L'action du groupe de dragage et de construction CFE a dévissé de 14% après la publication du rapport semestriel. Pourtant, le chiffre d'affaires (CA) a progressé de 27,8%, à 1,86 milliard d'euros, un montant supérieur aux prévisions. Dans l'activité Dragage et environnement (DEME), le CA a atteint 1,33 milliard d'euros (+21,1% en un an), porté par le regain de l'activité offshore. C'est le recul des cash-flows opérationnels (Ebitda), de 4,2%, à 187,1 millions d'euros, qui a déçu les attentes. La marge d'Ebitda s'est contractée en un an de 17,8 à 14,1%. Dans la mesure où le segment offshore, que le marché sait moins rentable, connaît une nette reprise, un repli était prévisible. Mais le retard accusé dans la mise en service de deux nouveaux navir...

L'action du groupe de dragage et de construction CFE a dévissé de 14% après la publication du rapport semestriel. Pourtant, le chiffre d'affaires (CA) a progressé de 27,8%, à 1,86 milliard d'euros, un montant supérieur aux prévisions. Dans l'activité Dragage et environnement (DEME), le CA a atteint 1,33 milliard d'euros (+21,1% en un an), porté par le regain de l'activité offshore. C'est le recul des cash-flows opérationnels (Ebitda), de 4,2%, à 187,1 millions d'euros, qui a déçu les attentes. La marge d'Ebitda s'est contractée en un an de 17,8 à 14,1%. Dans la mesure où le segment offshore, que le marché sait moins rentable, connaît une nette reprise, un repli était prévisible. Mais le retard accusé dans la mise en service de deux nouveaux navires du groupe, le Living Stone et l'Apollo, ne l'était pas: les surcoûts qui en ont résulté ont érodé encore un peu plus la marge bénéficiaire. En conséquence de son programme d'investissement dans huit navires, la dette nette de CFE a atteint 552,9 millions d'euros (contre 524 millions le 31 mars et 287,7 millions fin 2017). Le groupe en a encore commandé quatre autres, qui devraient être livrés en 2020. Par rapport à la fin 2017, la valeur du carnet de commandes a reculé de 0,4 milliard d'euros, à 3,1 milliards; deux milliards d'euros de commandes n'y sont toutefois pas encore reprises. La direction de DEME s'attend toujours à ce que la marge d'Ebitda augmente au cours du second semestre, mais elle n'évoque plus la fourchette de 16 à 20%: la marge atteindra "au moins 16%". Celle-ci s'était déjà contractée de 22,6% en 2016 à 19,3% l'an dernier. Le CA de l'activité de construction, incluse dans le pôle Contracting, s'est accru de 33,3%, à 468,1 millions d'euros. Sans la contribution du groupe Van Laere, absorbé récemment, le CA n'aurait progressé que de 13,7%. Mais bien que la croissance soit élevée, la concurrence et une hausse des coûts chez les sous-traitants pèsent sur les marges. De plus, en Tunisie, où les conditions de marché sont défavorables, le groupe a décidé de réduire son activité. Celle-ci a produit 4,1 millions d'euros au premier semestre. Le bénéfice opérationnel (Ebit) du pôle a diminué de moitié, à 7,2 millions d'euros. Le carnet de commandes s'est contracté de 6,9%, à 1,15 milliard d'euros. Epinglons qu'en juillet, le consortium CFE-Cofinimmo a remporté l'appel d'offres pour NEO2. Il s'agira de construire, entretenir et exploiter un centre de congrès et un hôtel de luxe, non loin de l'Atomium, à Bruxelles (démarrage du chantier prévu en 2020). Le troisième pôle de CFE, la Promotion immobilière, a contribué à hauteur de 11,7 millions d'euros (contre 19,3 millions l'an dernier) à l'Ebit grâce, surtout, à deux grands projets en Pologne. Au niveau du groupe, l'Ebitda a reculé de 10,6%, à 202,1 millions d'euros, et en raison de la comptabilisation d'une importante réduction de valeur sur les créances sur l'Etat du Tchad, le bénéfice net a abandonné 23,6%, à 51,8 millions d'euros, passant, par action, de 2,68 à 2,05 euros. L'action s'est reprise depuis le plongeon de fin août, lorsque le marché avait pris connaissance du rapport semestriel. La prudence de la direction quant à l'évolution des marges de DEME est justifiée. Nous sommes presque sûrs que les prochains résultats semestriels satisferont le marché et que l'action se redressera encore. Du reste, la dette de CFE est sous contrôle et sa valorisation, attrayante, à un rapport cours/bénéfice attendu en 2018 de 14. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 105,8 eurosTicker : CFEB BBCode ISIN : BE0003883031Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 2,68 milliards EURC/B 2017 : 15C/B attendu 2018 : 14Perf. cours sur 12 mois : -17 %Perf. cours depuis le 01/01 : -13 %Rendement du dividende : 2,3 %