Les investisseurs qui ont souscrit l'an dernier à l'entrée en Bourse à 14,5 EUR par action ne le regrettent sans doute pas. Le titre a entretemps progressé de près de 50%, outre un rendement de dividende déjà perçu de 7%. Reste à savoir si l'on peut encore attendre des gains sur les cours, ou si les actionnaires de bpost ont plutôt intérêt à prendre leurs bénéfices. A priori, il n'y a aucune urgence à vendre. La valorisation de bpost reste conforme à celles d'autres entreprises de courrier européen. Le rapport cours/bénéfice d'environ 13, combiné à un rendement bénéficiaire de 7,5%, constitue une rémunération suffisante du risque par rapport au re...

Les investisseurs qui ont souscrit l'an dernier à l'entrée en Bourse à 14,5 EUR par action ne le regrettent sans doute pas. Le titre a entretemps progressé de près de 50%, outre un rendement de dividende déjà perçu de 7%. Reste à savoir si l'on peut encore attendre des gains sur les cours, ou si les actionnaires de bpost ont plutôt intérêt à prendre leurs bénéfices. A priori, il n'y a aucune urgence à vendre. La valorisation de bpost reste conforme à celles d'autres entreprises de courrier européen. Le rapport cours/bénéfice d'environ 13, combiné à un rendement bénéficiaire de 7,5%, constitue une rémunération suffisante du risque par rapport au rendement des obligations publiques belges. Et finalement, bpost avait été recommandée comme action de dividendes, un argument qui reste pleinement valable. Le rendement de dividende brut est certes retombé à environ 6% sous l'effet de la hausse du cours, mais les bons résultats opérationnels autorisent un relèvement du dividende. Un dividende brut d'au moins 1,20 EUR est envisageable pour 2014, contre 1,13 EUR par action en 2013. bpost a largement répondu aux attentes au 3e trimestre. Le chiffre d'affaires (CA) comparable s'est joliment maintenu, l'entreprise étant parvenue à compenser la baisse structurelle et irrémédiable du courrier intérieur par une forte croissance dans les colis. On remarquera surtout le ralentissement de la baisse du volume de courrier à -4,3%, même s'il est également imputable à quelques commandes uniques. La direction maintient par conséquent une baisse du volume de 5% sur l'ensemble de l'année 2014. On sera également attentif à la décision du gouvernement concernant le nouveau contrat de distribution des journaux et des périodiques, qui doit entrer en vigueur à partir de 2016. bpost présente les meilleurs arguments pour décrocher un nouveau contrat, sans qu'il ait un impact significatif sur le CA. Dans l'intervalle, le service de distribution des colis s'est montré très performant, plus encore au niveau international. La semaine dernière, bpost a annoncé un projet pilote visant à distribuer des colis le dimanche pour la boutique Internet Bol.com. Outre le CA, les marges et le bénéfice se sont également maintenus, notamment grâce à de nouveaux gains d'efficacité. La direction souligne que les résultats sur les 9 premiers mois de l'année ont déjà atteint le niveau des dix premiers mois de 2013, et l'entreprise devrait pouvoir préserver son avance au cours du dernier trimestre. Il doit en résulter une hausse du bénéfice net de plus de 10%. Notamment grâce à ses cash-flows libres impressionnants, bpost s'est constitué une trésorerie nette de 646 millions EUR. Pour des raisons techniques, il sera difficile de faire refluer cet argent vers les actionnaires par le biais de dividendes exceptionnels ou de rachats d'actions propres, mais bpost n'éprouvera aucune difficulté à financer sa politique de dividendes, même en cas d'acquisition.ConclusionL'essentiel de la hausse du cours appartient au passé, mais le rendement de dividende d'environ 6% reste attrayant dans ce climat de taux bas, surtout compte tenu des bonnes performances opérationnelles et d'une valorisation qui ne peut pas être qualifiée d'excessive. Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1B