Le groupe canadien Cameco est le premier producteur d'uranium (carburant des centrales nucléaires) d'Amérique du Nord. Il prend également près d'un cinquième de la production mondiale à son compte. Cameco possède des mines aux États-Unis, au Canada et au Kazakhstan. Le mois dernier, l'action du groupe est retombée à son plus bas niveau depuis 2003. En cause: l'évolution du cours de l'uranium. Toute l'industrie est plongée dans une profonde crise depuis mars 2011 et la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon. Sur les marchés à terme, la livre d'uranium se négociait encore à 70 USD (prix pour livraison immédiate ou spot) avant le désastre. Le cours de l'uranium s'est ensuite effondré avant de sembler se stabiliser dans une fourchette comprise entre 30 et 40 USD la livre depuis 2013. Mais la baisse a repris cet été et à la fin du mo...

Le groupe canadien Cameco est le premier producteur d'uranium (carburant des centrales nucléaires) d'Amérique du Nord. Il prend également près d'un cinquième de la production mondiale à son compte. Cameco possède des mines aux États-Unis, au Canada et au Kazakhstan. Le mois dernier, l'action du groupe est retombée à son plus bas niveau depuis 2003. En cause: l'évolution du cours de l'uranium. Toute l'industrie est plongée dans une profonde crise depuis mars 2011 et la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon. Sur les marchés à terme, la livre d'uranium se négociait encore à 70 USD (prix pour livraison immédiate ou spot) avant le désastre. Le cours de l'uranium s'est ensuite effondré avant de sembler se stabiliser dans une fourchette comprise entre 30 et 40 USD la livre depuis 2013. Mais la baisse a repris cet été et à la fin du mois dernier, la livre se traitait à 18 USD à peine, son plus bas niveau depuis 2004. Il est clair que les évolutions des cours de l'uranium et de l'action Cameco (ainsi que des autres actions de producteurs d'uranium) sont étroitement liées. Les entreprises de services aux collectivités qui exploitent les centrales nucléaires sont les principaux acheteurs de carburant nucléaire. Traditionnellement, elles détiennent des stocks importants pour ne pas mettre en péril leur production. Après Fukushima, on estime que 100 millions de livres d'uranium ont été remises sur le marché, soit près de trois quarts de la production annuelle totale. Actuellement, la situation leur est très favorable: les cours ne cessent de baisser. Bien entendu, il en va tout autrement pour Cameco, même si la configuration actuelle n'a rien de catastrophique. L'entreprise opère avec des contrats d'approvisionnement à long terme, dont la plupart courent jusqu'en 2018. Les prix négociés dans le cadre des contrats ont également baissé ces dernières années, mais bien moins nettement que le cours spot. Au troisième trimestre écoulé, Cameco a obtenu un prix de vente moyen de 43,37 USD la livre. C'est à peine 0,6% de moins qu'au cours de la même période il y a un an. Le coût de production total (y compris les réductions de valeurs) s'élevait à 30,2 USD. Cela signifie que Cameco génère toujours des bénéfices. Les volumes de ventes ont augmenté de plus d'un tiers sur une base annuelle, à 9,3 millions de livres, ce qui a donné lieu à un chiffre d'affaires de 670 millions USD. Les cash-flows sont positifs et le groupe a enregistré un bénéfice net de 142 millions USD, alors qu'il avait encore essuyé une perte sur la même période, l'an dernier. Pour 2016, Cameco table sur un volume vendu de 30 à 32 millions de livres. Le producteur d'uranium est donc capable de surmonter l'un ou l'autre contretemps. Le cours actuel est cependant trop bas pour justifier de nouveaux investissements. Ces cinq dernières années, Cameco a réduit de moitié ses investissements dans les mines existantes et ses dépenses d'exploration. La demande va assurément augmenter, car outre les 448 réacteurs nucléaires en service, on en recense 58 en construction. L'Inde et la Chine, surtout, jouent pleinement la carte de l'énergie nucléaire. L'entreprise d'État China National Nuclear Corp. voit la consommation chinoise d'uranium doubler au cours des cinq prochaines années. À plus long terme, il ne fait aucun doute que la demande va dépasser l'offre, mais il est très difficile de déterminer quand ce basculement aura lieu en l'absence d'informations concrètes sur les stocks.ConclusionMalgré de bonnes performances opérationnelles, l'action Cameco a baissé dans le sillage du cours de l'uranium. S'il subsiste de nombreuses incertitudes concernant le moment du redressement de ce dernier, le risque de baisse est très limité à partir du niveau actuel, tant pour le cours de l'uranium que pour celui de l'action Cameco. À 0,9 fois la valeur comptable et avec un rendement de plus de 3%, Cameco peut être considérée comme une option à long terme sur le cours de l'uranium.Conseil : digne d'achatRisque : élevéRating : 1CDevise : dollar (USD)Marché : NYSECapitalisation boursière : 3,73 milliards USDC/B 2015 : -C/B attendu 2016 : 16Perf. cours sur 12 mois : -22%Perf. cours depuis le 01/01 : -26%Rendement du dividende : 3,3%