bpost, dont les chiffres du 4e trimestre de 2020 étaient médiocres, a surpris fin mars par la solidité de ses résultats et de ses perspectives. L'entreprise pronostique pour 2021 un bénéfice opérationnel d'au moins 310 millions d'euros, contre 265-295 millions d'euros précédemment. La raison de ce spectaculaire revirement tient notamment au mode de distribution des colis. A la fin de l'an dernier, bpost avait dû engager davantage de sous-traitants et d'intérimaires pour traiter les surcroîts de volumes, ce qui avait presque entièrement absorbé le supplément de chiffre d'affaires. Un constat douloureux, d'autant que la concurrence (lisez: PostNL) avait, elle, réussi à rentabiliser l'accélération des envois. Mais les choses ont donc changé, grâce à la ...

bpost, dont les chiffres du 4e trimestre de 2020 étaient médiocres, a surpris fin mars par la solidité de ses résultats et de ses perspectives. L'entreprise pronostique pour 2021 un bénéfice opérationnel d'au moins 310 millions d'euros, contre 265-295 millions d'euros précédemment. La raison de ce spectaculaire revirement tient notamment au mode de distribution des colis. A la fin de l'an dernier, bpost avait dû engager davantage de sous-traitants et d'intérimaires pour traiter les surcroîts de volumes, ce qui avait presque entièrement absorbé le supplément de chiffre d'affaires. Un constat douloureux, d'autant que la concurrence (lisez: PostNL) avait, elle, réussi à rentabiliser l'accélération des envois. Mais les choses ont donc changé, grâce à la diminution des volumes et à la politique d'affectation des facteurs à la livraison de colis. Le réseau de facteurs, dont les coûts fixes sont élevés, a été à ce point mieux utilisé que la division postale a pu facturer 60 millions d'euros au pôle Colis. Lequel profite lui aussi de ce changement d'organisation, puisque l'utilisation des facteurs est moins coûteuse que l'intervention de tiers. Si bpost parvient à rentabiliser l'acheminement des colis, y compris lorsque les volumes sont élevés, les dérapages comme ceux du 4e trimestre appartiendront au passé. Dirk Tirez, le CEO ad interim, précise que l'entreprise commence déjà à planifier les envois de la fin de cette année et que la croissance des volumes devra impérativement se traduire par une augmentation des bénéfices. La division Colis a achevé le 1er trimestre sur un bénéfice opérationnel en hausse de 120%, à 37,3 millions d'euros, à quoi s'est ajoutée une nette amélioration (+13%) de la marge bénéficiaire. Contre toute attente, la distribution de courrier a elle aussi légèrement contribué au rebond des résultats: le repli moins marqué que prévu des volumes, l'augmentation du prix du timbre et le chiffre d'affaires des services fournis au pôle Colis ont permis au bénéfice opérationnel d'augmenter de 8,6%. A plus long terme toutefois, les bénéfices de l'activité traditionnelle continueront à souffrir du désamour à l'égard du papier; la direction prévoit un recul de 8% des volumes cette année, or le courrier représente toujours plus de la moitié des bénéfices du groupe. Dirk Tirez a annoncé la préparation d'une réponse structurelle à cet effritement, sous la forme d'un modèle de distribution mieux adapté aux attentes des clients. bpost mise par ailleurs de plus en plus sur le déploiement d'activités logistiques, comme la prise en charge de l'intégralité du traitement du commerce électronique d'autres entreprises. Ce qu'elle fait d'ores et déjà aux Etats-Unis par l'intermédiaire de sa filiale Radial, dont les résultats s'améliorent lentement mais sûrement: son bénéfice opérationnel s'est élevé au 4e trimestre à 8,2 millions d'euros, un chiffre légèrement supérieur aux prévisions. Les 200 à 220 millions d'euros qui seront investis cette année seront principalement consacrés au renforcement des activités logistiques aux Etats-Unis et en Europe.Les résultats du 1er trimestre suggèrent que la faiblesse constatée à la fin de l'année dernière tenait davantage de l'accident que de l'absence de rentabilité. bpost promet de mieux gérer sa distribution de colis. Le bénéfice opérationnel de l'activité logistique, futur vecteur de croissance, gagne lentement du terrain. A un rapport cours/bénéfice de 10, la valorisation est parfaite. Nous recommandons désormais d'acheter. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 10,13 eurosTicker: BPOSTCode ISIN: BE0974268972Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 2,03 milliards EURC/B 2020: 10C/B attendu 2021: 10Perf. cours sur 12 mois: +71%Perf. cours depuis le 01/01: +20%Rendement du dividende: 4,4%