L'actuelle Agfa est en bout de course. Elle a mis à l'épreuve la patience des actionnaires, ces dernières années. Mais, on le sait, la direction oeuvre depuis un temps à la mutation de l'entreprise. La scission puis la vente, partielle ou non, des activités informatiques de la division médicale seront créatrices de valeur. Avec le produit de la vente, l'entreprise pourra investir dans la croissance de toutes ses divisions. Des ressources financières supplémentaires lui sont indispensables pour qu'elle puisse participer activement à la nécessaire consolidation du secteur graphique _ le segment du prépresse passe de l'analogique au numérique. La pression concurrentielle y étant intense, chaque hausse des prix des matières premières érode les m...

L'actuelle Agfa est en bout de course. Elle a mis à l'épreuve la patience des actionnaires, ces dernières années. Mais, on le sait, la direction oeuvre depuis un temps à la mutation de l'entreprise. La scission puis la vente, partielle ou non, des activités informatiques de la division médicale seront créatrices de valeur. Avec le produit de la vente, l'entreprise pourra investir dans la croissance de toutes ses divisions. Des ressources financières supplémentaires lui sont indispensables pour qu'elle puisse participer activement à la nécessaire consolidation du secteur graphique _ le segment du prépresse passe de l'analogique au numérique. La pression concurrentielle y étant intense, chaque hausse des prix des matières premières érode les marges bénéficiaires. Au premier semestre, c'est la hausse des cours de l'aluminium qui a pesé sur le bénéfice. Depuis mai, Agfa répercute ces hausses sur les prix de ses plaques d'impression, mais on en ignore encore l'incidence sur ses ventes. La nouvelle Agfa se fera encore un peu attendre. Le processus de transformation pourrait s'accélérer en 2019 si l'entreprise parvient à vendre à de très bonnes conditions les activités informatiques de sa division médicale. En tout cas, les repreneurs et partenaires potentiels se bousculent. L'on peut espérer qu'en les mettant en concurrence, Agfa fera bien monter les enchères. Au regard de ses charges de pension, l'entreprise peut difficilement récolter des capitaux autrement. Les résultats du deuxième trimestre ont fait l'effet d'une douche froide. Le chiffre d'affaires (CA) s'est contracté de 10%. Ce recul est supérieur aux attentes du marché, mais il est en partie imputable à un euro relativement vigoureux et à l'arrêt de la revente de plaques d'impression aux Etats-Unis, où l'activité était à peine rentable. Et les moteurs de croissance (imprimantes, services informatiques) d'Agfa ne parviennent toujours pas à compenser la baisse du CA enregistrée dans les autres activités. Les ventes d'imprimantes à jet d'encre ont connu un creux, certes temporaire, car les clients attendaient la mise sur le marché des nouveaux modèles avant d'acheter. La division médicale a, elle aussi, vu son CA se contracter (-6%; mais -1,4%, à cours de change constants). Cependant, le CA profitera du recentrage d'Agfa sur son coeur d'activité et des acquisitions/alliances stratégiques à venir. Le partenariat que l'entreprise a conclu la semaine dernière avec le groupe chinois Lucky HuaGuang Graphics pour la vente de plaques d'impression en Chine est prometteur. Agfa y voit "une opportunité unique de croître et d'améliorer sa rentabilité". La marge d'exploitation a reculé de 9,7 à 8,7%, en raison, entre autres, de charges de consultance importantes liées à la scission de la division informatique. Cependant, la direction maintient s'attendre à une marge de 10% pour les années à venir. Dans la forme actuelle d'Agfa, l'objectif implique des cash-flows d'exploitation récurrents (Rebitda) d'environ 250 millions d'euros. Nous attendrions patiemment que la réorganisation d'Agfa-Gevaert soit finalisée. Celle-ci pourrait s'accélérer l'an prochain, si l'entreprise parvient à céder l'activité informatique de la division médicale au prix fort. Le recul constant du CA pèse sur la rentabilité. A un rapport cours/bénéfice de neuf et une valeur d'entreprise correspondant à 11 fois l'Ebitda, la valorisation trahit le scepticisme du marché. Le titre demeure digne d'achat. Conseil : acheterRisque : élevéRating : 1CCours : 3,7 eurosTicker : AGE:BBCode ISIN : BE0003755692Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 628 millions EURC/B 2017 : 17C/B attendu 2018 : 9Perf. cours sur 12 mois : +1 %Perf. cours depuis le 01/01 : -4 %Rendement du dividende : -