Dans des conditions de marché difficiles, Colruyt a publié des résultats honorables au terme de l'exercice 2014-2015 (clos fin mars 2015). Le bénéfice net a certes reflué de 5% mais ce repli est imputable à l'amende de 31,6 millions EUR imposée à Colruyt par les autorités de la concurrence dans le cadre d'un accord à l'amiable atteint au terme d'une enquête réalisée quant à une entente sur les prix au cours de la période 2002-2007 pour plusieurs produits de soin. L'accord a été signé le 19 juin mais peut être intégré dans les résultats 2014-2015. Sans cette amende, le bénéfice net aurait connu une hausse de 3,7%, ce qui permet à Colruyt de tenir sa promesse d'un bénéfic...

Dans des conditions de marché difficiles, Colruyt a publié des résultats honorables au terme de l'exercice 2014-2015 (clos fin mars 2015). Le bénéfice net a certes reflué de 5% mais ce repli est imputable à l'amende de 31,6 millions EUR imposée à Colruyt par les autorités de la concurrence dans le cadre d'un accord à l'amiable atteint au terme d'une enquête réalisée quant à une entente sur les prix au cours de la période 2002-2007 pour plusieurs produits de soin. L'accord a été signé le 19 juin mais peut être intégré dans les résultats 2014-2015. Sans cette amende, le bénéfice net aurait connu une hausse de 3,7%, ce qui permet à Colruyt de tenir sa promesse d'un bénéfice net au moins aussi élevé que celui de l'an dernier. Cela dit, ces chiffres intègrent également une plus-value unique de 9,3 millions EUR sur la participation dans le groupe Parkwind, et sans considérer ce " bonus ", le bénéfice net est tout juste inférieur à celui de l'an dernier.Ce résultat est somme toute honorable dans un marché de la distribution toujours affecté par le phénomène de baisse des prix, sous l'effet combiné de la vive concurrence entre les principaux acteurs du marché et des nouvelles exigences du consommateur. Sur ces deux fronts cependant, une amélioration est probable. La confiance des consommateurs se redresse dans le sillage d'une amélioration de la conjoncture et du marché du travail, et la fusion entre Delhaize et Ahold pourrait adoucir quelque peu la concurrence sur le marché belge. Ces dernières années, les discounters Aldi et Lidl, ainsi que le nouveau-venu Albert Heijn, ont bouleversé le marché, mais Ahold semble revoir la stratégie de la filiale Albert Heijn à présent que la fusion avec Delhaize est une réalité. En revanche, Ahold, via sa filiale Bol.com, est spécialisé dans la vente en ligne de produits, principalement non food. Malgré la déflation, le chiffre d'affaires (CA) de Colruyt a progressé de 3,1%, à 8,9 milliards EUR. C'est plus rapidement que le marché, ce qui se traduit également par une augmentation des parts de marché à 31%. Les magasins de proximité Okay et les supermarchés bio de Bio-Planet y contribuent largement. Le CA a ici progressé de 12% et l'accroissement des volumes fut même plus sensible. Colruyt investit dès lors dans l'expansion ultérieure d'Okay en réponse au problème de mobilité de plus en plus difficile à résoudre. Pour permettre cette hausse des ventes et des parts de marché, Colruyt a en effet dû faire des concessions sur les prix et des actions promotionnelles. Il s'est promis de s'en tenir à sa stratégie de prix bas. Malgré cela, le groupe est parvenu à stabiliser les marges bénéficiaires sous-jacentes. Si cette tendance se poursuit, le CA devrait à nouveau augmenter et s'accompagner de marges légèrement meilleures, ce qui se traduirait par une nouvelle croissance du bénéfice. Mais, fidèle à son habitude, la direction n'a pas souhaité se hasarder à avancer de telles prévisions.ConclusionL'augmentation du CA et la légère baisse de la pression promotionnelle au 2{+e} semestre ont permis une timide augmentation du bénéfice net sous-jacent. Cette tendance se poursuivra probablement cette année. A un rapport cours/bénéfice de 18 et un ratio valeur d'entreprise (EV)/ cash-flow opérationnel (EBITDA) de plus de 9, ce scénario positif est déjà intégré dans les cours.Conseil: conserverRisque: faibleRating: 2A