Les actionnaires de BP gardent un souvenir amer de la décennie écoulée. Après la catastrophe survenue dans le golfe du Mexique (2010; explosion d'une plateforme et marée noire), le groupe a été contraint de céder des actifs. Il a, de fait, produit moins de pétrole, comme en ont témoigné le chiffre d'affaires et les cash-flows. La correction des cours de l'or noir, ensuite, n'a rien arrangé à la situation. Lentement toutefois, BP a remonté la pente. La compagnie a encore dû débourser 14 milliards de dollars au titre de dédommagements, sur les trois dernières années. Mais depuis septtrimestres, elle surpasse les attentes.
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Les actionnaires de BP gardent un souvenir amer de la décennie écoulée. Après la catastrophe survenue dans le golfe du Mexique (2010; explosion d'une plateforme et marée noire), le groupe a été contraint de céder des actifs. Il a, de fait, produit moins de pétrole, comme en ont témoigné le chiffre d'affaires et les cash-flows. La correction des cours de l'or noir, ensuite, n'a rien arrangé à la situation. Lentement toutefois, BP a remonté la pente. La compagnie a encore dû débourser 14 milliards de dollars au titre de dédommagements, sur les trois dernières années. Mais depuis septtrimestres, elle surpasse les attentes. Au troisième trimestre (août à octobre), le bénéfice net sous-jacent a doublé à 3,84 milliards de dollars en un an (consensus: 3,1 milliards). Sur la période, BP a encaissé en moyenne un peu moins de 70 dollars par baril à peine, mais grâce aux économies réalisées, le bénéfice par action est plus élevé aujourd'hui qu'en 2014, quand le baril coûtait plus de 100 dollars. Si l'on tient compte des travaux de maintenance et des interruptions temporaires, la production a progressé de 6,8%, à 2,46 millions de barils par jour. Grâce à sa participation (19,75%) dans la compagnie russe Rosneft, BP a compté 1,2 million de barils supplémentaires. La direction prévoit une augmentation de la production à 900.000 barils d'ici à 2021. L'an dernier, le groupe a proposé à BHP Billiton de racheter sa branche américaine de production de gaz et pétrole de schiste pour 10,5 milliards de dollars. Or au terme du troisième trimestre, BP accusait une dette nette de 39,2 milliards. Cela correspond à un taux d'endettement de 27,5%, que BP entend avoir ramené autour de 25% fin 2019. Il est cependant fort probable que le taux remonte légèrement à court terme, car BP va payer au comptant la branche de BHP qu'il acquiert. L'idée initiale était de payer la moitié en actions. Cependant, l'émission de nouvelles actions aurait dilué la participation des actionnaires existants. Par conséquent, BP avait proposé de racheter ensuite celles-ci. Mais à la réflexion, comme la compagnie peut se financer à des conditions favorables, la direction a décidé de régler la totalité de la facture en numéraire. Le programme de rachats d'actions propres continue à courir. Compte tenu de la baisse des cash-flows qui résulte de l'effondrement des prix de l'énergie au quatrième trimestre (qui, pour BP, s'achève), le taux pourrait dépasser, temporairement, 30%. En compensation, les produits de la vente d'actifs excédentaires, estimés à cinq à six milliards de dollars, seront affectés à la réduction de l'endettement. BP table sur des cash-flows disponibles de l'ordre de 14-15 milliards de dollars par an à compter de 2021. Ces prévisions se fondent sur un baril (de Brent) à 55 dollars. Toute variation de ce prix de 10 dollars aura une incidence de 9 milliards de dollars sur les cash-flows disponibles. Depuis le relèvement du dividende l'an dernier - le premier depuis 2014 -, BP affiche un rendement supérieur à celui de Shell et de Total. Traditionnellement, les compagnies pétrolières américaines sont moins généreuses en dividendes et présentent dès lors des valorisations plus élevées. Plusieurs de ses 16 projets en pipeline assureront un retour à la croissance de la production de BP au cours des années à venir. En attendant, c'est des cours du pétrole que dépendra l'action. L'on peut s'attendre à ce que le quatrième trimestre soit moins bon que les précédents. Le dividende n'est cependant pas en péril et les rachats d'actions devraient suivre leur cours. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 519,8 penceTicker: BP.LNCode ISIN: GB00007980591Marché: London Stock ExchangeCapit. boursière: 106,1 milliards GBPC/B 2018: 15C/B attendu 2019: 13Perf. cours sur 12 mois: +5%Rendement du dividende: 6,2%