Dès l'annonce des résultats trimestriels, et de la baisse des volumes et des prix de vente de l'uranium, l'action Cameco est retombée à son plus bas niveau depuis septembre. L'on ne peut pourtant rien reprocher au groupe, qui avait prévu d'écouler entre 28 et 30 millions de livres.
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Dès l'annonce des résultats trimestriels, et de la baisse des volumes et des prix de vente de l'uranium, l'action Cameco est retombée à son plus bas niveau depuis septembre. L'on ne peut pourtant rien reprocher au groupe, qui avait prévu d'écouler entre 28 et 30 millions de livres.Les contrats de livraison à long terme lui permettent en effet de procéder à des évaluations précises. Mais Cameco n'a vendu que 4,8 millions de livres d'uranium, soit 27% de moins qu'un an plus tôt. Le chiffre d'affaires (CA) a dès lors reculé de près d'un tiers, à 297,5 millions de dollars canadiens, en glissement annuel. Cela dit, les livraisons sont généralement concentrées sur le second semestre. La production évolue comme prévu (2,4 millions de livres). Les pronostics pour 2019 font état de 9 millions de livres, ce qui obligerait Cameco à acheter entre 19 et 21 millions de livres. McArthur River et Key Lake resteront fermées jusqu'à ce que des contrats de livraison puissent être conclus à des prix (nettement) plus élevés - pour l'heure, la production provient exclusivement de Cigar Lake et de la joint-venture Inkaï, au Kazakhstan. Or le prix de l'uranium est reparti à la baisse ces dernières semaines. Sur le marché spot (moins d'un an entre l'achat et la livraison), il est passé de près de 30 dollars en début d'année à 24,5 dollars, son niveau de l'été dernier. Cameco a perçu, au 1er trimestre, 42,8 millions de dollars en moyenne par once troy d'uranium vendue, soit 21% de moins qu'un an plus tôt. Le groupe accuse une perte nette de 18,3 millions de dollars (0,05 dollar par action), contre un bénéfice de 0,14 dollar encore il y a un an. Le consensus mise pour cette année sur une perte de 0,03 dollar. Mais tout ne se passe pas mal: la valeur des contrats de vente (CA futur) a bondi de 20%, à 150 millions de dollars, au 1er trimestre. En Australie, le projet Yeelirrie (controversé) a reçu le feu vert du Département de l'environnement et de l'énergie. Yeelirrie est l'une des plus grandes sources non encore exploitées d'uranium du pays. Cameco l'a achetée en 2012 à BHP Billiton, mais n'est aucunement pressé de la développer. Reste que l'aval des autorités en augmente la valeur. La Cour canadienne de l'impôt a attribué à Cameco une indemnité provisoire de 10,25 millions de dollars dans le cadre du litige qui l'oppose à l'Agence du revenu; ce montant est destiné à couvrir ses dépenses juridiques, mais il réclame 17,9 millions de plus, pour compenser d'autres coûts. Il exige par ailleurs une indemnité du japonais Tepco, pour cause de résiliation unilatérale d'un contrat de livraison. A la fin du 1er trimestre, le groupe avait 1,22 milliard de dollars en caisse, soit 11% de plus que trois mois auparavant. L'endettement reste inchangé (près de 1,5 milliard de dollars, soit une dette nette de 275 millions). Une tranche de 500 millions doit être remboursée en septembre; Cameco peut l'honorer, ou la refinancer. Le groupe a pour 638 millions de dollars de réserves d'uranium (+36% en glissement trimestriel), puisqu'il a produit davantage qu'il n'a vendu. A 0,08 dollar par action, le dividende est inchangé.La direction tient ses promesses et confirme ses pronostics pour l'année. Le CA du 1er trimestre est dès lors peu pertinent, car l'essentiel des livraisons se concentreront sur le 2e semestre. Cameco met la patience des investisseurs à rude épreuve, mais nous sommes convaincus que le jeu en vaut la chandelle. A à peine plus de la valeur comptable, la valorisation reste très intéressante. Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 10,19 dollarsTicker: CCJ USCode ISIN: CA13321L1085Marché: New York Stock ExchangeCapit. boursière: 4 milliards USDC/B 2018: 42C/B attendu 2019: /Perf. cours sur 12 mois: -12%Perf. cours depuis le 01/01: -11%Rendement du dividende: 0,6%