Le canadien Agnico-Eagle Mines (AEM) a considérablement investi dans des achats et des extensions ces dernières années. Il devrait désormais pouvoir cueillir les fruits de ses efforts.
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Le canadien Agnico-Eagle Mines (AEM) a considérablement investi dans des achats et des extensions ces dernières années. Il devrait désormais pouvoir cueillir les fruits de ses efforts. Les actifs opérationnels d'AEM sont répartis entre un groupe Nord (Amérique du Nord et Finlande) et un groupe Sud (Mexique). Le Nord s'adjuge quelque 80% de la production consolidée - un avantage indéniable, car le Canada et la Finlande sont, du fait de leur stabilité politique et de leur sécurité juridique, idéaux pour le secteur. La Ronde (Québec) est la plus grande mine du groupe, Canadian Malartic, joint-venture avec Yamana Gold, la deuxième; ensemble, elles assurent la moitié de la production. Meadowbank se verra substituer le projet Amaruq (trois millions d'onces troy de réserves), qui sera opérationnel cette année encore. Au niveau de Meliadine, le démarrage de la production commerciale est imminent. Kittilä (Finlande) représente 10% de la production et 1/5e des réserves consolidées. AEM achève le 4e trimestre et l'ensemble de l'exercice sur des résultats supérieurs aux prévisions. Les 411.000 onces troy d'or produites au 4e trimestre se traduisent par un bénéfice net ajusté de 33,8 millions de dollars, ou 0,14 dollar par action (consensus: 0,03 dollar). En glissement annuel, la production a reculé de 1,71 à 1,63 million d'onces, à cause du repli enregistré chez Meadowbank. Elle est toutefois supérieure au consensus, arrêté à 1,59 million d'onces. Le coût de production total est de 877 dollars l'once, contre 905 un an plus tôt (de 890 à 940 dollars escomptés). C'est la 7e année d'affilée qu'AEM bat ses propres prévisions de production et de coûts. Il achève l'exercice sur une perte nette de 393,7 millions de dollars, presque essentiellement imputable à une (ultime) dépréciation comptable de 389,7 millions sur Canadian Malartic, acquise en 2014. Il a en outre investi l'an dernier près de 1,1 milliard de dollars: à présent que l'essentiel des dépenses consenties à Meliadine et Amaruq sont derrière lui, ce montant sera ramené à 660 millions en 2019. La direction prévoit pour la suite un budget compris entre 500 et 700 millions. Le pipeline reste abondamment garni. Les travaux d'expansion de Kittila ont démarré. Ceux de La Ronde et de Goldex Deep sont au programme; Meliadine sera lui aussi progressivement agrandi. La direction mise pour cette année sur une production record de 1,75 million d'onces, soit davantage que le 1,7 million initialement pronostiqué. A partir de 2020, la production devrait atteindre, voire dépasser, deux millions d'onces. Les investissements engendrent un accroissement des réserves - les réserves prouvées ont augmenté l'an dernier de 7%, à 22 millions d'onces, et ce n'est pas fini. AEM avait, fin 2018, 302 millions de dollars en caisse, et dispose d'une ligne de crédit de 1,2 milliard. Sa dette s'établit à 1,73 milliard. Le dividende trimestriel a été porté de 0,11 à 0,125 dollar.AEM a su gérer l'année de transition que fut 2018, et 2019 se présente bien. Le cours de l'or est certes incontrôlable mais la production prévisionnelle a été relevée et les coûts sont inférieurs aux pronostics. La baisse des besoins en capitaux va provoquer une augmentation des cash-flows et la hausse de la production, compresser les coûts. A 2,2 fois la valeur comptable, AEM affiche une prime par rapport à la moyenne du secteur, ce qui, compte tenu de la qualité des actifs et des perspectives encourageantes, se justifie. Reste digne d'achat. Conseil: acheter (long terme)Risque: moyenRating: 1BCours: 43,76 dollarsTicker: AEM USCode ISIN: CA0084741085Marché: New York Stock ExchangeCapit. boursière: 10,3 milliards USD C/B 2018: 175,3C/B attendu 2019: 76,9Perf. cours sur 12 mois: +2,7%Perf. cours depuis le 01/01: +7,6%Rendement du dividende: 1,1%