Cameco n'ayant remis en service la mine Cigar Lake qu'en septembre, la production d'uranium n'a pas dépassé 200.000 livres au 3e trimestre; c'est une baisse de 86% par rapport à la même période un an plus tôt. Simultanément, le volume des ventes a progressé de 10%, à 6,7 millions de livres.
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Cameco n'ayant remis en service la mine Cigar Lake qu'en septembre, la production d'uranium n'a pas dépassé 200.000 livres au 3e trimestre; c'est une baisse de 86% par rapport à la même période un an plus tôt. Simultanément, le volume des ventes a progressé de 10%, à 6,7 millions de livres. Comme le groupe ne souhaite pas épuiser ses réserves, il s'approvisionne sur le marché spot, ce qui entraîne une hausse de ses coûts. Mais grâce à l'augmentation des volumes et du prix de vente moyen de l'uranium (33,77 dollars la livre), le chiffre d'affaires (CA) a progressé d'un peu plus de 25%, à 379,1 millions de dollars canadiens, alors que les analystes s'attendaient à un chiffre inférieur de 56 millions. Le CA cumulé sur les trois premiers trimestres de 2020 s'établit à 1,25 milliard, en hausse de 27% par rapport à la même période un an auparavant. Quant au résultat net, il est toujours déficitaire: la perte de 54 millions, ou 0,14 dollar par action, éprouvée au 3e trimestre de 2019 est un peu plus importante, à 61 millions de dollars canadiens, un an plus tard. Sur les neuf premiers mois de 2020, le déficit se monte à 133 millions, ou 0,31 dollar par action. La production prévisionnelle pour 2020 est inchangée, à 5,3 millions de livres; ce chiffre implique que Cigar Lake reste en service durant l'intégralité du 4e trimestre. Sur le marché mondial de l'uranium, la situation n'a pas évolué, ces derniers mois. Le prix de l'uranium sur le marché spot fluctue autour de 30 dollars. En raison de la crise sanitaire, porteuse d'incertitudes concernant l'évolution de la demande d'énergie à court terme, moins de contrats ont été conclus ces derniers mois, mais cela devrait changer à moyen terme. Cette année, la production minière sera inférieure à la demande de 50 millions de livres. Selon TradeTech et UXConsulting, la quantité d'uranium nécessaire d'ici à 2030 qui n'a pas encore été réservée par contrat atteindrait 716 millions de livres. Certes, 2030 est encore loin, mais 52 nouveaux réacteurs sont en cours de construction. Du côté de l'offre, bien que plusieurs mines au Niger et en Australie soient arrivées au terme de leur durée de vie commerciale, on n'investit pas dans de nouveaux sites. BHP Billiton a suspendu, pour une durée indéterminée, l'expansion du projet Olympic Dam. Cela dit, le Sénat américain a décidé d'accroître ses réserves stratégiques d'uranium et libéré 150 millions de dollars à cette fin. En outre, la prolongation jusqu'en 2040 du Russian Suspension Agreement (RSA) est une bonne nouvelle pour l'industrie nord-américaine de l'uranium; en vertu de l'accord, la part d'uranium russe dans la consommation totale des Etats-Unis ne peut dépasser 20%. Le quota sera abaissé à 15% en 2028. Cameco avait encore 793 millions de dollars canadiens de liquidités au terme du 3e trimestre (878 millions, à l'issue du 2e trimestre). Le groupe dispose en outre d'une ligne de crédit d'un milliard de dollars. Sa dette à long terme est restée stable, à un milliard de dollars; la partie arrivant à échéance en 2022 (400 millions de dollars) a été refinancée à un taux plus faible. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 13,94 dollarsTicker: CCJ USCode ISIN: CA13321L1085Marché: New York Stock ExchangeCapit. boursière: 5,49 milliards USDC/B 2019: -C/B attendu 2020: -Perf. cours sur 12 mois: +53%Perf. cours depuis le 01/01: +55%Rendement du dividende: 0,5%