La croissance du groupe est molle depuis quelque temps, et le 4e trimestre est une nouvelle confirmation de ce phénomène. Cette évolution plane se reflète dans l'évolution de cours du groupe, qui commercialise plus de 500 marques et même 16 "blockbusters", des produits générant un chiffre de vente annuel de plus d'un milliard USD, comme Coca-Cola, Fanta, Sprite, Minute Maid, Nestea... L'action s'échange autour de 40 USD depuis plusieurs années. Même si ces dernières semaines son évolution est positive, la comparaison sur trois ans avec, par exemple, le S&P500, n'est pas flatteuse. Ces trois dernières années, un investissement dans Coca-Cola a...

La croissance du groupe est molle depuis quelque temps, et le 4e trimestre est une nouvelle confirmation de ce phénomène. Cette évolution plane se reflète dans l'évolution de cours du groupe, qui commercialise plus de 500 marques et même 16 "blockbusters", des produits générant un chiffre de vente annuel de plus d'un milliard USD, comme Coca-Cola, Fanta, Sprite, Minute Maid, Nestea... L'action s'échange autour de 40 USD depuis plusieurs années. Même si ces dernières semaines son évolution est positive, la comparaison sur trois ans avec, par exemple, le S&P500, n'est pas flatteuse. Ces trois dernières années, un investissement dans Coca-Cola aura rapporté plus de 10% de moins qu'un fonds indiciel américain greffé sur le S&P500 (contre 30% il y a quelques mois). Et que dire d'une comparaison avec ABInBev, par exemple ? La sous-performance de Coca-Cola dépasse 55%, et le groupe belgo-brésilien affiche désormais une plus grande capitalisation boursière que Coca-Cola. Même le principal actionnaire Warren Buffett (actionnaire depuis 20 ans et consommateur fanatique de Cherry Coke) ne peut plus se satisfaire de la performance de l'action Coca-Cola. Le groupe a clairement perdu son aura de croissance. Le chiffre d'affaires (CA) 2015 du producteur de boissons, à 44,3 milliards USD, est à comparer aux 48 milliards USD de 2012, et le bénéfice par action de 2 USD aux 2,01 USD de 2012, 2,08 USD de 2013 et 2,04 USD de 2014. Au 4e trimestre, le CA s'est replié de 8%, à 10 milliards USD. Heureusement, le bénéfice par action récurrent (hors éléments exceptionnels), à 38 centimes de dollar, est d'un centime supérieur à l'estimation moyenne des analystes. L'intérêt croissant pour une alimentation saine dans le monde occidental pèse sur la consommation de boissons réputées moins bonnes pour la santé, très sucrées. Diet Coke, Coca-Cola Light, Coca-Cola Zero, etc., ne compensent qu'en partie ce phénomène. En outre, les consommateurs sont plus économes désormais, ce qui les pousse vers des marques maison ou des boissons qu'ils produisent chez eux (Sodastream). Coca-Cola Company est également un acteur d'envergure mondiale dans les jus de fruits (notamment Minute Maid), l'eau (notamment Chaudfontaine, Viva, BonAqua), le thé (notamment Nestea) et est actionnaire du producteur de café Green Mountain. Le succès du leader sur le marché Innocent Smoothies (racheté en 2009) incite également le groupe à investir davantage dans des boissons et saveurs alternatives. Cette société manque d'idées innovantes et d'une intervention cohérente de la direction. Ce pourrait être le défi ultime de la direction d'ABInBev et de Jorge Paulo Lemann (co-fondateur de 3G Capital) une fois que l'acquisition de SABMiller sera digérée... Les marges d'ABInBev sont jusque 50% supérieures à celles de Coca-Cola Company. A 21 fois le bénéfice attendu et un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (EBITDA) de 17, la valorisation semble toujours élevée. Cette année, le groupe table à nouveau sur 4 à 5% de croissance organique mais compte tenu de la valorisation, nous pensons que ceci est déjà intégré dans le cours. Nous ne voyons dès lors pas de raison de relever notre conseil. Conseil : conserver/attendreRisque : faibleRating : 2A