Récemment, le prix de la livre d'oxyde d'uranium (U308) est retombé sous la barre des 30 USD pour la première fois depuis 2005. C'est 80% sous le pic de l'été 2007. L'industrie de l'uranium ne parvient pas à sortir du marasme, et les suites de la catastrophe de Fukushima en mars 2011 n'y sont pas étrangères. Vu le coût élevé des alternatives (gaz naturel, charbon), l'actuel gouvernement japonais du Premier ministre Shinzo Abe est plutôt tenté par l'option nucléaire, mais les 48 réacteurs japonais n'ont toujours pas été remis en service. Trois ans après la catastrophe, l'opinion publique reste très opposée à l'atome. Plusieurs centrales ont certes introduit une demande, mais le processus d'approbation e...

Récemment, le prix de la livre d'oxyde d'uranium (U308) est retombé sous la barre des 30 USD pour la première fois depuis 2005. C'est 80% sous le pic de l'été 2007. L'industrie de l'uranium ne parvient pas à sortir du marasme, et les suites de la catastrophe de Fukushima en mars 2011 n'y sont pas étrangères. Vu le coût élevé des alternatives (gaz naturel, charbon), l'actuel gouvernement japonais du Premier ministre Shinzo Abe est plutôt tenté par l'option nucléaire, mais les 48 réacteurs japonais n'ont toujours pas été remis en service. Trois ans après la catastrophe, l'opinion publique reste très opposée à l'atome. Plusieurs centrales ont certes introduit une demande, mais le processus d'approbation est plus lent que prévu. La disparition d'une partie de la demande, combinée à la mise à disposition des réserves existantes, a créé un déséquilibre sur le marché de l'uranium. Résultat : un cours de l'uranium en chute libre, de 75 USD la livre juste avant la catastrophe à 28 USD à peine aujourd'hui. Le coût de production marginal moyen de la livre d'oxyde d'uranium fluctue autour de 40 USD. Le montant exact dépend cependant de l'emplacement et de la méthode de production. Il va de soi que la plupart des producteurs d'uranium n'ont pas la tâche facile dans un tel environnement de marché. Heureusement, une grande partie de la production est vendue dans le cadre de contrats de livraison à long terme, dont le prix est supérieur au prix spot pour livraison immédiate. Le groupe canadien Cameco est l'une des rares entreprises encore rentables dans le secteur. Au cours du 1er trimestre, il a même enregistré un bénéfice confortable de 131 millions de dollars canadiens (CAD), contre seulement 9 millions CAD au cours de la même période un an plus tôt. Ce bond des bénéfices est imputable à la vente de la participation dans Bruce Power, un producteur d'électricité et exploitant de centrales nucléaires canadien, qui a rapporté 450 millions CAD. Le bénéfice ajusté, hors éléments exceptionnels et uniques, s'établit à 36 millions CAD. Il est également en hausse par rapport à l'an dernier (27 millions CAD). Cameco a vendu davantage d'oxyde d'uranium (6,9 millions de livres), mais en raison d'une baisse du prix de vente moyen à 46,6 USD la livre, le CA (419 millions CAD) a reculé de 6%. Compte tenu de la dépréciation du CAD par rapport à l'USD, le prix perçu a cependant progressé de 5 USD la livre. Cependant, Cameco a décidé de suspendre le projet de Millennium dans la province canadienne de Saskatchewan. Le groupe avait racheté une participation majoritaire dans le projet à son concurrent français Areva il y a deux ans. Bien qu'un permis d'environnement ait été délivré à la fin de l'an dernier, le projet est donc mis au frigo. Millennium produira 150.000 à 200.000 tonnes de minerai d'uranium par an, pour un total de 50 millions de livres d'oxyde d'uranium sur la durée de vie de la mine. Sa situation, au nord de la mine de Key Lake qui appartient déjà à Cameco, permet en outre des synergies en matière de transformation des minerais et de traitement des déchets. Cameco a cependant profité de l'entrée en service de la mine de Cigar Lake en mars dernier. ConclusionL'action semble assez chère à 23 fois le bénéfice attendu, mais des producteurs d'uranium du calibre de Cameco ne sont pas monnaie courante. De plus, le groupe canadien est toujours rentable et les bénéfices pourraient s'envoler en cas de hausse du cours de l'uranium. Nous maintenons dès lors notre avis positif.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C