Le bénéfice net du 1er semestre de l'exercice 2014/2015 laisse espérer une hausse du bénéfice net de 2,6%. Le bénéfice par action a même progressé de 5,7%. Mais les apparences sont parfois trompeuses. La progression du bénéfice par action est surtout la conséquence du programme de rachat d'actions propres mis en oeuvre cette année. Et l'augmentation du bénéfice net est imputable pour environ 10 millions EUR à quelques mesures uniques, comme une plus-value de 6,6 millions sur la vente de la participation dans Parkwind et une légère baisse du taux d'imposition effectif. Le résultat opérationnel (EBIT) offre un reflet plus fidèle des conditions de marché difficiles, et ...

Le bénéfice net du 1er semestre de l'exercice 2014/2015 laisse espérer une hausse du bénéfice net de 2,6%. Le bénéfice par action a même progressé de 5,7%. Mais les apparences sont parfois trompeuses. La progression du bénéfice par action est surtout la conséquence du programme de rachat d'actions propres mis en oeuvre cette année. Et l'augmentation du bénéfice net est imputable pour environ 10 millions EUR à quelques mesures uniques, comme une plus-value de 6,6 millions sur la vente de la participation dans Parkwind et une légère baisse du taux d'imposition effectif. Le résultat opérationnel (EBIT) offre un reflet plus fidèle des conditions de marché difficiles, et dans ce domaine, Colruyt doit abandonner 4,5%. La direction maintient certes l'objectif formulé précédemment d'un bénéfice net au moins égal à celui de l'exercice passé, mais il compte désormais sur les revenus uniques pour atteindre ce résultat. Autrement dit : le bénéfice sous-jacent devrait baisser cette année. Les conditions de marché restent très difficiles. Le consommateur continue à opter résolument pour les produits les moins chers, et fera preuve de moins de prudence lorsqu'il aura à nouveau confiance dans sa propre situation financière. Or Colruyt ne prévoit aucune embellie du climat économique et de la confiance des consommateurs à court terme. Cependant, un nouvel élément est apparu. La baisse des cours du pétrole a pris de telles proportions qu'elle aura une incidence sur l'économie belge et le pouvoir d'achat. Par rapport à novembre de l'an dernier, les ménages économisent déjà 1,4 milliard EUR par an sur leur facture d'énergie. De l'argent qui peut être dépensé dans un magasin Colruyt, par exemple. Dans l'attente de temps meilleurs, Colruyt a choisi - à raison - de défendre ses parts de marché. Mais compte tenu de la concurrence intense, ce n'est possible qu'en proposant des prix peu élevés et en distribuant les promotions à la volée. La baisse des prix a réduit la marge opérationnelle de 50 points de base à 5,5%. Cette stratégie a été efficace, puisque la part de marché a légèrement progressé à 26,4%. On remarquera également la nette hausse du chiffre d'affaires (CA), de 10%, dans le segment Dreamland & Dreambaby, grâce à plusieurs phénomènes de mode dans le secteur des jouets et un bon printemps. Le CA a également progressé de plus de 10% en France, mais les conditions de marché y sont encore plus difficiles et les activités ne sont toujours pas rentables. La baisse des marges explique naturellement que la hausse du CA (+3,9%) ne se traduise pas dans une amélioration du bénéfice opérationnel. La direction prévoit une augmentation du CA de 2% à 4% par an pour cet exercice et les deux prochains, dont la moitié proviendrait de l'extension du parc de magasins. Le consommateur seul décidera si cette hausse du CA entraînera également une progression du bénéfice.ConclusionColruyt parvient à préserver son bénéfice dans des conditions de marché difficiles, même s'il a besoin d'éléments uniques pour y parvenir. Dans l'attente d'une reprise de la croissance des bénéfices, le rapport cours/bénéfice est remonté à 17, ce qui peut être considéré comme une valorisation équitable. Mais compte tenu de la récente hausse du cours, l'action Colruyt n'est plus en promotion. D'où la révision à la baisse de la note.Conseil: conserverRisque: faibleRating: 2A