L'an dernier, le groupe postal belge était passé à côté de son concurrent néerlandais PostNL. Cette fois, l'entreprise belge débourse 820 millions de dollars pour acquérir le groupe américain Radial, spécialisé dans la logistique complexe sur laquelle repose le commerce électronique. Une reprise qui se justifie à plus d'un titre.
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L'an dernier, le groupe postal belge était passé à côté de son concurrent néerlandais PostNL. Cette fois, l'entreprise belge débourse 820 millions de dollars pour acquérir le groupe américain Radial, spécialisé dans la logistique complexe sur laquelle repose le commerce électronique. Une reprise qui se justifie à plus d'un titre. Sur le plan stratégique, il est important que bpost trouve de nouveaux moteurs de croissance. La distribution postale pure assure encore l'essentiel du cash-flow et du bénéfice, mais cette activité est sous pression. Au deuxième trimestre, le trafic postal a reculé de 6,7%, ce qui a coûté à bpost 20 millions d'euros de revenus ; " un iceberg qui fond ", disait le CEO Koen Van Gerven. Pour maintenir à niveau le bénéfice, bpost cherche à réaliser des améliorations d'efficacité, vise la croissance dans les colis, et procède à des acquisitions ciblées. Sur ce dernier front, il vient de franchir une étape importante en achetant la croissance là où elle se trouve : dans le commerce international. Au niveau mondial, le secteur enregistre une croissance de 20%, et les transactions internationales augmentent de 25%. Radial ne se contente pas de livrer des colis à domicile. La société preste aussi des services comme la sécurisation, le traitement et le service à la clientèle. Des clients comme Adidas, Levi's et Godiva peuvent s'adresser à Radial pour des solutions logistiques d'e-commerce, sans devoir passer par Amazon. bpost n'a pas encore ces compétences. Si bpost parvient à exploiter les connaissances rachetées, on peut s'attendre à l'émergence d'un nouveau marché, prometteur, de solutions logistiques pour l'e-commerce. Ainsi qu'à l'amorce d'une consolidation, car l'e-commerce est un jeu qui se gagne grâce aux synergies.La trésorerie nette de 600 millions d'euros de bpost est donc immédiatement mise à l'ouvrage, et bpost financera partiellement l'achat par dettes. Il n'y a donc pas de risque d'augmentation de capital, à moins que l'entreprise prépare un plus gros coup. Il est vrai que le prix payé pour Radial (environ 12 fois le cash-flow opérationnel) est considérable. La société, qui est le résultat d'une fusion entre une filiale d'ebay et l'acteur logistique Innotrack, est encore en phase d'intégration. Dès que Radial aura renoué avec la croissance, elle se verra attribuer une valorisation correcte. Vu la réaction du cours de bpost, les investisseurs n'ont pas dû apprécier que Radial ne contribue au bénéfice qu'à partir de 2020. Leurs craintes par rapport au maintien du dividende sont, selon nous, excessives. À plus long terme, l'acquisition même accroît la probabilité que bpost maintienne le bénéfice et le dividende. En acquérant Radial, bpost assure son avenir. La transaction ne contribuera pas au bénéfice à court terme, mais renforce la promesse d'un dividende stable, à plus long terme. La valorisation reste intéressante, à un rapport cours/bénéfice de 15, une valeur d'entreprise de plus de 7 fois le cash-flow opérationnel et un rendement de dividende de 5,4%. bpost reste digne d'achat en tant qu'action à dividende.Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1BDevise : euroMarché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 4,8 milliards EURC/B 2016 : 14C/B attendu 2017 : 15 Perf. cours sur 12 mois : + 2%Perf. cours depuis le 01/01 : + 6 %Rendement du dividende : 5,4 %