Il y a un an et demi, le plus grand armateur au monde a pris place en portefeuille dans le cadre du thème Consommation de la classe moyenne en plein essor des pays émergents. A posteriori, ce choix se justifie bien sûr, mais nous avons également eu la chance de pouvoir vendre l'action en réalisant une plus-value de plus de 20%. Car depuis lors, l'action est en retrait. Quelques chiffres à titre d'illustration. Depuis qu'Ackermans & van Haaren (AvH) a repris le flambeau de CFE en septembre 2013, l'action belge a rebondi de 176%, contre +51% pour Boskalis. Depuis le début d'année, l'écart est également manifeste : +33% pour CFE contre une légère baisse pour l'action Bos...

Il y a un an et demi, le plus grand armateur au monde a pris place en portefeuille dans le cadre du thème Consommation de la classe moyenne en plein essor des pays émergents. A posteriori, ce choix se justifie bien sûr, mais nous avons également eu la chance de pouvoir vendre l'action en réalisant une plus-value de plus de 20%. Car depuis lors, l'action est en retrait. Quelques chiffres à titre d'illustration. Depuis qu'Ackermans & van Haaren (AvH) a repris le flambeau de CFE en septembre 2013, l'action belge a rebondi de 176%, contre +51% pour Boskalis. Depuis le début d'année, l'écart est également manifeste : +33% pour CFE contre une légère baisse pour l'action Boskalis. Le mérite revient en premier lieu à AvH, qui a placé l'accent sur l'activité de dragage de CFE en priorité, et moins sur les activités de la construction. Cela dit, l'immense écart de cours est également la conséquence d'une stratégie erronée de Boskalis : un accent moins placé sur le dragage et une attention portée sur la diversification avec, au cours des cinq dernières années, les reprises de SMIT Internationale (assistance aux navires, remorquage et dégagement des épaves) et Dockwise (déplacement de plateformes offshore extrêmement lourdes). Cela a permis de diversifier davantage les revenus mais a été mal accueilli en Bourse du fait de la faiblesse des prix de l'énergie et donc du ralentissement de l'activité des prestataires de services pétroliers. A cela s'ajoute le dossier Fugro. Ce prestataire de services pétroliers néerlandais est spécialisé dans la collecte et l'interprétation des données géologiques (sols et roches). Un segment du secteur pétrolier qui se trouve actuellement en phase initiale de recherche et d'exploration, et est donc encore très sensible aux fluctuations du prix du pétrole. L'an dernier, l'action a pris une raclée. Jusqu'à l'automne, Boskalis semblait intéressé par Fugro et avait commencé à accumuler une participation. Selon l'annonce la plus récente, Boskalis a déjà 25,1% de Fugro en mains. Comme chez nous, aux Pays-Bas, il est également obligatoire de lancer une offre sur l'ensemble des titres dès lors que le seuil de 30% est atteint. Une majorité des analystes pense donc qu'une acquisition suivra tôt ou tard. Au grand dam de Fugro, qui ne voit pas du tout d'un bon oeil la participation de plus en plus lourde de Boskalis dans son groupe. Les investisseurs ne sont pas davantage unanimes. Les résultats annuels de Boskalis font état d'un chiffre d'affaires (CA) record de 3,2 milliards EUR et d'un bénéfice record de 490 millions EUR net. Le carnet de commandes est stable, à 3,3 milliards EUR, ce qui représente une fois le CA annuel. Récemment, un important contrat d'une valeur de 500 millions EUR a été décroché pour le parc éolien offshore Veja Mate. Notons le relèvement de dividende de 29%, à 1,60 EUR par action. L'an dernier, les activités de dragage représentaient 53% du CA, celles d'Offshore energy (notamment Dockwise) 39%, et de SMIT 9%. ConclusionSelon plusieurs critères de valorisation, Boskalis est désormais moins chère que CFE. A 15 fois le bénéfice attendu et un rapport de 9 fois la valeur d'entreprise par rapport au cash-flow opérationnel (EBITDA), l'action est assez bon marché pour mériter un relèvement de conseil. Nous prévoyons cependant un redressement progressif.Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1A