John Chambers, à la barre du producteur américain d'équipements pour réseaux depuis deux décennies, pourra laisser l'entreprise à son successeur le coeur léger après l'été. L'action Cisco a gagné près de 30% ces derniers mois et s'échange désormais à proximité de son plus haut niveau en plus de 7,5 ans. Le géant technologique américain a battu les attentes moyennes des analystes pour le 6e trimestre consécutif au cours de la période de trois mois qui s'est terminée fin avril. Cisco a réalisé un chiffre d'affaires (CA) de 12,14 milliards USD, en hausse de 5,1% par rapport à l'an dernier, mais aussi de 1,7% par rapport au trimestre précédent. On remarquera que Cisco n'a guère souffert de l'appré...

John Chambers, à la barre du producteur américain d'équipements pour réseaux depuis deux décennies, pourra laisser l'entreprise à son successeur le coeur léger après l'été. L'action Cisco a gagné près de 30% ces derniers mois et s'échange désormais à proximité de son plus haut niveau en plus de 7,5 ans. Le géant technologique américain a battu les attentes moyennes des analystes pour le 6e trimestre consécutif au cours de la période de trois mois qui s'est terminée fin avril. Cisco a réalisé un chiffre d'affaires (CA) de 12,14 milliards USD, en hausse de 5,1% par rapport à l'an dernier, mais aussi de 1,7% par rapport au trimestre précédent. On remarquera que Cisco n'a guère souffert de l'appréciation du dollar (USD), en partie en raison de la contreperformance enregistrée sur les marchés émergents. La Chine reste d'ailleurs un cas à problème. Depuis le scandale des écoutes, les entreprises et administrations publiques chinoises achètent de moins en moins de technologie américaine pour leurs réseaux. Abstraction faite de la Chine, les activités asiatiques ont cependant enregistré une croissance de 8%. La Russie (-41%) et le Brésil (-10%) ont également connu des temps meilleurs. Cisco est plus dépendante du marché des entreprises et la baisse des investissements des compagnies de télécommunications dans l'équipement réseau n'a pas été une surprise. Finalement, elle n'a guère eu d'impact sur la rentabilité du groupe, puisque le bénéfice net a grossi de 12%, à 2,44 milliards USD ou 0,47 USD par action. Les ventes de produits (77% du CA du groupe) ont augmenté de 5,7%, à 9,33 milliards USD. Du côté des services, la progression est restée limitée à 3,2%. Cisco a longtemps été impuissant face aux petits concurrents spécialisés dans la gestion de tâches de réseau au moyen de logiciels (software defined networking ou SDN) qui lui ravissaient des parts de marché. Mais le nouveau matériel Cisco dispose également de fonctionnalités SDN et a été très bien accueilli par le marché. Le CA provenant des switches a progressé de 6% grâce au succès de la ligne Nexus. Cisco continue à dominer ce segment avec une part de marché de 61,1%, loin devant le numéro deux HP, qui doit se contenter de 9,5% du marché. Les ventes de routeurs ont augmenté de 4%. La marge brute s'est maintenue à un niveau élevé (62,1%). Pour le trimestre en cours, Cisco vise une croissance du CA comprise entre 1% et 3%. Les prévisions moyennes des analystes pour l'ensemble de l'exercice font état de 3,6%. Cisco a également clôturé le 3e trimestre de l'exercice fiscal avec 54,4 milliards USD en caisse. La dette totale s'élève à 21 milliards USD. Sous l'effet des cash-flows élevés, la trésorerie gonfle trimestre après trimestre. Malgré le programme de rachat d'actions propres et les distributions de dividendes, les cash-flows libres ont atteint 2,68 milliards USD au cours du trimestre écoulé. Cisco a largement de quoi procéder à des acquisitions et nous prévoyons au moins une importante transaction au cours des mois à venir, probablement dans les segments de l'entreprise qui connaissent la plus forte croissance (sécurité et data centers).ConclusionCisco a confirmé l'évolution favorable de ces derniers trimestres et a été largement récompensé par le marché. A 14 fois le bénéfice attendu, Cisco s'échange du côté supérieur de la fourchette de valorisation moyenne de ces 5 dernières années. Les investisseurs intéressés ont donc intérêt à attendre un repli.Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2B