L'envolée des prix du pétrole et du gaz contraint de nombreux pays à chercher des alternatives aux hydrocarbures. Privilégier le charbon irait à l'encontre des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. C'est pourquoi des pays comme les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Corée du Sud et même la Belgique ont choisi de construire de nouvelles centrales nucléaires ou de retarder la fermeture des installations existantes.
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L'envolée des prix du pétrole et du gaz contraint de nombreux pays à chercher des alternatives aux hydrocarbures. Privilégier le charbon irait à l'encontre des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. C'est pourquoi des pays comme les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Corée du Sud et même la Belgique ont choisi de construire de nouvelles centrales nucléaires ou de retarder la fermeture des installations existantes. L'uranium est depuis quelque temps orienté à la hausse; le prix spot a augmenté d'environ un tiers depuis janvier. Après avoir franchi la barre des 60 dollars la livre en mars, il oscille depuis peu autour de 55 dollars. La hausse des prix des contrats à terme a été plus réduite (15%) et ces derniers captent, depuis plusieurs trimestres, une partie croissante des volumes spot. Cela montre que la part des acteurs industriels progresse, au détriment de celle des spéculateurs.Au vu de la hausse des prix, le producteur canadien d'uranium Cameco a relevé le chiffre d'affaires (CA) prévisionnel pour l'exercice, de 1,5-1,65 milliard à 1,73-1,88 milliard de dollars canadiens (CAD). Etant donné les fortes fluctuations du calendrier des ventes, ses chiffres trimestriels ne sont pas très pertinents. Depuis janvier, le groupe a conclu de nouveaux contrats à long terme représentant 40 millions de livres (ce chiffre, inchangé depuis février, ne tient pas compte des transactions en cours), à comparer aux 30 millions de livres de l'ensemble de l'exercice 2021.Les sanctions économiques à l'encontre de la Russie ont elles aussi une incidence sur le marché de l'uranium; le pays produit 14% de l'uranium mondial et assure près de 30% de la conversion et de l'enrichissement du métal. La proximité du Kazakhstan, premier producteur du métal jaune, entraîne également des problèmes logistiques dans la région. Cameco a réalisé un CA de 398 millions CAD au premier trimestre, en hausse de 37% sur un an. Le CA issu de la production d'uranium a augmenté de 57%, à 322 millions CAD. Entre janvier et mars, Cameco a produit 1,9 million de livres d'uranium et en a vendu 5,9 millions (+18%). Le prix de vente moyen a augmenté de plus d'un tiers, à 55 CAD la livre. La division Fuel Services a vu son CA chuter de 10%, à 76 millions CAD; l'effet de la hausse des prix (+8%) a été annulé par la baisse des volumes de vente. Le bénéfice net ajusté s'est élevé à 17 millions CAD, alors qu'on attendait une perte de 27,5 millions CAD. Début 2022, Cameco a décidé de relancer l'usine de traitement de Key Lake et la mine McArthur River, qui devrait à nouveau produire 15 millions de livres de combustible nucléaire d'ici 2024 (40% de moins que sa capacité totale, 25 millions). Toujours pour limiter l'offre, la production de Cigar Lake sera réduite à 13,5 millions de livres (capacité maximale: 18 millions).En 2022, le groupe prévoit de produire 11 millions de livres d'uranium et d'en livrer 23 à 25 millions; il devra par conséquent acheter entre 12 et 14 millions de livres sur le marché spot.L'action Cameco s'était initialement appréciée, dans le sillage du prix de l'uranium, et avait même atteint en avril son plus haut niveau depuis 2011. Mais en l'absence d'actualité relative aux fondamentaux du marché, elle s'est laissé entraîner dans le repli généralisé de ces dernières semaines, et a perdu plus d'un tiers de sa valeur depuis son sommet. Le groupe affiche un bilan sain et devrait profiter, ces prochaines années, de la tendance haussière du cours de l'uranium. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 21,02 dollarsTicker: CCJ USCode ISIN: CA13321L1085Marché: New York Stock ExchangeCapit. boursière: 8,4 milliards USDC/B 2021: -C/B attendu 2022: 70Perf. cours sur 1 an: +7%Perf. cours depuis le 01/01: -7%Rendement du dividende: 0,6%