Le cours de Colruyt a marqué un nouveau record à la fin de l'an dernier et l'action s'est relativement mieux tenue pendant ce début d'année difficile. Les actions défensives affichant une croissance de leur bénéfice demeurent populaires. L'action capitalise 19 fois son bénéfice et sa valeur d'entreprise représente plus de 9 fois son cash-flow opérationnel (EBITDA). Actuellement, les valeurs refuges coûtent cher, c'est évident. Les résultats du 1er semestre de l'année 2015/2016 ont confirmé le statut de valeur de croissance défensive. Le chiffre d'affaires (CA) a progressé de 2,9%, grâce à la progression ultérieure des parts de marché, à 31,6% désormais. Il a été soutenu par le changement de la donne au n...

Le cours de Colruyt a marqué un nouveau record à la fin de l'an dernier et l'action s'est relativement mieux tenue pendant ce début d'année difficile. Les actions défensives affichant une croissance de leur bénéfice demeurent populaires. L'action capitalise 19 fois son bénéfice et sa valeur d'entreprise représente plus de 9 fois son cash-flow opérationnel (EBITDA). Actuellement, les valeurs refuges coûtent cher, c'est évident. Les résultats du 1er semestre de l'année 2015/2016 ont confirmé le statut de valeur de croissance défensive. Le chiffre d'affaires (CA) a progressé de 2,9%, grâce à la progression ultérieure des parts de marché, à 31,6% désormais. Il a été soutenu par le changement de la donne au niveau des prix. La baisse des prix des magasins a fait place à une inflation des prix très modérée. Seul le CA de Dreamland/Dreambaby a diminué de 6%. Non seulement le CA s'est renforcé, mais les marges ont pu être accrues, ce qui explique que le bénéfice opérationnel (EBIT) ait augmenté de 6,3%. La défense de la stratégie des prix les plus bas a coûté un peu moins cher. Cependant, Colruyt n'anticipe pas de réelle inflexion de tendance. Le marché devrait rester largement compétitif en termes de prix, ce qui s'explique également par le fait qu'à Hal, on n'espère pas encore de rétablissement significatif du climat économique et de la confiance des consommateurs en France et en Belgique. En France, le CA a progressé de 12%, mais le bénéfice est encore nul. Les marges sont toujours sous pression en raison de la concurrence par les prix et des baisses de prix. Si le bénéfice opérationnel (EBIT) s'est accru de 6,3%, l'augmentation du bénéfice net s'est limitée à 1%, conséquence de moins bons résultats financiers, d'un taux d'imposition plus élevé et d'une contribution plus faible des filiales. Pour cette année, la direction prévoit un bénéfice net au moins aussi élevé que le bénéfice net de l'an dernier, majoré de l'amende pour formation de cartels de 31 millions imposée l'an dernier. Autrement dit, le bénéfice net sous-jacent est resté à niveau, ce que les investisseurs ont rapidement considéré comme une estimation trop conservative. Le cours intègre dès lors déjà la prévision d'une croissance ultérieure du bénéfice. Les investisseurs apprécient du reste Colruyt pour son dividende. Un coup d'oeil aux cash-flows suffit pour le comprendre. Au 1er semestre de cette année, la société a généré près de 130 millions EUR de cash-flows libres. C'est le cash-flow qui reste une fois les investissements consentis, et qui peut être utilisé pour indemniser les actionnaires et les créanciers. Dans la mesure où Colruyt n'a pas de créancier financier et a même une position liquide nette, ce cash-flow libre peut être intégralement reversé aux actionnaires. Le groupe détient à nouveau 433 millions EUR en liquide sur son compte, ce qui pourrait résulter rapidement en un rachat d'actions propres et/ou la distribution d'un dividende supérieur. Malgré la hausse de cours, l'action Colruyt présente un rendement de 4% en termes de cash-flow libre, un chiffre confortable. Une croissance ultérieure du chiffre d'affaires et des marges au moins équivalentes doivent permettre au groupe de réaliser une légère croissance de son bénéfice dans les prochaines années. Le bilan solide et la production de cash-flows libres ne sont pas convaincants. La valorisation de l'action a cependant beaucoup augmenté, de sorte qu'un relèvement de conseil ne se justifie pas. La qualité se paie désormais très cher.Conseil : conserverRisque : faibleRating : 2A