Le groupe français CFAO est resté très calme dans le récent tumulte boursier. Il s'agit d'un investissement direct dans le gigantesque potentiel de croissance de l'Afrique, puisque l'entreprise y réalise plus de 70% de son chiffre d'affaires à partir d'activités dans 34 pays. Fin 2012, le conglomérat japonais Toyota Tsusho Corporation (TTC) a déboursé 37,5 EUR par action pour acquérir 97,6% des actions en circulation de CFAO, qui a cependant conservé une cotation distincte. CFAO définit ses activités en Afrique à l'aide des verbes " s'équiper ", " se soigner " et " consommer ". L'entrée de TTC dans le capital a entraîné une forte chute du chiffre d'affaires (CA) dans la plus grande division, Equipement et services, p...

Le groupe français CFAO est resté très calme dans le récent tumulte boursier. Il s'agit d'un investissement direct dans le gigantesque potentiel de croissance de l'Afrique, puisque l'entreprise y réalise plus de 70% de son chiffre d'affaires à partir d'activités dans 34 pays. Fin 2012, le conglomérat japonais Toyota Tsusho Corporation (TTC) a déboursé 37,5 EUR par action pour acquérir 97,6% des actions en circulation de CFAO, qui a cependant conservé une cotation distincte. CFAO définit ses activités en Afrique à l'aide des verbes " s'équiper ", " se soigner " et " consommer ". L'entrée de TTC dans le capital a entraîné une forte chute du chiffre d'affaires (CA) dans la plus grande division, Equipement et services, principalement axée sur l'importation et la vente de voitures (s'équiper). Des concurrents de Toyota comme Nissan et Renault ont déjà résilié de nombreux contrats de distribution, ce qui a entraîné une baisse du CA de 6,4% en 2013 et de 12,4% en 2014 (1,98 milliard EUR). Le CA a de nouveau reculé de 10,5% au 1er semestre de cette année, à 879,4 millions EUR (52,5% du CA du groupe). Le bénéfice opérationnel (EBIT) est retombé à 60,4 millions EUR (seulement -3,7%), la marge d'EBIT passant de 6,4% à 6,9%. Au début de cette année, CFAO a constitué une joint-venture avec Porsche Holding Salzburg, pour la distribution de Volkswagen dans les pays d'Afrique de l'Est. En juin, deux grands concessionnaires modernes ouvriront leurs portes - à Abidjan (Côte d'Ivoire) et Kinshasa (Congo) - pour Toyota, Peugeot et Suzuki. Eurapharma, distributeur de médicaments en Afrique (se soigner), a enregistré une hausse du CA de 6,8% au 1er semestre, à 628,4 millions EUR (croissance organique, hors acquisitions, de 3,1%; 37,5% du CA du groupe). L'EBIT a gagné 3,8% à 48,7 millions EUR, la marge d'EBIT régressant de 8% à 7,7%. Le CA de la troisième division du groupe, les biens de consommation (consommer), a reculé de 7,2% à 168,3 millions EUR (10% du CA du groupe) en raison des troubles politiques au Nigeria. La marge d'EBIT est retombée de 17,4% à 15,7%. En mars, CFAO a signé un contrat avec L'Oréal pour la production locale et la distribution de produits de la célèbre entreprise française de cosmétiques en Côte d'Ivoire. Une nouvelle étape importante a été franchie la semaine dernière en Côte d'Ivoire avec la constitution d'une joint-venture avec Heineken (51% Heineken, 49% CFAO). Une brasserie d'une capacité annuelle de 1,6 million d'hectolitres y sera mise en service début 2007. Il est clair que la division Biens de consommation est appelée à devenir un pôle de croissance important au cours des années à venir, notamment en raison des projets ambitieux dans un nouveau département Retail. Dans ce domaine, CFAO collabore avec Carrefour et un " club de marques ", l'ambition étant de développer des dizaines de centres commerciaux dans 8 pays africains au cours de la décennie à venir. Le premier, en Côte d'Ivoire, ouvrira ses portes cette année encore. A terme, l'activité Retail table sur un CA de 1 milliard EUR. Au niveau du groupe, il en a résulté une baisse du CA de 4,3% à 1,68 milliard EUR et une hausse du bénéfice net de 2,4% à 43,1 millions EUR, soit 0,7 EUR par action. ConclusionCFAO se trouve toujours dans une période transitoire en raison de la chute du CA de la division automobile. Les excellentes perspectives à long terme se négocient à 19 fois les bénéfices attendus en 2015 et moyennant un ratio valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels attendus (EBITDA) de 8. Action recommandée à l'investisseur à long terme patient. Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B