21,07 USD - 3C A conserver
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21,07 USD - 3C A conserverCisco a pris une nouvelle raclée en réaction à un rapport trimestriel et la publication de perspectives peu enthousiasmantes. Le producteur américain d'équipement réseau n'est plus aussi dominant qu'autrefois dans son segment de marché. Ce qui s'explique par le fait que la nature des applications, mais aussi la technologie, ont évolué ces dernières années. Le coeur de métier de Cisco est la vente d'équipement avancé qui régit les communications entre réseaux. Cisco a perdu le segment meilleur marché au profit de concurrents tels que Juniper Networks et Huawei, et est même dépassé, dans certaines activités, par de jeunes entreprises. Les ventes de routeurs et de commutateurs, les activités classiques donc, ont représenté 48% du chiffre d'affaires (CA) du groupe au trimestre écoulé. Cisco mise sur une offre plus large de produits et services pour compenser la baisse de parts de marché et a élargi l'offre aux serveurs, à la sécurisation, aux réseaux sans fil, aux logiciels et aux services associés. Cette diversification ne fut pas un succès unanime : au cours de la période de trois mois clôturée le 26 octobre, qui correspond au 1er trimestre du nouvel exercice fiscal, le CA s'est révélé inférieur au consensus, qui avait pourtant déjà été revu à la baisse après les perspectives prudentes énoncées par la direction. Sur une base annuelle, le CA du groupe (12,09 milliards USD) s'est inscrit en hausse de 1,8%, mais a reculé de 2,4% par rapport au 4etrimestre. Précédemment, on tablait sur une hausse de 3 à 3,5% sur base annuelle. Le CA des produits (77,8%) a augmenté de 1,1%, alors que les Services (22,2%) se sont légèrement mieux comportés, avec une hausse de 4,2%. Les mêmes tendances géographiques que celles du 4etrimestre se sont dessinées : le marché domestique et l'Europe ont signé une croissance modeste mais les pays émergents ont à nouveau connu une performance en demi-teinte. La situation fut la moins favorable en Asie (Chine et Japon inclus), qui a accusé un recul de 8,7% sur une base annuelle. La même tendance se dessine au niveau de l'évolution du carnet de commandes. Le nombre de commandes de nouveaux produits a reculé, sur une base annuelle, de 4% et à nouveau, l'Asie s'est moins bien comportée que la moyenne du groupe, avec 10% de commandes en moins. Une partie de l'explication réside dans l'érosion de l'image des sociétés technologiques américaines en Chine, conséquence du scandale des écoutes de la NSA (la Sécurité d'Etat américaine), à propos duquel des détails de plus en plus douteux sont révélés. L'Etat chinois a explicitement recommandé, pour des raisons de sécurité, l'utilisation des technologies chinoises. L'impact est réel, comme en témoigne IBM, dont le CA en Chine a reculé de 22% au cours de la période de trois mois clôturée en septembre. Le bénéfice net de Cisco (2 milliards USD) s'est tassé de 4,6% sur une base annuelle en raison des coûts liés aux acquisitions et restructurations. Le bénéfice ajusté s'est cependant révélé légèrement supérieur au consensus. En août, Cisco a annoncé le licenciement de 4000 salariés. Les économies ont toutefois eu un impact positif sur la marge brute, qui s'est hissée à 61,3%. A court terme, Cisco ne prévoit pas d'amélioration dans les pays émergents et au niveau du groupe également, le CA du trimestre en cours devrait reculer de 8 à 10%, ce qui représente 10,9 à 11,1 milliards USD, alors qu'on tablait sur 12,6 milliards USD. Le CA ne devrait renouer avec la croissance sur une base annuelle qu'à la mi-2014. Pour terminer sur une note positive, signalons que le budget consacré au rachat d'actions a été relevé de 15 milliards USD.Cisco venait à peine de se sortir de perspectives décevantes trois mois plus tôt et l'histoire se répète. Il a par ailleurs encore du pain sur la planche en matière de relations publiques pour redorer son image en Asie. Le groupe peut cependant se targuer d'avoir une position liquide nette de 5,6 USD par action. A environ 11 fois le bénéfice attendu, l'action est correctement valorisée. Le rachat d'actions et le dividende doivent en principe limiter le risque de baisse. A conserver (rating 3C).