Ces derniers mois, l'évolution boursière de Colruyt fut exceptionnelle. Dans leur quête d'un refuge en période de turbulences, les investisseurs ont opté massivement pour la chaîne de supermarchés. Grâce à son excellente position sur le marché, son bilan très sain et ses résultats peu cycliques, les investisseurs perçoivent presque Colruyt comme un substitut à une obligation publique de qualité. Le rendement de son dividende a beau être modeste (1,84 %), les actionnaires s'en satisfont; ils privilégient la sécurité sur le rendement. Reste à savoir si ce refuge - désormais surpeuplé - est encore sûr. Le cours et la valorisation de l'action ont en effet pris beaucoup de hauteur, au point que le risque de correction s'est accru.
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Ces derniers mois, l'évolution boursière de Colruyt fut exceptionnelle. Dans leur quête d'un refuge en période de turbulences, les investisseurs ont opté massivement pour la chaîne de supermarchés. Grâce à son excellente position sur le marché, son bilan très sain et ses résultats peu cycliques, les investisseurs perçoivent presque Colruyt comme un substitut à une obligation publique de qualité. Le rendement de son dividende a beau être modeste (1,84 %), les actionnaires s'en satisfont; ils privilégient la sécurité sur le rendement. Reste à savoir si ce refuge - désormais surpeuplé - est encore sûr. Le cours et la valorisation de l'action ont en effet pris beaucoup de hauteur, au point que le risque de correction s'est accru. Le récent rebond de l'action résulte des très bons chiffres publiés au terme du premier semestre de l'exercice 2018-2019, qui s'est étalé du 1er avril au 30 septembre. Le chiffre d'affaires (CA) s'est hissé de 3 %, malgré un effet calendrier négatif de 2 %. La hausse des ventes est attribuable à l'effet combiné de la croissance organique, d'une augmentation des prix et d'une extension de la surface de vente. L'augmentation du CA des magasins Colruyt s'est limitée à 1,7 % alors que les formules OKay, Bio-Planet et Cru ont signé une croissance conjointe de leurs ventes de 6,9 %. La part de marché du groupe s'est accrue de 31,9 à 32,4 %. Colruyt est parvenu à transposer la hausse des ventes en une augmentation encore plus sensible de son bénéfice. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) a progressé de 10 %, le bénéfice opérationnel (Ebit), de 9 %. Le bénéfice net a pour sa part gagné 15 % mais il faut noter une plus-value unique de 18 millions d'euros sur la vente de la participation du groupe dans le parc éolien offshore Northwester 2. Sur la période, le bénéfice par action (BPA) a augmenté de 20 % en glissement annuel, en conséquence du programme de rachat d'actions propres en cours - le bénéfice est réparti sur un nombre moins grand d'actions. Le moteur de cette hausse du bénéfice est la baisse de la pression promotionnelle et des prix sur le marché belge de la vente au détail. La tendance qui s'est dessinée au second semestre de l'an dernier s'est donc confirmée. Grâce à cette " pause " au niveau concurrentiel, la marge brute est passée de 25,7 à 26,3 %. Un contrôle plus strict des coûts a également soutenu la marge; fin septembre, le nombre de collaborateurs était le même qu'un an plus tôt. La marge d'Ebit a peu progressé car le programme d'investissements, intensif, a alourdi les frais d'amortissement. Le groupe entend procéder à des investissements supplémentaires au cours des années à venir.Encouragé par les très bons résultats, Colruyt a confirmé ses prévisions pour l'exercice. Le bénéfice net comparable sera supérieur à celui de l'exercice précédent, bien que le groupe s'attende à une intensification de la concurrence au second semestre. Colruyt anticipe par ailleurs l'arrivée du "casseur de prix" néerlandais Jumbo sur le marché belge, laquelle pourrait déclencher une nouvelle guerre des prix. La direction a prévenu les consommateurs: elle ne prévoit pas d'embellie durable du climat économique - la direction de Colruyt le formule dans chacun de ses communiqués mais cette fois, elle ne devrait pas être loin de la vérité. Colruyt risque d'être victime de son succès, dans la mesure où l'afflux d'investisseurs a poussé sa valorisation à la hausse. Son rapport cours/bénéfice atteint désormais 23, ce qui accroît le risque de correction. Nous maintenons le conseil "conserver". Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 62,3 eurosTicker: BBCode ISIN: BE0974256852Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 8,9 milliards EURC/B 2017-2018: 17C/B attendu 2018-2019: 23Perf. cours sur 12 mois: +44 %Perf. cours depuis le 01/01: +44 % Rendement du dividende: 1,8 %