Après ses résultats annuels, ce sont aujourd'hui les trimestriels du géant belge de la chimie que le marché salue. Il y a deux mois, le groupe avait surpris par l'annonce de sa scission: fin 2023, les éléments de croissance, comme les matériaux composites destinés à l'aviation, les plastiques pour smartphones et la branche pétrole et gaz Novecare, actuellement sous les feux de la rampe, seront versés dans un pôle "sexy" appelé SpecialtyCo (60% du chiffre d'affaires ou CA consolidé). EssentialCo, le pôle "classique", conservera les activités à faible croissance mais génératrices de flux de trésorerie, comme le carbonate de sodium (activité initiale), le peroxyde d'hydrogène et les adhésifs. Il faut dire que l'action ne se porte pas trop bien depuis...

Après ses résultats annuels, ce sont aujourd'hui les trimestriels du géant belge de la chimie que le marché salue. Il y a deux mois, le groupe avait surpris par l'annonce de sa scission: fin 2023, les éléments de croissance, comme les matériaux composites destinés à l'aviation, les plastiques pour smartphones et la branche pétrole et gaz Novecare, actuellement sous les feux de la rampe, seront versés dans un pôle "sexy" appelé SpecialtyCo (60% du chiffre d'affaires ou CA consolidé). EssentialCo, le pôle "classique", conservera les activités à faible croissance mais génératrices de flux de trésorerie, comme le carbonate de sodium (activité initiale), le peroxyde d'hydrogène et les adhésifs. Il faut dire que l'action ne se porte pas trop bien depuis quelque temps; la panique provoquée par la guerre en Ukraine n'a pas épargné le groupe, une des rares multinationales belges cotées à avoir un pied en Russie (par le biais de la joint-venture Rusvinyl, qui produit des PVC).Rusvinyl avait payé en 2021 à Solvay un dividende de 100 millions d'euros (près d'un euro par action); l'entreprise ayant décidé de suspendre ses activités en Russie, elle va devoir se passer de ce revenu cette année. Jugeant excessive la réaction du cours, nous avions réintégré l'action dans le portefeuille modèle, une décision dont les chiffres du 1er trimestre confirment le bien-fondé, même si le retard sur le Bel 20 et sur l'Euro Stoxx 600 Chemicals n'est pas encore comblé. Les trimestriels sont en tout cas largement supérieurs au consensus. Le CA a bondi de 29% (de 2,373 à 3,055 milliards d'euros); la croissance organique (hors cessions et acquisitions) est de 26,1%. Il a également dépassé de 11% les prévisions des analystes. Les trois divisions ont fait de 7% à 12% mieux que le consensus. Les Solutions (dont Novecare, formulations apportant des fonctionnalités spécifiques aux liquides) ont vu leur CA trimestriel augmenter de 27% d'une année sur l'autre. Le CA des Matériaux (polymères à haute performance et technologies composites) s'est envolé de 28%, celui de la Chimie ("ancien" Solvay; produits intermédiaires, comme la soude, le bicarbonate de sodium et le peroxyde d'hydrogène), de 31%. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) sous-jacent bat de 18% le consensus, arrêté à 605 millions d'euros: il a progressé de 22% (+20,1% en termes organiques), passant de 583 à 712 millions d'euros, ce qui signifie que la direction a raisonnablement bien géré l'envolée des coûts - la marge d'Ebitda a accusé un recul minime, de 24,6% au 1er trimestre de 2021 à 23,3% cette fois. Sur ce plan, ce sont les Solutions qui ont le plus surpris, puisque leur marge d'Ebitda a augmenté de 37%, à 238 millions d'euros; c'est 25% de mieux que le consensus, mais aussi plus que la hausse du CA. Le bénéfice opérationnel sous-jacent a grimpé de 382 à 526 millions d'euros (+38%; 29% de mieux que le consensus). Le bénéfice net sous-jacent s'est hissé de 240 à 369 millions d'euros (+54%; 43%). Malgré la suspension des activités en Russie, la direction peut relever l'Ebitda prévisionnel pour l'exercice, et pronostiquer pour 650 millions d'euros au moins de flux de trésorerie disponibles.Nous avions profité de la baisse du cours pour réintégrer l'action dans le portefeuille modèle. Solvay a depuis prouvé, grâce notamment à sa stricte maîtrise des coûts, sa capacité à faire face à la crise et à préserver raisonnablement ses marges. A un peu plus de 9 fois le bénéfice escompté pour 2022, le titre est (trop) bon marché. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 91,38 eurosTicker: SOLB BBCode ISIN: BE0003470755Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 9,78 milliards EURC/B 2021: 8 C/B attendu 2022: 9Perf. cours sur 12 mois: -20%Perf. cours depuis le 01/01: -12%Rendement du dividende: 4,3%