La baisse fixe du trafic postal payant (-9,9%) fut la mauvaise surprise du dernier rapport trimestriel de bpost. Heureusement, le volume de publicités papier s'est accru de 4,5%, permettant de limiter le repli total du trafic postal intérieur à 6,7%. Le rétablissement du marché publicitaire est cependant une donnée conjoncturelle, alors que le repli du trafic postal est une tendance structurelle. Circonstance atténuante : la comparaison avec le très bon deuxième trimestre de 2016. Le CEO du groupe, Koen Van Gerven, a indiqué ne pas être inquiet : la baisse du marché se poursuit mais ce n'est pas une chute libre.
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La baisse fixe du trafic postal payant (-9,9%) fut la mauvaise surprise du dernier rapport trimestriel de bpost. Heureusement, le volume de publicités papier s'est accru de 4,5%, permettant de limiter le repli total du trafic postal intérieur à 6,7%. Le rétablissement du marché publicitaire est cependant une donnée conjoncturelle, alors que le repli du trafic postal est une tendance structurelle. Circonstance atténuante : la comparaison avec le très bon deuxième trimestre de 2016. Le CEO du groupe, Koen Van Gerven, a indiqué ne pas être inquiet : la baisse du marché se poursuit mais ce n'est pas une chute libre.Le recul du trafic postal intérieur a coûté 20 millions d'euros de chiffre d'affaires (CA) à bpost au deuxième trimestre. Pour récupérer cet argent, le groupe a mis en place une stratégie reposant sur trois piliers : colis, économies et acquisitions. D'abord les colis. La numérisation de l'économie affecte l'activité traditionnelle mais offre à l'entreprise de nouvelles opportunités. Grâce à la percée de l'e-commerce, les colis à expédier sont de plus en plus nombreux. Au deuxième trimestre, les volumes ont progressé de pas moins d'un quart dans ce segment en Belgique. Les tarifs sont moins favorables, ce qui a limité la hausse du CA à 19%. Le CA des colis représente déjà près de la moitié du CA du trafic postal intérieur. Le groupe doit aussi oeuvrer à l'accroissement de sa rentabilité, car la forte croissance s'accompagne également de coûts en hausse. Au deuxième trimestre, bpost a dégagé un bénéfice opérationnel de 21 millions d'euros dans la division Colis et International, ce qui représente 5% de plus qu'à la même période l'an dernier. Le pôle Poste et retail a fourni 108 millions d'euros de bénéfice opérationnel. Les colis ne compensent donc pas encore la perte de revenus du trafic postal.Pour rester rentable, bpost devra aussi accroître son efficacité. Cet exercice est difficile à comparer car de nombreuses acquisitions, leur coût et le personnel associés, sont intégrés dans les résultats. bpost indique du reste que l'évolution organique du cours est conforme aux attentes. Un troisième scénario, sous-estimé, permettant de maintenir le CA et le bénéfice, consiste à acheter du bénéfice. Grâce à un bilan solide, une position de trésorerie nette de 600 millions d'euros et la production de cash-flow libres relativement riches (167 millions d'euros au premier semestre 2017), bpost peut financer des acquisitions supplémentaires sans compromettre le dividende. Comme on le sait, bpost est passé l'an dernier à côté de PostNL. bpost est parvenu à préserver son bénéfice opérationnel au deuxième trimestre. Pour l'ensemble de l'année, la direction a maintenu sa prévision d'un bénéfice opérationnel stable.L'accélération de la baisse du trafic postal intérieur complique la tâche à bpost, qui entend rester rentable. Mais l'action présente une valorisation intéressante, avec un rapport cours/bénéfice de 14, une valeur d'entreprise correspondant à 7 fois le cash-flow opérationnel et un rendement du dividende de 5,7%. bpost reste digne d'achat en tant qu'action à dividende.Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1BDevise : euroMarché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 4,6 milliards EURC/B 2016 : 14C/B attendu 2017 : 14 Perf. cours sur 12 mois : + 1 %Perf. cours depuis le 01/01 : + 3 %Rendement du dividende : 5,7 %