43,1 EUR - 3C A conserver
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43,1 EUR - 3C A conserverLe groupe de construction belge CFE (ticker CFEB; NYSE Euronext Bruxelles) présentera le 27 août ses résultats pour le premier semestre 2013. Le commentaire intermédiaire donné en mai étant positif, il est étonnant que CFE ait lancé un avertissement sur bénéfice le 5 août dernier. La société a annoncé en effet que les deux plus grandes composantes du Contracting pool, les divisions Construction et Multitechniques, avaient accusé de manière inattendue une perte nette de 16 millions EUR sur les 6 premiers mois 2013. Sur la même période en 2012, la perte avait été bien plus légère, à 2,5 millions EUR. Pour le département Construction, qui représentait l'an dernier 34% du chiffre d'affaires (CA) total du groupe, le groupe pointe du doigt l'hiver rigoureux d'une part, et le retard pris dans le lancement de plusieurs projets internationaux d'autre part. Enfin, des problèmes sont également apparus lors du déplacement d'un projet dans l'Est de la Belgique. En ce qui concerne la division Multitechniques, qui s'est adjugée en 2012 8,2% du CA du groupe, CFE fait référence à des pertes considérables qui seraient dues à des difficultés temporaires rencontrées par une filiale de Flandre occidentale. Qui plus est, CFE a décidé d'amortir totalement les 1,7 million EUR de goodwill de la filiale. La nouvelle est surprenante dans la mesure où au 1er trimestre, ces deux divisions avaient dégagé des CA supérieurs à ceux du 1er trimestre 2012. La division Construction a signé une hausse de son CA de 4,9%, à 148,7 millions EUR, et la division Multitechniques, plus petite, a constaté une augmentation de son CA organique de 19%, à 41,3 millions EUR. Le carnet de commandes du pôle Construction totalisait fin mars 961,9 millions EUR, soit un peu moins que les 964,2 millions EUR au 31 décembre 2012. Le carnet de commandes de la division Multitechniques a légèrement reculé, de 165,6 millions EUR au 31 décembre 2012 à 160,2 millions EUR au 31 mars 2013. Heureusement, CFE n'a pas annoncé de mauvaise nouvelle concernant un pôle crucial, celui des travaux de dragage et de l'environnement, avec la participation de 50% dans DEME. Ce département est en effet le moteur de croissance de l'entreprise et représente l'essentiel du bénéfice opérationnel (EBIT). En 2011, les travaux de dragage ont représenté 79,6% de l'EBIT du groupe et l'an dernier même 84,9%. Depuis 2008, CFE est confronté à un repli de son EBIT, de 6,6% en 2008 à 4,3% en 2012. Son bénéfice net a reculé de 5,34 EUR par action en 2008 à 3,75 EUR par action en 2012. Quant au dividende brut, il a fluctué dans une marge étroite comprise entre 1,15 et 1,25 EUR par action. En mai dernier, CFE a encore versé un dividende brut de 1,15 EUR par action, soit un rendement net de 2%. Ces dernières années, DEME a investi lourdement dans le renforcement de son arsenal d'outils de dragage. Ce projet d'investissements est désormais finalisé, mais il a creusé l'endettement net de CFE, de 133,5 millions EUR fin 2008 à 517 millions EUR au 31 mars 2013. Le pôle Dragage a récemment décroché plusieurs projets liés à l'énergie pour un total de 250 millions EUR. Ces contrats seront exécutés en partie en 2013 et en partie l'an prochain. CFE entend renforcer ses activités dans la division Promotion et gestion immobilière. Son intention est de miser davantage, tant en Belgique qu'au Luxembourg, sur les contrats d'entretien de long terme dans le cadre de projets de collaboration publics-privés. En 2012, cette division a produit seulement 1,8% du CA, mais 12,8% du bénéfice net.L'avertissement sur bénéfice a effrayé les marchés et occasionné un repli de plus de 5% du titre. L'action CFE est revenue au niveau de début 2013 et son évolution est à présent très moyenne, comme au premier semestre de l'an dernier. Nous accordons le bénéfice du doute à CFE étant donné que de nombreux éléments temporaires et/ou uniques expliquent cet avertissement et que son potentiel de long terme demeure intact. Le carnet de commandes du groupe est toujours sain et doit soutenir les résultats des prochaines années. Nous maintenons donc le conseil : " à conserver " (rating 3C).