Une habitude s'installe: les résultats publiés par le groupe belge de construction et de dragage CFE n'ont à nouveau pas convaincu. Cette fois, la réaction du marché à des résultats de premier trimestre inférieurs aux attentes s'est traduite par une baisse de l'action de 7%. Le chiffre d'affaires (CA) est retombé de 817,5millions EUR au premier trimestre 2015 à 609,7millions EUR, soit un recul de 25,4%. Cette baisse marquée était cette fois exclusivement imputable au pôle Dragage et environnement (DEME), qui a vu son CA reculer de 34,1%, à 401,3millions EUR. Il a toutefois des circonstances atténuantes à faire valoir: le premier trimestre 2015 avait été excep...

Une habitude s'installe: les résultats publiés par le groupe belge de construction et de dragage CFE n'ont à nouveau pas convaincu. Cette fois, la réaction du marché à des résultats de premier trimestre inférieurs aux attentes s'est traduite par une baisse de l'action de 7%. Le chiffre d'affaires (CA) est retombé de 817,5millions EUR au premier trimestre 2015 à 609,7millions EUR, soit un recul de 25,4%. Cette baisse marquée était cette fois exclusivement imputable au pôle Dragage et environnement (DEME), qui a vu son CA reculer de 34,1%, à 401,3millions EUR. Il a toutefois des circonstances atténuantes à faire valoir: le premier trimestre 2015 avait été exceptionnel avec la contribution de l'élargissement et de l'approfondissement du canal de Suez en Égypte et la construction d'un nouveau port à Doha (Qatar). La direction prévoit une légère baisse du CA sur une base annuelle pour DEME, ce qui suggère que le premier trimestre devra être considéré comme une contre-performance unique. Le carnet de commandes solide renforce cette hypothèse, même s'il a baissé de 3,53milliards EUR il y a 12mois, à 3,1milliards EUR (3,19milliards EUR fin 2015). Mais ce montant ne comprend pas encore plusieurs grands projets acquis récemment. Citons avant tout plusieurs contrats avec GeoSea, la filiale maritime de DEME active dans la construction de parcs éoliens offshore. En outre, CFE et DEME ont été retenus pour trois des quatre contrats portant sur la construction du projet Fehmarnbelt Fixed Link, un tunnel souterrain de 18km qui reliera la partie continentale du Danemark et l'Allemagne. Ce projet gigantesque a une valeur de 750millions EUR pour CFE et DEME. CFE a répété que la marge d'EBITDA (cash-flows opérationnels/CA) de DEME retrouvera ses niveaux historiques après une année 2015 exceptionnelle à 21,4%. DEME a actuellement six navires en construction. La position nette d'endettement a ainsi augmenté de 68millions EUR à un niveau toujours maîtrisable de 321millions EUR au premier trimestre. Les nouvelles étaient meilleures du côté du pôle Contracting. Le CA y a augmenté de 156,7millions EUR l'an dernier, à 196,2millions EUR (+25,2%), surtout grâce à une activité soutenue en Belgique. Le carnet de commandes continue cependant de baisser: 892,9millions EUR fin mars 2015, 836,3millions EUR fin 2015 et 749,8millions EUR le 31mars 2016. Mais dans des circonstances difficiles, CFE donne toujours la priorité à des projets rentables. De plus, la division Contracting a décroché un contrat d'une valeur de 65millions EUR pour la construction d'un nouvel hôpital à Anvers en mai dernier. Dans la division internationale, les problèmes liés à un projet arrêté au Tchad n'ont toujours pas été résolus. L'exposition se monte à 60millions EUR au total. CFE a répété qu'après plusieurs années de pertes, les activités hors DEME apporteront à nouveau une contribution positive aux résultats du groupe cette année. ConclusionL'action CFE est engluée dans une tendance baissière depuis son pic d'août 2015. L'amélioration du pôle Contracting est une bonne nouvelle. Malgré une valorisation attrayante avec un rapport valeur d'entreprise (EV)/EBITDAattendus en 2016 de 5,2 et un cours/bénéfice attendu en 2016 de 13,4, nous trouvons qu'il est trop tôt pour relever la note. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2B