout, fait l'effet d'une douche froide aux investisseurs. On espérait en effet que D'Ieteren renouerait cette année avec la croissance de son bénéfice. N'oublions pas que ce bénéfice est en baisse depuis 2011 déjà. Le résultat brut courant, que D'Ieteren utilise comme principal baromètre pour ses propres prestations, s'est pour sa part effrité de 305 millions EUR en 2011 à 1...

Encore une mise en garde ! Après celles de 2012 et de 2013, D'Ieteren annonce à nouveau une déception en termes de bénéfice pour 2014. Certes, il n'y a rien de catastrophique : le groupe anticipe pour cette année un résultat courant (imposable) légèrement inférieur, mais cet avertissement a, malgré tout, fait l'effet d'une douche froide aux investisseurs. On espérait en effet que D'Ieteren renouerait cette année avec la croissance de son bénéfice. N'oublions pas que ce bénéfice est en baisse depuis 2011 déjà. Le résultat brut courant, que D'Ieteren utilise comme principal baromètre pour ses propres prestations, s'est pour sa part effrité de 305 millions EUR en 2011 à 177 millions EUR l'an dernier, et sera donc encore plus faible cette année. La patience des actionnaires est mise à (trop) lourde épreuve, ce qui explique la brusque réaction de cours à cette nouvelle. D'Ieteren a perdu son statut de valeur de croissance. Le repli du bénéfice est en premier lieu imputable à la filiale de vitrage automobile Belron, qui représente environ trois quarts du bénéfice du groupe. En 2011, Belron enregistrait encore un résultat brut courant de 213 millions EUR, qui s'est tassé à 130 millions l'an dernier. Belron a surtout dû sacrifier ses marges, qui se sont repliées à 6,1% au niveau du bénéfice opérationnel. La récession en Europe et le redressement modéré aux Etats-Unis ont pesé sur le nombre de kilomètres parcourus, ce qui se traduit statistiquement par une moindre probabilité de bris de vitres. Dans la mesure où Belron enregistre une grande part de frais fixes, la baisse du nombre d'interventions se traduit directement par une sensible diminution du bénéfice. La direction a déjà pris l'initiative de réduire les coûts. Sur de nombreux marchés, la concurrence s'intensifie. Par ailleurs, la météo cet hiver est encore très clémente en Europe, ce qui explique en partie l'avertissement sur bénéfice pour cette année. Cela dit, il y a aussi de bonnes nouvelles : l'an dernier, Belron a présenté une croissance organique de son chiffre d'affaires (CA), grâce à la hausse de ses parts de marché et de la valeur moyenne par intervention. Le modèle d'entreprise n'est donc pas mis en cause : c'est le marché qui traverse une mauvaise passe. Non seulement chez Belron d'ailleurs, mais aussi au niveau de l'autre filiale, D'Ieteren Auto, la direction a assez de chats à fouetter. Ses parts de marché et les ventes des marques du groupe Volkswagen sont légèrement sous pression, ce qui n'est pas sans impact sur le bénéfice compte tenu des frais fixes élevés. En outre, D'Ieteren fait le grand nettoyage dans les concessions automobiles bruxelloises déficitaires. Au cours des cinq prochaines années, 27 millions seront investis pour fermer et regrouper les centres, ce qui devrait déjà permettre de réduire les coûts sur ce front. Cette année, on prévoit un marché de l'auto stable, mais D'Ieteren Auto mettra tout en oeuvre pour stabiliser ses parts de marché et ses ventes.ConclusionCe nouvel avertissement prive D'Ieteren de son statut de valeur de croissance pendant une durée indéterminée et de nombreux investisseurs n'ont plus de patience. Cela dit, la valeur capitalise 13 fois le bénéfice attendu pour cette année, une EV de 6 à 7 fois son EBITDA, et a une capitalisation boursière équivalente à une fois la valeur comptable. Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1B