L'évolution du chiffre d'affaires (CA) du géant américain des boissons a été exemplaire en 2019. L'accent mis sur les boissons sans sucre a donc été un pari gagnant en termes de croissance, et les résultats ont été "pétillants". Mais 2020 restera dans les annales comme l'année du Covid-19, qui a et aura encore des conséquences énormes sur l'économie. Sur le premier trimestre de 2020, The Coca-Cola Company a véritablement su limiter les dégâts. Cela dit, ses prévisions étaient trop prudentes. Pour le trimestre courant, en revanche, l'effet de la pandémie devrait être très sensible; la firme américaine a indiqué que les volumes avaient baissé de 25% sur les premières semaines d'avril, un recul imputable exclusivement au confinement de la quasi-totalité de la population mondiale, qui a fortement bridé la consommation hors du domicile, même si la hausse de la consommation à domicil...

L'évolution du chiffre d'affaires (CA) du géant américain des boissons a été exemplaire en 2019. L'accent mis sur les boissons sans sucre a donc été un pari gagnant en termes de croissance, et les résultats ont été "pétillants". Mais 2020 restera dans les annales comme l'année du Covid-19, qui a et aura encore des conséquences énormes sur l'économie. Sur le premier trimestre de 2020, The Coca-Cola Company a véritablement su limiter les dégâts. Cela dit, ses prévisions étaient trop prudentes. Pour le trimestre courant, en revanche, l'effet de la pandémie devrait être très sensible; la firme américaine a indiqué que les volumes avaient baissé de 25% sur les premières semaines d'avril, un recul imputable exclusivement au confinement de la quasi-totalité de la population mondiale, qui a fortement bridé la consommation hors du domicile, même si la hausse de la consommation à domicile l'a quelque peu compensée. Le marché a pris ombrage de cette annonce, à en juger par la (légère) baisse du cours malgré des résultats meilleurs que prévu. Coca-Cola possède toujours quatre des sept boissons non alcoolisées les plus prisées au monde (Coca-Cola, Sprite, Fanta et Diet Coke). La croissance des bénéfices était loin d'être reluisante ces dernières années. Le bénéfice par action (BPA) s'est établi à 2,04 dollars en 2014, 2,00 dollars en 2015, 1,91 dollar en 2016 et 2017, 2,08 dollars en 2018 et 2,11 dollars en 2019. Il est probable qu'il repasse (bien) en deçà de la barre des 2 dollars en 2020, même si cela semble difficile à croire au vu des chiffres du premier trimestre : le BPA atteignait 0,51 dollar (consensus: 0,448 dollar) contre 0,48 dollar un an plus tôt (soit une hausse annuelle de 8 %), malgré la vigueur du billet vert. Le groupe a donc amélioré sa rentabilité, puisque le CA a reculé de 1 %, à 8,6 milliards de dollars. La croissance organique (hors acquisitions et désinvestissements) reste faible, mais dépasse légèrement le consensus (8,5 milliards). L'exercice 2019 s'est surtout caractérisé par une évolution favorable du CA (+9% sur l'ensemble de l'exercice, à 37,3 milliards de dollars, dont 6% de croissance organique). Le premier trimestre de cette année a donc été marqué par une amélioration de la rentabilité, qui a hissé l'action vers de nouveaux sommets. Lors de la publication des résultats annuels 2019, James Quincey, CEO du groupe, avait prédit pour 2020 une croissance organique de 5% (consensus: 5,2%). Ces prévisions devront bien sûr être revues à la baisse, vu le recul attendu au deuxième trimestre. La direction entrevoit toutefois une amélioration au prochain semestre et a rappelé qu'en se concentrant davantage sur les boissons plus "saines", le groupe a pu reconquérir des parts de marché. Il privilégie en effet les boissons moins, voire pas, sucrées - Coca-Cola Zero Sugar, par exemple, affiche une croissance à deux chiffres des ventes pour le neuvième trimestre successif. Ses eaux, avec et sans arôme, jus de fruits et de légumes, boissons végétales et biologiques, boissons énergisantes (qui ont fait particulièrement belle figure au trimestre écoulé) et cafés et thés (glacés) représentent désormais plus de 25% du CA du groupe, contre 15% seulement il y a quelques années.En rachetant le producteur de café britannique Costa, une opération onéreuse, le groupe a pu ajouter à sa gamme, il y a quelques mois, un café "prêt à déguster", Cocal-Cola Plus Coffee, sur plus de 20 marchés. Les premières ventes sont encourageantes. En Belgique, le nouveau produit FuzeTea (du jus de fruits associé à du thé glacé) a séduit. Pour le deuxième trimestre, le consensus tablait sur un BPA de 0,53 (0,63 dollar au 2e trimestre de 2019), mais ce chiffre devrait, lui aussi, être abaissé.Coca-Cola avait renoué avec la croissance, mais le Covid-19 vient jouer les perturbateurs. Nous estimions déjà que le cours de l'action reflétait suffisamment le nouvel élan de croissance. Nous ne sommes donc pas surpris par le recul du titre, qui a perdu près de 20% (soit 50 milliards de dollars de capitalisation boursière) - une baisse supérieure à celle du S&P 500 - en raison de la crise du coronavirus. Nous relevons notre conseil.Conseil: conserver/attendreRisque: faibleRating: 2ACours: 45,43 dollarsTicker: KO USCode ISIN: US1912161007Marché: NYSECapit. boursière: 195,1 milliards USDC/B 2019: 22C/B attendu 2020: 28Perf. cours sur 12 mois: +4%Perf. cours depuis le 01/01: -17%Rendement du dividende: 3,4%