Tout comme de nombreuses autres sociétés technologiques "classiques", Cisco est en train de repenser son business model. Les revenus issus de la vente d'équipement réseau (routeurs et switches) sont en effet sous pression, conséquence d'une concurrence accrue de la part de plus petites entreprises qui sont souvent à même de livrer des produits présentant les mêmes fonctionnalités pour un prix nettement inférieur. En outre, la tendance est au Software Defined Networking (SDN), qui rend superflu le matériel séparé pour certaines tâches réseaux complexes, mais dont la gestion peut être organisée avec des logiciels spécialisés. En conséquence de résultats décevants, l'action a sous-performé de 15% ...

Tout comme de nombreuses autres sociétés technologiques "classiques", Cisco est en train de repenser son business model. Les revenus issus de la vente d'équipement réseau (routeurs et switches) sont en effet sous pression, conséquence d'une concurrence accrue de la part de plus petites entreprises qui sont souvent à même de livrer des produits présentant les mêmes fonctionnalités pour un prix nettement inférieur. En outre, la tendance est au Software Defined Networking (SDN), qui rend superflu le matériel séparé pour certaines tâches réseaux complexes, mais dont la gestion peut être organisée avec des logiciels spécialisés. En conséquence de résultats décevants, l'action a sous-performé de 15% l'évolution de l'indice technologique Nasdaq au cours des 12 derniers mois. Depuis le début de cette année, ce retard s'est cependant converti en avance de 10%. Après les récents résultats trimestriels, l'action s'est hissée à son plus haut niveau en huit mois. Les chiffres n'étaient cependant pas spectaculaires, mais Cisco avait placé la barre trop haut. L'objectif de croissance à long terme a été abaissé deux fois l'an dernier, une première fois de 10% à 5-7% et ensuite à 3-6%. Pour cet exercice, qui sera clôturé en juillet, la croissance sera même nulle. Au niveau du groupe, le chiffre d'affaires (CA) a reculé pour le 2e trimestre consécutif de 5,5%, à 11,55 milliards USD. C'était supérieur aux prévisions, car après le précédent trimestre, le groupe escomptait un repli de 6 à 8%. Au cours des 3 derniers mois de l'année fiscale, le CA devrait à nouveau augmenter sur base trimestrielle, de 4 à 6%, à 12-12,3 milliards USD, environ 150 millions USD de plus que le consensus. Entre février et avril, le bénéfice net a reculé de 12% sur base annuelle, à 2,18 milliards USD. Grâce à l'effet du rachat d'actions, le retard s'est limité à 9% par action. L'élément positif est l'amélioration de la marge brute à 62,7%. Le PDG de Cisco, John Chambers, assure que son groupe est à nouveau sur la voie du redressement. Les actionnaires ne devraient cependant pas prendre ce commentaire pour argent comptant. Plusieurs tendances négatives des derniers trimestres se poursuivent en effet pour l'instant. Ainsi le CA des produits a-t-il baissé de 8%, après un recul de 12% au 2e trimestre. Les routeurs et switches ont accusé un repli respectif de 10 et 6%. Les commandes provenant des marchés émergents ont à nouveau reculé de 13%. En Chine particulièrement, Cisco est affectée par les scandales relatifs à la mise sur écoute par le gouvernement américain. L'équipement réseau suscite désormais une certaine méfiance aux Etats-Unis. Heureusement pour Cisco, sur son marché domestique, la croissance du CA ressort à 10% et le nombre de commandes a augmenté de 7%. Avec Nexus, le groupe a lancé une nouvelle ligne de produits pour les routeurs et mise aussi pleinement sur l'"Internet of Things", où presque tous les appareils électroniques sont reliés à un réseau et peuvent échanger des données. Au cours des deux prochaines années, Cisco investira également 1 milliard USD dans des services de cloud-computing pour le marché des entreprises.ConclusionCisco a profité de très faibles valorisations, facteur qu'il a lui-même participé à créer. Le marché est derrière lui. Au cours des prochains trimestres, il devra encore faire ses preuves. A près de 12 fois le bénéfice attendu, une valorisation en ligne avec la moyenne historique, l'action ne nous séduit pas.Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2B