Sibanye est né en 2013 de la scission de Gold Fields, dont il a hérité les mines sud-africaines matures. Son programme de restructuration lui a permis de comprimer les coûts et de prolonger la durée de vie des mines. Peu gourmand en capitaux, le groupe, qui s'était positionné comme une action de dividende, a généré des cash-flows élevés, dont une grande part a effectivement été versée sous forme de dividende.
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Sibanye est né en 2013 de la scission de Gold Fields, dont il a hérité les mines sud-africaines matures. Son programme de restructuration lui a permis de comprimer les coûts et de prolonger la durée de vie des mines. Peu gourmand en capitaux, le groupe, qui s'était positionné comme une action de dividende, a généré des cash-flows élevés, dont une grande part a effectivement été versée sous forme de dividende. Toutefois, ne pouvant vivre de quelques anciennes mines aurifères, il s'est rapidement diversifié - dans le segment des platinoïdes (platine, palladium et rhodium). En avril 2016, il rachetait Aquarius Platinum et, quelques mois plus tard, plusieurs mines du géant Amplats. Mais la véritable avancée fut l'incorporation de l'américain Stillwater Mining, le plus grand producteur de platine et de palladium hors Afrique du Sud et Russie. Le coût de l'opération (2,2 milliards de dollars) excédait la valeur qu'avait à l'époque Sibanye, ce qui ne l'empêcha pas d'obtenir le financement nécessaire. La dilution a toutefois pesé sur le cours. Insatiable, Sibanye entend désormais s'offrir son compatriote Lonmin, pour un montant de 285 millions de livres sterling; si les autorités de la concurrence avalisent la transaction, il supprimera plus d'un tiers du personnel, pour alléger d'ici à 2021 les dépenses de 1,5 milliard de rands (ZAR), ou 113 millions de dollars, par an. Sibanye a par ailleurs perçu, à la suite d'un échange d'actifs, une participation de 38% dans DRDGold. Cependant, les prix des métaux précieux sont partis à la baisse. Le platine n'évoluait plus depuis un certain temps déjà et après deux années record, le prix du palladium a lui aussi flanché. L'action a dévissé à l'annonce, récente, de la suppression du dividende; plusieurs tremblements de terre ont par ailleurs occasionné des problèmes de nature opérationnelle. Sibanye a revu à la baisse ses prévisions de production pour 2018, à 1,17-1,21 million d'onces troy (-6%), pour un coût total de 1.227-1.263 dollars l'once - soit, au prix actuel de l'or, une marge bénéficiaire infime. Le groupe a produit l'an dernier 1,4 million d'onces troy d'or, au coût de 1.128 dollars. La production sud-africaine de platinoïdes a atteint 1,19 million d'onces (compte tenu de la production de Stillwater sur huit mois, soit 376.000 onces). La perte nette pour l'exercice 2017 s'est établie à 4,4 milliards ZAR, contre un bénéfice de 3,5 milliards ZAR un an plus tôt. La dette atteignait 1,7 milliard de dollars, dont l'essentiel viendra à échéance après 2022. Le groupe dispose de liquidités et d'une ligne de crédit de 309 millions de dollars et la récente conclusion d'un contrat de streaming avec Wheaton Precious Metals (WPM) va significativement améliorer sa trésorerie. WPM rachètera une partie de la production d'or et de palladium des mines Stillwater et East Boulder, à 18% d'abord, 22% ensuite, du prix spot. WPM paiera dans ce cadre 500 millions de dollars à Sibanye.L'endettement élevé, la suppression du dividende, les contrecoups opérationnels et la baisse des prix des métaux précieux affectent considérablement Sibanye, dont l'action est retombée à un plancher historique, depuis plusieurs trimestres. Le contrat de streaming avec WPM est une véritable bouffée d'oxygène. Le potentiel de l'actif demeure intéressant, mais les prix (et les cash-flows) doivent remonter. A 0,65 fois à peine la valeur comptable, une grande partie des mauvaises nouvelles est intégrée dans le cours. Sibanye reste digne d'achat pour l'investisseur conscient des risques. Conseil : acheterRisque : élevéRating : 1CCours : 2,33 dollarsTicker : SBGLCode ISIN : US8257242060Marché : New York Stock ExchangeCapit. boursière : 1,29 milliard USDC/B 2017 : /C/B attendu 2018 : 9Perf. cours sur 12 mois : -48,7 %Perf. cours depuis le 01/01 : -52 %Rendement du dividende : /