L'uranium fait du surplace et c'est une mauvaise nouvelle pour les entreprises du secteur cotées en Bourse. Plusieurs d'entre elles, comme Cameco, ont nettement réduit leur production, mais d'autres continuent à produire de l'uranium, souvent à perte - une nécessité pour générer le cash-flow indispensable au remboursement des dettes. L'uranium qui n'est pas acheté dans le cadre de contrats à long terme aboutit par conséquent sur le marché spot, ce qui accroît encore la pression sur les cours.
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L'uranium fait du surplace et c'est une mauvaise nouvelle pour les entreprises du secteur cotées en Bourse. Plusieurs d'entre elles, comme Cameco, ont nettement réduit leur production, mais d'autres continuent à produire de l'uranium, souvent à perte - une nécessité pour générer le cash-flow indispensable au remboursement des dettes. L'uranium qui n'est pas acheté dans le cadre de contrats à long terme aboutit par conséquent sur le marché spot, ce qui accroît encore la pression sur les cours. Un autre facteur d'incertitude fut l'enquête "Section 232" aux Etats-Unis. Jouant la carte de la sécurité nationale, deux producteurs américains ont tenté d'imposer des quotas (au moins un quart de l'uranium consommé sous la forme de combustible nucléaire aux Etats-Unis doit provenir de ce pays), arguant qu'un approvisionnement local revêt une importance stratégique. Actuellement, environ un cinquième de la production d'électricité aux Etats-Unis provient du nucléaire, nécessitant 50 millions de livres d'uranium - sauf que les Etats-Unis ne produisent qu'un million de livres. Le reste provient principalement du Canada, d'Australie, de Russie et du Kazakhstan. Mais Donald Trump n'a pas suivi ce raisonnement, et les entreprises non américaines peuvent continuer à approvisionner librement le marché américain. Cameco a produit 2,5 millions de livres d'uranium au 2e trimestre, un volume en baisse de 14% par rapport à l'an dernier, mais conforme aux attentes. Le groupe a cependant vendu 6,6 millions de livres d'uranium (+25% en un an) de plus. Le chiffre d'affaires a progressé de 16,5%, à 388,5 millions de dollars. La perte nette ajustée (hors effets de change) a atteint 18 millions de dollars entre avril et juin, soit 51 millions de dollars au 1er semestre. La plupart des livraisons prévues par les contrats à long terme auront lieu au 2e semestre. Le cash-flow opérationnel devrait ainsi être plus élevé qu'au 1er semestre (21 millions de dollars). Concernant les volumes de ventes, la fourchette de prévisions pour 2019 a été relevée de 28-30 à 30-32 millions de livres. Avec une production propre d'environ 9 millions de livres, Cameco devra donc acheter 21 à 23 millions de livres d'uranium. Il n'est pas encore question de redémarrer le site de McArthur River/Key Lake, dont les charges d'entretien totales atteignent 130 à 160 millions de dollars l'an.Une commission d'arbitrage s'est prononcée sur le conflit qui oppose Cameco au producteur d'électricité japonais Tepco après la résiliation unilatérale d'un contrat d'approvisionnement par ce dernier. Cameco demandait une compensation de 700 millions de dollars, mais n'a obtenu qu'un peu plus de 40 millions de dollars, qui seront versés ce trimestre. Cameco avait 1,1 milliard de dollars en caisse au terme du 1er trimestre. La position d'endettement est restée inchangée, à 1,48 milliard de dollars, et la dette nette se monte à 383 millions de dollars. Un emprunt de 500 millions de dollars doit être remboursé en septembre, mais les liquidités sont suffisantes, avec une ligne de crédit inutilisée de 3 milliards de dollars et des stocks dont la valeur dépasse désormais 700 millions de dollars. Cameco distribue toujours un dividende trimestriel de 0,08 dollar par action. Sans hausse du cours de l'uranium, il est utopique d'espérer un redressement durable des actions des producteurs d'uranium comme Cameco ou des détenteurs de stocks d'uranium physique comme Uranium Participation Corp. La patience s'impose donc. La valeur boursière est retombée sous la valeur comptable, suffisant à déclencher une recommandation d'achat (rating 1C), à considérer cependant comme une opportunité de trading (pour profiter d'un redressement à court terme). Cours: 8,88 dollarsTicker: CCJ USCode ISIN: CA13321L1085Marché: New York Stock ExchangeCapit. boursière: 3,51 milliards USDC/B 2018: -C/B attendu 2019: 75Perf. cours sur 12 mois: -20%Perf. cours depuis le 01/01: -22%Rendement du dividende: 0,7%