Comme s'il s'agissait d'une entreprise de croissance qui avait dû avouer une rupture dans la hausse de ses résultats. C'est avec cette violence que le marché a réagi à l'accélération de la baisse du trafic postal domestique annoncée par bpost. L'action a subitement perdu 15% au motif que la contraction du trafic postal s'était accélérée à 6,1%, contre à peine 4,4% l'an dernier. Une réaction excessive, mais de nombreux actionnaires ont surtout vu dans cette mauvaise nouvelle une excuse parfaite pour procéder à des prises de bénéfice. Alors que sur le plan fondamental, rien ou presque n'a changé. bpost continue d'exécuter la stratégie qui lui a valu tant de succès ces dernières années : compenser la contraction de son coeur d'...

Comme s'il s'agissait d'une entreprise de croissance qui avait dû avouer une rupture dans la hausse de ses résultats. C'est avec cette violence que le marché a réagi à l'accélération de la baisse du trafic postal domestique annoncée par bpost. L'action a subitement perdu 15% au motif que la contraction du trafic postal s'était accélérée à 6,1%, contre à peine 4,4% l'an dernier. Une réaction excessive, mais de nombreux actionnaires ont surtout vu dans cette mauvaise nouvelle une excuse parfaite pour procéder à des prises de bénéfice. Alors que sur le plan fondamental, rien ou presque n'a changé. bpost continue d'exécuter la stratégie qui lui a valu tant de succès ces dernières années : compenser la contraction de son coeur d'activités par de nouvelles activités, ainsi que par des gains d'efficacité et autres économies de coûts constants. Et de ce côté, bpost n'a pas failli au 1er semestre. Les cash-flows opérationnels (EBITDA) ont reculé de 1,2%, le bénéfice opérationnel (EBIT) de 1,5%. Si nous tenons compte de l'effet unique des courriers liés aux élections l'an dernier, nous obtenons un quasi statu quo. La direction confirme également l'objectif formulé précédemment : un EBIT stable pour cette année, même s'il tient à présent compte d'une baisse en volume de 6% du trafic postal domestique sur l'ensemble de l'année 2015. Celle-ci provient surtout des courriers publicitaires, en particulier des entreprises de vente par correspondance et des banques. La baisse du trafic postal a affecté l'EBITDA de bpost à concurrence de 27 millions au 1er semestre, sur un total de 336 millions. La baisse des compensations de l'Etat pour le contrat de gestion et la suppression de quelques activités peu rentables dans le trafic postal international ont également écrémé l'EBITDA à concurrence de 8 et 10 millions EUR. Mais le groupe affiche une croissance impressionnante dans la distribution de paquets, à la fois en Belgique et au niveau international. L'augmentation des volumes des grands e-tailers a certes pesé sur les prix moyens facturés, mais la croissance organique du chiffre d'affaires (CA) s'établit quand même à 24 millions EUR. Ce qui a donné lieu, notamment grâce à des effets de change favorables, à une augmentation équivalente de l'EBITDA. Les expéditions de lait en poudre vers la Chine ont également repris. Malgré l'intensification de la concurrence, bpost prévoit une croissance constante de près de 10% dans le segment des paquets. A la fin de l'année, bpost fonctionnera avec plus de 800 équivalents temps plein en moins par rapport au début 2015. Au cours du 1er semestre, cela a donné lieu à une augmentation de l'EBITDA de 22 millions EUR, qui a presque suffi à compenser la baisse du trafic postal domestique. En raison de la chute du cours de l'action, la valorisation peut à nouveau être qualifiée d'assez attrayante. La valeur d'entreprise (EV) correspond à environ 7 fois l'EBITDA, un niveau à peine supérieur à celui d'autres entreprises postales européennes pour un rendement de dividende 5% plus élevé. Ce dividende est également stable chez bpost, grâce aux résultats solides et au bilan extrêmement robuste. bpost dispose d'une position nette de trésorerie de 720 millions EUR, qui grossit chaque année grâce à des cash-flows libres totalisant 360 millions EUR.ConclusionNous avons toujours recommandé bpost pour son dividende attrayant et stable, surtout par rapport aux taux à long terme. La forte hausse des cours (+80%) au cours des 9 premiers mois de sa carrière boursière constitue à ce titre un bonus inattendu. L'action reste attrayante depuis la récente correction.Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1A