Durant les premiers jours de cette nouvelle année, le premier groupe de dragage au monde a déjà annoncé une reprise : les activités de dredging, rachetées à STRABAG Wasserbau, qu'on connaît également sous le nom de Möbius Wasserbau, le leader de marché en Allemagne. Le prix convenu s'élève à 70 millions EUR pour les activités rachetées, qui produisent un chiffre d'affaires (CA) annuel de 50 millions EUR. Ces dernières années, l'action Boskalis est clairement en retrait, à plus forte raison en comparaison avec son pair belge CFE. Sur les douze derniers mois, la différence entre la prestation de CFE (+29%) et celle de l'action Boskalis (-13%) est énorme. Le mérite revient e...

Durant les premiers jours de cette nouvelle année, le premier groupe de dragage au monde a déjà annoncé une reprise : les activités de dredging, rachetées à STRABAG Wasserbau, qu'on connaît également sous le nom de Möbius Wasserbau, le leader de marché en Allemagne. Le prix convenu s'élève à 70 millions EUR pour les activités rachetées, qui produisent un chiffre d'affaires (CA) annuel de 50 millions EUR. Ces dernières années, l'action Boskalis est clairement en retrait, à plus forte raison en comparaison avec son pair belge CFE. Sur les douze derniers mois, la différence entre la prestation de CFE (+29%) et celle de l'action Boskalis (-13%) est énorme. Le mérite revient en premier lieu à AvH, qui a placé l'accent sur l'activité de dragage de CFE en priorité, et moins sur les activités de la construction. Cela dit, l'immense écart de cours est également la conséquence d'une stratégie erronée de Boskalis : un accent moins placé sur le dragage et une attention portée sur la diversification avec, au cours des 5 dernières années, les reprises de SMIT Internationale (sauvetage, remorquage de navires et dégagement d'épaves) et Dockwise (spécialisation : déplacement de plateformes offshore extrêmement lourdes). Ce qui a permis de diversifier davantage les revenus mais a été mal accueilli en Bourse du fait de la faiblesse des prix de l'énergie et donc du ralentissement de l'activité des prestataires de services pétroliers. A cela s'ajoute le dossier Fugro. Ce prestataire de services pétroliers néerlandais est spécialisé dans la collecte et l'interprétation de données relatives à la surface terrestre, aux sols et roches. Un segment du secteur pétrolier qui se trouve actuellement en phase initiale de recherche et d'exploration, et est donc encore très sensible aux fluctuations du prix du pétrole. L'an dernier, l'action a pris une raclée. Jusqu'à l'automne, Boskalis semblait intéressé par Fugro et avait commencé à accumuler une participation. Selon l'annonce la plus récente, Boskalis a déjà 25,1% de Fugro en mains. Comme chez nous, aux Pays-Bas, il est également obligatoire de lancer une offre sur l'ensemble des titres dès lors que le seuil de 30% est atteint. Une majorité des analystes pense donc qu'une acquisition suivra tôt ou tard. Au grand dam de Fugro, qui ne voit pas du tout d'un bon oeil la participation de plus en plus lourde de Boskalis dans son groupe. Les résultats semestriels de Boskalis ont fait état d'un CA " record " de 1,57 milliard EUR, mais aussi d'un bénéfice " record " de 306,5 millions EUR nets, soit nettement mieux que ce que les analystes avaient prévu en moyenne (188 millions EUR). Le carnet de commandes a cependant reculé à 3 milliards EUR ou près d'une fois le CA annuel. Le trading update du 3e trimestre nous apprend que le carnet de commandes a encore baissé à 2,8 milliards EUR. L'an dernier, les activités de dragage représentaient 53% du CA, l'Offshore Energy (avec Dockwise) 39% et SMIT 9%. Sur la base d'un nombre de plus en plus grand de critères de valorisation, Boskalis est désormais moins cher que CFE. A 10 fois le bénéfice attendu pour 2015 et 12,5 fois celui de 2016, et un rapport de 7,5 fois la valeur d'entreprise (EV) sur le cash-flow opérationnel, l'action n'est pas chère, mais la baisse du carnet de commandes nous incite à abaisser le conseil, par prudence.Conseil : conserver/attendreRisque : faibleRating : 2A