L'ascension du cours du pétrole consécutive à l'accord conclu au sein de l'OPEP sur une réduction de la production est une bénédiction pour les grands groupes énergétiques. Les résultats du troisième trimestre ont en effet légèrement déçu sous l'effet d'une baisse combinée des cours du pétrole et des marges de raffinage. Les cash-flows constituent le paramètre crucial des rapports trimestriels. Comme il n'est pas question, jusqu'à nouvel ordre, de remettre en cause les dividendes élevés de groupes comme Shell et BP, ils doivent dépasser les rémunérations des actionnaires et les dépenses d'investissement. Or ce ne fut pas le cas au troisième trimestre, raison pour laquelle la dette a encore augmenté.
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L'ascension du cours du pétrole consécutive à l'accord conclu au sein de l'OPEP sur une réduction de la production est une bénédiction pour les grands groupes énergétiques. Les résultats du troisième trimestre ont en effet légèrement déçu sous l'effet d'une baisse combinée des cours du pétrole et des marges de raffinage. Les cash-flows constituent le paramètre crucial des rapports trimestriels. Comme il n'est pas question, jusqu'à nouvel ordre, de remettre en cause les dividendes élevés de groupes comme Shell et BP, ils doivent dépasser les rémunérations des actionnaires et les dépenses d'investissement. Or ce ne fut pas le cas au troisième trimestre, raison pour laquelle la dette a encore augmenté. Le 30 septembre, la dette nette de BP atteignait 32,4 milliards de dollars (USD), contre 25,6 milliards USD il y a un an. Le taux d'endettement est ainsi passé de 20% l'an dernier à près de 26%, mais toujours dans la fourchette de 20 à 30% fixée par le groupe. BP affirme que ses cash-flows couvriront les dépenses d'investissement et les versements de dividendes l'an prochain si le cours du pétrole se maintient entre 50 et 55 USD. Si l'on inclut les ventes d'actifs prévues, la position d'endettement devrait même diminuer. BP a déjà vendu pour 2,7 milliards USD d'actifs cette année, dont une partie de sa participation dans Castrol India. Le groupe a également réduit ses dépenses d'investissement prévues pour cette année à 16 milliards USD, alors que les prévisions précédentes faisaient état de 17 à 19 milliards USD. Pour 2017, on évoque un montant entre 15 et 17 milliards USD. Au troisième trimestre, le cours moyen du pétrole est resté à peu près inchangé par rapport au deuxième trimestre, mais est en nette baisse par rapport à l'an dernier. La division Upstream (production et exploration) a essuyé une perte de 224 millions USD, contre un bénéfice de 823 millions USD il y a un an. Le géant britannique a vu sa production diminuer de près de 6%, à 2,11 millions de barils par jour. Il entend augmenter la production annuelle de 800.000 barils par jour d'ici 2020. De nouvelles capacités de production représentant 500.000 barils par jour devraient déjà être opérationnelles à la fin de l'an prochain. Cinq grands projets qui auront un impact positif sur la production à partir de 2017 ont été lancés cette année. La contribution au bénéfice de la participation dans le groupe russe Rosneft est également restée en deçà des attentes. La contribution des actifs russes s'établit à 120 millions USD, contre encore 382 millions USD il y a un an. Dans la division Downstream, le bénéfice a baissé de 2,3 à 1,4 milliard USD. Les marges de raffinage se sont contractées de 42% sur une base annuelle, à 11,6 USD le baril. La baisse des réserves de produits pétroliers devrait toutefois permettre un redressement des marges. Enfin, le bénéfice net au niveau du groupe a régressé de 48,7%, à 933 millions USD. Il dépassait cependant les prévisions de plus de 300 millions USD. Le dividende a été maintenu, ce qui signifie que le rendement du dividende atteint près de 7%. ConclusionLes cash-flows évoluent favorablement mais sont encore insuffisants pour compenser les dépenses d'investissement et le remboursement des dettes. Par conséquent, l'endettement continue à s'accroître. Cette tendance négative doit prendre fin l'an prochain. Nous nous attendons à une division Upstream plus performante au cours des trimestres à venir. Côté Downstream, les marges de raffinage sont déjà en hausse par rapport au trimestre écoulé. À 1,2 fois la valeur comptable et avec un rendement de dividende de près de 7%, BP est toujours digne d'achat. Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1BDevise : livreMarché : LondresCapitalisation boursière : 88,2 milliards de livresC/B 2015 : 32C/B attendu 2016 : 15Perf. cours sur 12 mois : +31 %Perf. cours depuis le 01/01 : +32 %Rendement du dividende : 6,8 %