Nous retiendrons surtout des rapports du 4e trimestre et de l'exercice 2021 que la mine McArthur River entrera à nouveau en production et que l'installation de traitement de Key Lake sera remise en service. Les deux sites situés au Canada avaient été mis en maintenance en janvier 2018: vu la faiblesse du cours de l'uranium, ils n'étaient plus rentables. Ce faisant, Cameco voulait aussi contribuer à l'effort commun visant à endiguer la surcapacité sur le marché de l'uranium. La décision de relancer la production est mûrement réfléchie. Plusieurs acteurs financiers (Sprott, YellowCake...) ont acheté de grandes quantités d'uranium à des fins d'inves...

Nous retiendrons surtout des rapports du 4e trimestre et de l'exercice 2021 que la mine McArthur River entrera à nouveau en production et que l'installation de traitement de Key Lake sera remise en service. Les deux sites situés au Canada avaient été mis en maintenance en janvier 2018: vu la faiblesse du cours de l'uranium, ils n'étaient plus rentables. Ce faisant, Cameco voulait aussi contribuer à l'effort commun visant à endiguer la surcapacité sur le marché de l'uranium. La décision de relancer la production est mûrement réfléchie. Plusieurs acteurs financiers (Sprott, YellowCake...) ont acheté de grandes quantités d'uranium à des fins d'investissement. Par ailleurs, la maintenance des mines inutilisées coûte cher aux producteurs. En 2021, Cameco a dépensé 210 millions de dollars canadiens (CAD) à cette fin. Le redémarrage des sites prendra naturellement du temps. Il faut notamment engager et former du personnel. Entendant éviter une nouvelle surproduction, Cameco a décidé que McArthur River produirait annuellement d'ici à 2024 15 millions de livres de carburant nucléaire, alors que la mine peut produire 40% de plus (capacité de 25 millions de livres), et que la production à Cigar Lake serait réduite à 13,5 millions de livres (capacité de 18 millions de livres). KazAtomProm, le partenaire de Cameco dans la joint-venture Inkaï, au Kazakhstan, a décidé de réduire la production de 20% jusque fin 2023 au plus tôt. En 2021, Cameco a produit 6,1 millions de livres d'uranium et en a acheté 11,1 millions. Pour respecter ses engagements contractuels, le groupe a également puisé dans ses stocks pour vendre 24,3 millions de livres (2020: 30,7 millions). En dépit de la hausse de 18% du cours de l'uranium, le CA a reculé à 1,48 milliard CAD, en 2021. Le groupe a fait état d'une perte nette ajustée de 98 millions CAD, ou de 0,25 CAD par action. Ses cash-flows opérationnels se sont cependant établis à 458 millions CAD (2020: 57 millions seulement). Pour l'exercice en cours, Cameco pronostique un CA de 1,50-1,65 milliard CAD. Il a conclu l'an passé des contrats à long terme pour 30 millions de livres d'uranium; en janvier 2022, pour 40 millions de livres encore. A fin décembre, il avait un peu plus de 1,3 milliard CAD en caisse, pour une dette nette de 996 millions; soit une position de trésorerie nette de 336 millions. Le calendrier est toujours incertain, mais il doit encore percevoir 777 millions CAD en espèces (295 millions) et lettres de crédit (485 millions) au terme d'un litige avec l'administration fiscale canadienne duquel il est sorti gagnant. Le groupe affiche une excellente santé financière. Le dividende a été relevé de moitié, à 0,12 dollar par action, soit un rendement modeste de 0,5%. Il n'est plus question d'une extrême survalorisation: Cameco s'échange désormais à 2,4 fois sa valeur comptable. Parce que le groupe va rouvrir deux sites et qu'il recèle toujours un potentiel à long terme, nous recommandons d'en acheter le titre.Conseil: acheterRisique: moyenRating: 1BCours: 22,4 dollars (USD)Ticker: CCJ USCode ISIN: CA13321L1085Marché: New York Stock ExchangeCapit. boursière: 9 milliards USD C/B 2021: -C/B attendu 2022: 77Perf. cours sur 12 mois: +36%Perf. cours depuis le 01/01: +3%Rendement du dividende: 0,5%