Le cours de Boskalis a été multiplié par 10 (de 5 à 50 euros) entre 2003 et le printemps 2015. Mais les choses se sont gâtées ces dernières années. Et les résultats semestriels publiés fin août par le plus grand acteur mondial du dragage ont de nouveau livré un tableau mitigé. Pas encore de quoi regagner la pleine confiance des investisseurs.
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Le cours de Boskalis a été multiplié par 10 (de 5 à 50 euros) entre 2003 et le printemps 2015. Mais les choses se sont gâtées ces dernières années. Et les résultats semestriels publiés fin août par le plus grand acteur mondial du dragage ont de nouveau livré un tableau mitigé. Pas encore de quoi regagner la pleine confiance des investisseurs. L'entreprise a pourtant publié quelques bonnes nouvelles aussi, à commencer par l'évolution du chiffre d'affaires (CA). Ce dernier a une nouvelle fois progressé, passant de 1,17 à 1,27 milliard d'euros sur les six premiers mois de l'année, soit une hausse de 8,6% par rapport au premier semestre de 2018. Un plancher semble donc avoir été atteint en 2017 (où le CA annuel s'élevait à 2,34 milliards d'euros). Certes, le redressement reste lent. Le record établi par le groupe en 2015, à 3,2 milliards d'euros, semble encore loin. S'agissant de la rentabilité cependant, le premier semestre n'a apporté aucune amélioration. Le cash-flow d'exploitation (Ebitda) a reculé de près de 19% (de 167,2 à 135,7 millions d'euros). Pour 2019, la direction table toujours sur un Ebitda égal à celui de l'exercice précédent (353,6 millions d'euros), ce qui laisse augurer une amélioration sensible au deuxième semestre. Si l'Ebitda a manqué le consensus de 25 à 30 millions d'euros, c'est parce que l'entreprise a constitué une provision de quelque 100 millions d'euros dans les activités de câblage (Offshore Energy) pour tenir compte de contrats éoliens offshore déficitaires. Heureusement, une plus-value exceptionnelle de 42,2 millions d'euros a été réalisée sur la liquidation de la participation dans la joint-venture Kotug Smit Towage et sur la vente d'un navire. Les chiffres du premier semestre de 2018 incluaient une charge exceptionnelle de 397 millions d'euros en raison de la cession des activités de transport peu rentables au sein de la division Offshore Energy - qui avait entraîné un dévissage de l'action. Dans cette optique, l'évolution du bénéfice opérationnel (Ebit), de -349,6 millions d'euros à +9,1 millions d'euros, semble bien plus favorable, même si ce dernier reste nettement en deçà des attentes des analystes. Le résultat net a connu un sort similaire. Il est passé de -361,4 millions d'euros à +1,3 million d'euros (0,01 euro par action), mais manque le consensus de 35 millions. Il convient de souligner la bonne surprise qu'a réservée le pôle Dragage et infrastructures, l'un des piliers du groupe: à 733 millions d'euros, son CA dépasse le consensus de 51 millions d'euros. L'Ebitda (125 millions d'euros) est lui aussi supérieur à la fourchette attendue par les analystes (117 à 124 millions d'euros). C'est donc dans la division Offshore Energy que le bât blesse. Le rachat de SMIT Internationale (spécialisé dans le remorquage de navires, le renflouement et le stockage des épaves) et de Dockwise (spécialisé dans le déplacement de lourdes plateformes offshore) ne porte pas l'activité comme espéré. Autre élément digne d'être mentionné: le carnet de commandes reste bien garni. Il valait 4,36 milliards d'euros à fin juin, contre 4,29 milliards fin 2018 et 3,88 milliards d'euros mi-2018.La provision importante constituée pour les activités de câblage a quelque peu faussé les résultats semestriels. Le deuxième semestre devrait enfin apporter l'amélioration attendue. L'action semble être à nouveau dans une dynamique haussière. Elle est fondamentalement bien moins chère que ces dernières années, puisqu'elle s'échange à une fois la valeur comptable, contre 2,3 fois en 2010. Nous avons dès lors relevé notre conseil. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 18,45 eurosTicker: BOKA NACode ISIN: NL0000852580Marché: Euronext AmsterdamCapit. boursière: 2,50 milliards EURC/B 2018: 32C/B attendu 2019: 27Perf. cours sur 12 mois: -21%Perf. cours depuis le 01/01: -15%Rendement du dividende: 2,7%