Vestas Wind Systems achève un premier trimestre médiocre. Son chiffre d'affaires (CA) s'est contracté de 12% et son résultat opérationnel (Ebit) a plongé dans le rouge (-71 millions d'euros). Pourtant, le groupe danois, premier producteur mondial d'éoliennes sur la terre ferme, maintient ses perspectives pour l'exercice. Il table sur un CA de 16 à 17 milliards d'euros et une marge opérationnelle de 6 à 8% - soit, si le milieu de la fourchette est atteint, un Ebit de 1,1 milliard d'euros, un bénéfice net de 800 millions d'euros et un bénéfice par action de 0,8 euro ; l'action se négociant à 31 euros, elle coûte près de 40 fois le bénéfice escompté en 2021. C'est beaucoup pour une entreprise dont les perspectives sont certes favorables à longue échéance,...

Vestas Wind Systems achève un premier trimestre médiocre. Son chiffre d'affaires (CA) s'est contracté de 12% et son résultat opérationnel (Ebit) a plongé dans le rouge (-71 millions d'euros). Pourtant, le groupe danois, premier producteur mondial d'éoliennes sur la terre ferme, maintient ses perspectives pour l'exercice. Il table sur un CA de 16 à 17 milliards d'euros et une marge opérationnelle de 6 à 8% - soit, si le milieu de la fourchette est atteint, un Ebit de 1,1 milliard d'euros, un bénéfice net de 800 millions d'euros et un bénéfice par action de 0,8 euro ; l'action se négociant à 31 euros, elle coûte près de 40 fois le bénéfice escompté en 2021. C'est beaucoup pour une entreprise dont les perspectives sont certes favorables à longue échéance, mais qui souffre. La perte essuyée au 1er trimestre résulte surtout d'une hausse des dépenses d'installation. Les prix des nouveaux projets ont augmenté, de 0,74 million d'euros par mégawatt en 2020 à 0,8 million d'euros au 1er trimestre. Bien que, grâce à la vague de consolidations amorcée il y a quelques années, les prix soient toutefois en train de se stabiliser, Vestas semble vouloir - plus que la concurrence - répercuter l'augmentation des coûts sur ses tarifs. Les nouvelles commandes ont sensiblement baissé au 1er trimestre, mais le carnet demeure garni comme jamais. La hausse des coûts gomme cependant l'amélioration de la rentabilité sous-jacente. Vestas invoque des goulets d'étranglement dans la chaîne d'approvisionnement, la flambée du cours de l'acier et la hausse des coûts logistiques. La crise sanitaire a par ailleurs pesé sur l'activité et donc aussi sur l'Ebit, car l'entreprise doit répartir ses coûts fixes sur un nombre plus réduit de projets. Une amélioration est cependant attendue cette année. L'entretien des turbines reste une activité très lucrative pour Vestas, même si le bénéfice a, là aussi, baissé. Vestas garantit à ses clients un taux de disponibilité des éoliennes de 98 %, mais les turbines ont été plus souvent mises à l'arrêt pour entretien ou réparation ces derniers mois. Vestas entend simplifier sa gamme pour éviter ces problèmes. La qualité des turbines a également pâti du rythme soutenu des installations ces dernières années. La marge bénéficiaire de l'activité de maintenance a reculé de 26 à 22%, notamment du fait de l'intégration dans cette activité de l'entretien des éoliennes en mer, moins rentable. La vente de turbines offshore n'a pas encore dopé les résultats. En 2020, Vestas a racheté les parts de son partenaire MHI dans leur joint-venture de construction d'éoliennes en mer. De l'eau aura coulé sous les ponts, quand un produit compétitif sera commercialisé; la vente d'éoliennes en mer ne devrait contribuer au résultat qu'en 2025. Mais il faut savoir qu'à plus long terme, l'énergie éolienne offshore offre davantage de potentiel de croissance que les turbines sur la terre ferme. Les perspectives sont bonnes. Vestas s'attend à une augmentation de 60% de la demande électricité d'ici à 2050, et à voir l'éolien en assurer une part croissante. A près de 40 fois le bénéfice attendu en 2021, l'action reste chère, surtout que la qualité des éoliennes laisse à désirer et que les coûts ont augmenté. Les perspectives demeurent cependant favorables à long terme, car l'énergie éolienne jouera un rôle clé dans la décarbonisation et l'électrification de l'approvisionnement mondial en énergie. De meilleures opportunités devraient toutefois se présenter à terme pour prendre une position. Notre conseil est inchangé. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 31 eurosTicker: VWSCode ISIN: DK0061539921 Marché: XetraCapit. boursière: 31,4 milliards EURC/B 2020: 50C/B attendu 2021: 40Perf. cours sur 12 mois: +72%Perf. cours depuis le 01/01: -27%Rendement du dividende: 0,74%