L'offre sur PostNL a été rejetée pour la deuxième fois par le conseil d'administration de PostNL, qui privilégie une stratégie autonome à présent que l'entreprise a remis de l'ordre dans ses affaires et retrouvé la rentabilité. Les Néerlandais craignent surtout l'ingérence de l'État belge, qui détiendrait 40% de l'entreprise fusionnée. Mais plusieurs actionnaires commencent à s'émouvoir de la situation. Ils ne sont pas sujets aux sensibilités néerlandaises à l'idée d'une acquisition par une entreprise belge et envisagent de profiter de cette offre pour rentabiliser leur investissement. Il est possible que bpost entreprenne une troisième tentative avec une offre majorée, mais aussi que les Belges tirent les conclusions des deux échecs précédents et mettent un terme à leur offensive.
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L'offre sur PostNL a été rejetée pour la deuxième fois par le conseil d'administration de PostNL, qui privilégie une stratégie autonome à présent que l'entreprise a remis de l'ordre dans ses affaires et retrouvé la rentabilité. Les Néerlandais craignent surtout l'ingérence de l'État belge, qui détiendrait 40% de l'entreprise fusionnée. Mais plusieurs actionnaires commencent à s'émouvoir de la situation. Ils ne sont pas sujets aux sensibilités néerlandaises à l'idée d'une acquisition par une entreprise belge et envisagent de profiter de cette offre pour rentabiliser leur investissement. Il est possible que bpost entreprenne une troisième tentative avec une offre majorée, mais aussi que les Belges tirent les conclusions des deux échecs précédents et mettent un terme à leur offensive. En principe, bpost pourrait lancer une offre majorée. L'offre d'environ 5,5euros (EUR) par action PostNL (comme elle se compose pour 50% d'actions bpost, sa valeur fluctue avec le cours de bpost) valorise PostNL à un peu moins de 2,5milliards EUR. Dans la mesure où PostNL table sur un bénéfice opérationnel sous-jacent de 230 à 270millions EUR à partir de 2017 _ perspectives confirmées cette semaine lors de la publication des résultats du troisième trimestre _, bpost est prête à payer environ dix fois le bénéfice sous-jacent. Ce n'est pas peu, mais pas non plus excessivement cher. Cette offre estime également la valeur d'entreprise de PostNL à environ six fois les cash-flows opérationnels, ce qui confirme l'idée d'une offre équitable. Pour bpost, l'opération est stratégiquement intéressante parce qu'elle accroîtrait la force de frappe du nouvel acteur face à de grands concurrents internationaux comme DHL ou UPS sur le marché des colis. Et une croissance rentable sur ce marché est cruciale tant pour bpost que pour PostNL afin de compenser la baisse du trafic postal traditionnel. Pour bpost, le deal se justifie aussi d'un point de vue financier. Certes, les synergies et les économies sur les coûts seraient limitées, mais une acquisition de PostNL lui permettrait de rentabiliser une position de trésorerie nette de plus de 700millions EUR. Selon bpost, l'acquisition donnera lieu à une "augmentation significative du bénéfice et du dividende par action" de l'entreprise fusionnée. Concrètement, le bénéfice par action pourrait augmenter de 20 à 30% à moyen terme, et le dividende d'environ 20%. Au cours actuel, ce scénario donne aux actionnaires de bpost la perspective d'un rendement de dividende de 6,5%. Ce qui justifie pleinement une troisième tentative d'acquisition. Le chiffre d'affaires de bpost a reculé de 2,3% au troisième trimestre, principalement à la suite de la baisse de l'indemnité pour le contrat de gestion. La baisse accélérée du trafic postal traditionnel (-5,9% en volumes au troisième trimestre) a effrayé les investisseurs, même si elle a été compensée par la poursuite de la croissance des activités dans les colis et des économies sur les coûts. Le directeur Koen Van Gerven a cependant laissé entendre que bpost éprouverait des difficultés à respecter le calendrier prévu pour ce qui concerne la réduction promise du personnel, ce qui a également contribué à la forte baisse du cours. bpost a confirmé que les cash-flows et le dividende 2016 seraient au moins aussi élevés qu'en 2015. ConclusionPour les actionnaires de bpost, une acquisition de PostNL est toujours porteuse de valeur, y compris en cas d'offre majorée. La réaction de l'action bpost aux résultats trimestriels légèrement décevants était excessive. Nous continuons à recommander l'action pour sa valorisation assez attrayante. Les actionnaires de PostNL peuvent conserver leur position après l'échec de la transaction.Conseil : digne d'achatRisque : faibleRating : 1ADevise : euro (EUR)Marché : Euronext BruxellesCapitalisation boursière : 4,4 milliards EURC/B 2015 : 15C/B attendu 2016 : 13Perf. cours sur 12 mois : -4%Perf. cours depuis le 01/01 : -1%Rendement du dividende : 6%