19,28 USD - 1C Digne d'achat
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19,28 USD - 1C Digne d'achatLe mois de juillet a à nouveau été très mauvais pour l'uranium. Le prix de la livre d'U308, le carburant des centrales nucléaires (également surnommé yellowcake), a reculé de 12%, ce qui porte la perte totale depuis le début de cette année à plus de 20%. Le prix spot pour livraison immédiate est retombé à 34,5 USD à peine la semaine dernière, son plus bas niveau depuis novembre 2005. La décision du Japon de sortir du nucléaire, conséquence directe de la catastrophe de Fukushima, a créé une suroffre de carburant. Mais le Japon dispose de réserves naturelles réduites et il a été contraint d'accroître nettement ses importations de gaz naturel liquide (LNG) au cours de la même période pour satisfaire à ses besoins d'énergie, ce qui pèse lourdement sur sa balance commerciale. L'énergie nucléaire bénéficie donc d'un net regain d'intérêt. Récemment, les exploitants d'au moins 10 centrales nucléaires ont demandé l'autorisation de redémarrer leurs activités, ce qui représente près d'un cinquième de la capacité nucléaire totale du pays. La Nuclear Regulation Authority (NRA) japonaise prévoit toutefois qu'au moins six mois seront nécessaires pour étudier les dossiers déposés pour les dix réacteurs. L'approbation de tous les réacteurs japonais pourra prendre jusqu'à trois ans, toujours selon la NRA. L'information n'a cependant eu aucun impact sur le prix de l'uranium. Une absence de réaction qui peut s'expliquer par le fait que les opérateurs de centrales nucléaires japonaises n'auront à nouveau besoin de carburant nucléaire qu'à partir de l'an prochain. Ailleurs dans le monde aussi, les stocks d'uranium actuels sont suffisants. Du côté de l'offre, 24 millions de livres d'uranium disparaîtront du marché l'an prochain avec l'arrêt du programme russe Highly Enriched Uranium (HEU). Mais la perspective d'une diminution de l'offre à partir de 2014 n'a pour l'instant aucune répercussion sur les prix. Morgan Stanley prévoit que l'offre d'uranium excèdera la demande de 22 millions de livres. Une hausse de la demande est cependant acquise au cours des années à venir, avec la mise en service de nouveaux réacteurs nucléaires en Asie, en Russie et au Moyen-Orient. La World Nuclear Association (WNA) prévoit un marché mondial de l'uranium en déficit à partir de 2015. Dans les circonstances actuelles, il est très difficile aux producteurs d'uranium de rester rentables et de continuer à investir dans des projets d'exploration. C'est également le cas du groupe américain Cameco, troisième producteur d'uranium au monde après l'entreprise d'Etat kazakhe Kazatomprom et le groupe français Areva. Au 1er semestre, le groupe a réalisé un bénéfice net ajusté de 88 millions USD, en baisse de 42% par rapport à la même période il y a un an. Un recul qui peut être attribué à une baisse des volumes vendus et des tarifs d'électricité. A la suite des travaux d'entretien prévus dans les mines du groupe et de la chute de la demande, la production a reculé de 17% sur base annuelle à 4,4 millions de livres. Les prévisions de production pour 2013 sont cependant restées inchangées. Cameco table toujours sur 23,3 millions de livres. Tous les acteurs du secteur attendent avec impatience le redressement du cours de l'uranium. Au niveau actuel, non seulement les nouveaux investissements ne sont plus rentables, mais la production s'effectue souvent à perte. Cameco fait partie des rares heureux qui réalisent une grande partie de leur CA par le biais de contrats à long terme, dont le prix moyen est nettement supérieur au prix spot actuel. Au contraire de nombreux concurrents, le groupe canadien est de ce fait toujours bénéficiaire (pour l'instant). Une amélioration fondamentale n'interviendra que si le marché de l'uranium se trouve en déficit et ce ne sera pas le cas avant l'an prochain. On peut cependant estimer que les cours vont plutôt anticiper ce phénomène. Cameco s'échange à 1,5 fois la valeur comptable et 22 fois le bénéfice attendu pour cette année. Digne d'achat (1C).