Alors que bpost avait, au cours des six mois précédents, profité de l'accélération du trafic de colis, les résultats du 4e trimestre n'ont pas été à la hauteur. Malgré une augmentation de 7% du chiffre d'affaires (CA), le bénéfice opérationnel ajusté a reculé de 8,7 millions d'euros (-12,6%). Portées par la crise sanitaire, les activités logistiques auraient pourtant pu doper les chiffres, à l'annonce desquels le cours de l'action a d'ailleurs chuté d'un cinquième. bpost mise pour cette année sur un bénéfice opérationnel ajusté de 265 à 295 millions d'euros, pour 280 millions en 2020. Ce résultat servira de base au calcul du dividende versé en 2022. Aucun dividende ne sera payé cette année. Malgré les opportunités de croissance dans le domaine logi...

Alors que bpost avait, au cours des six mois précédents, profité de l'accélération du trafic de colis, les résultats du 4e trimestre n'ont pas été à la hauteur. Malgré une augmentation de 7% du chiffre d'affaires (CA), le bénéfice opérationnel ajusté a reculé de 8,7 millions d'euros (-12,6%). Portées par la crise sanitaire, les activités logistiques auraient pourtant pu doper les chiffres, à l'annonce desquels le cours de l'action a d'ailleurs chuté d'un cinquième. bpost mise pour cette année sur un bénéfice opérationnel ajusté de 265 à 295 millions d'euros, pour 280 millions en 2020. Ce résultat servira de base au calcul du dividende versé en 2022. Aucun dividende ne sera payé cette année. Malgré les opportunités de croissance dans le domaine logistique, bpost n'offre à l'heure actuelle que peu de perspectives aux investisseurs.La société de droit public se distingue par trois aspects. Un, moins de 50% de son bénéfice opérationnel dépend encore du trafic postal traditionnel, une activité durement touchée par la crise sanitaire, sans compter qu'elle déclinait structurellement depuis plusieurs années déjà. Le volume de courrier s'est tassé de 11,8% au 4e trimestre (de -5,5%, un an plus tôt). Le courrier publicitaire a particulièrement souffert de la fermeture des commerces non essentiels. bpost n'a pas adapté assez rapidement ses dépenses à la baisse des volumes, en raison notamment de l'augmentation des coûts salariaux. Le bénéfice opérationnel ajusté du pôle courrier et retail est passé de 51,5 à 34,3 millions d'euros au 4e trimestre (-33%). Le contrecoup subi au 4e trimestre, mais aussi sur l'ensemble de l'exercice, n'a pas été compensé par le surcroît de bénéfice opérationnel issu des activités logistiques. Deux, les activités logistiques se sont avérées insuffisamment modulables. Leur CA a beau avoir augmenté, au 4e trimestre, de 60 millions d'euros (+56%) au Benelux et de 82 millions (+35%) en Europe, le bénéfice opérationnel supplémentaire ne dépasse pas 8,6 millions d'euros, la majeure partie de l'accroissement du CA ayant été absorbée par la hausse des coûts. bpost confie à son réseau traditionnel la distribution d'une partie des colis, une organisation hybride qui n'a à l'évidence pas été en mesure d'absorber les surcroîts de volumes d'une manière aussi rentable qu'au 4e trimestre de 2019 - l'entreprise a dû faire appel à des sous-traitants, coûteux, et à du personnel supplémentaire. L'efficacité de la livraison des colis, surtout en période d'intense activité, devrait faire partie des priorités de la direction. Les résultats de Radial, l'activité logistique nord-américaine, s'améliorent lentement (bénéfice opérationnel sous-jacent de 23 millions d'euros au 4e trimestre). Trois, bpost a un problème de gouvernance, que le licenciement de Jean-Paul Van Avermaet n'a pas résolu. Le conseil d'administration n'est pas intervenu ces derniers mois, alors que la position du CEO était devenue intenable, et préjudiciable à l'entreprise: c'est le gouvernement, actionnaire majoritaire, qui l'a forcé à le remercier. Or un groupe en pleine mutation doit pouvoir compter sur une direction et un conseil déterminés.Les résultats déçoivent. La faible modularité des activités logistiques belges a empêché bpost de compenser la baisse des revenus du courrier traditionnel. Le problème des coûts est persistant. A un rapport cours/bénéfice de 9, la valorisation est faible, mais la mollesse de la direction est un handicap de plus. Nous conseillons donc de conserver le titre. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 8,2 eurosTicker: BPOSTCode ISIN: BE0974268972Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,65 milliard EURC/B 2020: 9C/B attendu 2021: 9Perf. cours sur 12 mois: +36%Perf. cours depuis le 01/01: -4%Rendement du dividende: -