En 2015, l'uranium a mieux résisté que la plupart des autres matières premières, le prix de la livre ayant fluctué autour de 35USD pendant la majeure partie de l'année. Pourtant, ceux qui avaient vu en cette stabilisation le présage d'un redressement en 2016 en sont pour leurs frais. Le mois dernier, le cours de l'uranium est retombé sous la barre des 30USD, à son plus bas niveau depuis l'été 2014. Dans un rapport publié le mois dernier, Fitch prévoit que le cours de l'uranium restera bas au moins jusqu'à la fin de cette décennie. L'institution évoque les stocks importants des exploitants de centrales nucléaires, le recyclage de l'uranium et la lenteur du redémarrage des réacteurs nucléaires au J...

En 2015, l'uranium a mieux résisté que la plupart des autres matières premières, le prix de la livre ayant fluctué autour de 35USD pendant la majeure partie de l'année. Pourtant, ceux qui avaient vu en cette stabilisation le présage d'un redressement en 2016 en sont pour leurs frais. Le mois dernier, le cours de l'uranium est retombé sous la barre des 30USD, à son plus bas niveau depuis l'été 2014. Dans un rapport publié le mois dernier, Fitch prévoit que le cours de l'uranium restera bas au moins jusqu'à la fin de cette décennie. L'institution évoque les stocks importants des exploitants de centrales nucléaires, le recyclage de l'uranium et la lenteur du redémarrage des réacteurs nucléaires au Japon. La baisse du prix de l'uranium ces dernières semaines est d'ailleurs principalement imputable à ce dernier élément. L'État japonais est confronté à une forte opposition du lobby écologiste qui multiplie les procédures juridiques pour ralentir le redémarrage des centrales. Les réacteurs Takahama3 et 4 ont ainsi dû être remis à l'arrêt quelques semaines après leur redémarrage. À plus long terme, Fitch se montre cependant optimiste et table sur une augmentation de la demande globale d'uranium de 45% d'ici à 2030 sous l'effet de la hausse de la consommation d'électricité. Le 1ermars, on recensait 440réacteurs nucléaires opérationnels et 65réacteurs en construction dans le monde, dont 24 en Chine. Le groupe canadien Cameco est le deuxième producteur mondial d'uranium. Il dispose d'actifs aux États-Unis, au Canada et au Kazakhstan. Il n'a pas à rougir de ses performances vu les conditions difficiles, même si l'action est retombée l'an dernier à son plus bas niveau en 11ans. Le chiffre d'affaires a progressé de 2,4 à 2,75milliards de dollars canadiens (CAD) l'an dernier, alors que le bénéfice brut gagnait près de 10% sur une base annuelle à 700millions CAD. Mais cette hausse est principalement imputable à la baisse du dollar canadien vis-à-vis du dollar américain (USD). En raison de pertes sur les produits dérivés, le bénéfice net est retombé de 183 à 63millions CAD. Cette année, la production passera de 28,4 à 30millions de livres d'uranium, grâce à une augmentation de la production à Cigar Lake et McArthur River. Cameco prévoit une progression de la consommation d'uranium de près de 30%, à 220millions de livres sur les dix prochaines années. Ce, alors que la production minière baissera de 160 à 140millions de livres. Comme Silver Wheaton, Cameco est impliqué dans un litige fiscal lié aux revenus des filiales étrangères qui porte sur la période 2003 à 2010. Les revenus de 2011 à 2012 sont en cours d'investigation. Plusieurs procédures d'appel ont été lancées, mais Cameco a dépensé dans ce cadre 232millions CAD et 332millions CAD via des lettres de crédit ou nantissements sur le montant dû jusqu'à présent. À la fin de l'an dernier, le groupe avait 458millions CAD en caisse. Depuis, il a acheté 9millions de livres d'uranium dans l'optique de les revendre à un prix plus élevé. ConclusionIl ne fait aucun doute que le déficit de l'offre par rapport à la demande finira par produire ses effets, mais ni le cours de l'uranium ni les actions liées à cette matière première, comme Cameco, n'anticipent cette évolution jusqu'à présent. À 1,2fois la valeur comptable, la valorisation est attrayante, alors que les cash-flows libres positifs laissent une marge pour un dividende. Le litige fiscal constitue cependant un élément à surveiller.Conseil : digne d'achatRisque : élevéRating : 1C