20,09 USD - 1C Digne d'achat
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20,09 USD - 1C Digne d'achatSi le cours de l'uranium a encore baissé ces derniers mois, le producteur canadien Cameco parvient à échapper au malaise grâce à une combinaison de hausse des prix réalisés, de baisse des coûts et d'augmentation de la production. La hausse des prix, surtout, mérite quelques explications. Au 3e trimestre, Cameco a vendu 8,5 millions de livres d'uranium à un prix moyen de 50,73 USD la livre, en hausse de 12% par rapport à l'an dernier, alors que le prix spot (pour livraison immédiate) de l'uranium est retombé à 34,75 USD en moyenne, soit 28% de moins qu'il y a un an. Cette apparente contradiction s'explique par le fait que Cameco vend une partie de l'uranium produit dans le cadre de contrats à long terme (couverture). Le prix moyen des contrats (à long terme) dans l'industrie de l'uranium s'élevait au 3e trimestre à 53 USD la livre. Cameco a donc vendu la majeure partie de sa production au prix des contrats, plus une infime partie au prix spot, à son plus bas niveau en huit ans. Au cours des trois premiers trimestres 2013, Cameco a produit 16,2 millions de livres d'uranium, 5% de plus qu'au cours de la même période, il y a un an. Les prévisions de production pour l'ensemble de l'exercice ont été légèrement revues à la baisse, de 23,3 à 23,1 millions de livres, contre 21,9 millions de livres l'an dernier. En cause : une baisse de la production aux Etats-Unis et des retards dans le redémarrage de Cigar Lake. Cameco avait espéré que cette mine produirait 300.000 livres d'uranium cette année, mais le démarrage commercial n'interviendra qu'en 2014. Ce contretemps a partiellement été compensé par l'augmentation de la production à McArthur/Key Lake. L'objectif reste de produire 31,5 millions de livres d'ici à 2010. Le surcroît de production doit principalement provenir de Cigar Lake. Cameco a déjà vendu 20 millions de livres d'uranium cette année. Mais la majeure partie des ventes interviendra à nouveau au 4e trimestre, raison pour laquelle les prévisions pour 2013 (31 à 33 millions de livres) restent parfaitement réalisables. Outre l'augmentation du prix de vente et la hausse des volumes vendus, Cameco a profité d'une baisse des coûts de production. Grâce aux restructurations, le coût par livre d'uranium produite est retombé à 26,19 USD en moyenne. Au total, le chiffre d'affaires (CA) a doublé à 597 millions USD sur une base annuelle. Le bénéfice net ajusté a même quadruplé à 208 millions USD. Après neuf mois, il atteint 295 millions USD, soit 0,75 USD par action, en hausse de 48% par rapport à l'an dernier. L'industrie d'uranium au sens large est au point mort en raison du report systématique du redémarrage de centrales nucléaires japonaises. Selon JPMorgan, l'arrêt des centrales japonaises engendre actuellement un surplus de plus de 40.000 tonnes de combustible nucléaire, ce qui correspond à 56% de la consommation annuelle mondiale. Mais les choses sont en train de bouger dans ce dossier : cinq groupes japonais de services d'utilité publique ont déjà introduit des demandes de redémarrage de 14 réacteurs au total. Les résultats trimestriels meilleurs que prévu ont entraîné un rebond de l'action Cameco, mais une hausse du cours de l'uranium reste indispensable pour qu'il soit question d'augmentation durable du cours. Grâce aux réserves japonaises, le combustible nucléaire ne manque pas. Mais le redémarrage d'une partie des centrales pourrait faire office de catalyseur. A plus long terme, la situation fondamentale de l'offre et de la demande reste favorable pour l'uranium. L'offre secondaire russe provenant du recyclage d'anciennes têtes nucléaires disparaîtra à partir de l'an prochain et l'absence d'investissements dans l'extension des capacités de production commencera à se faire sentir dans un futur pas si lointain. A 16 fois les bénéfices attendus et 1,4 fois la valeur comptable, la valorisation de l'action Cameco semble correcte, mais l'action présente un potentiel haussier certain en cas d'envolée du cours de l'uranium. Digne d'achat (1C).