Cette fois pas de gain de cours à l'annonce des résultats : Belgacom a même plongé de 9%. Mais ce repli est surtout lié à une amende de près de 2 milliards EUR qui menaçait le groupe de télécommunications. Cette amende est elle-même liée à un procès intenté par son concurrent Base en 2003, soutenu un an plus tard par Mobistar. Ces deux concurrents accusent Belgacom d'avoir abusé, au travers de sa filiale mobile Proximus, de sa position dominante sur le marché mobile, entre 1999 et 2004. Les points litigieux sont les tarifs de terminaison que les opérateurs se facturent pour l'utilisation de leurs réseaux respectifs. Pendant de longues années, Proximus aurait ...

Cette fois pas de gain de cours à l'annonce des résultats : Belgacom a même plongé de 9%. Mais ce repli est surtout lié à une amende de près de 2 milliards EUR qui menaçait le groupe de télécommunications. Cette amende est elle-même liée à un procès intenté par son concurrent Base en 2003, soutenu un an plus tard par Mobistar. Ces deux concurrents accusent Belgacom d'avoir abusé, au travers de sa filiale mobile Proximus, de sa position dominante sur le marché mobile, entre 1999 et 2004. Les points litigieux sont les tarifs de terminaison que les opérateurs se facturent pour l'utilisation de leurs réseaux respectifs. Pendant de longues années, Proximus aurait financièrement avantagé les conversations entre ses propres clients. En mai 2007, le tribunal du commerce de Bruxelles a donné raison à Base et Mobistar, et des experts ont estimé le dommage subi par les deux opérateurs à plus de 1,84 milliard EUR. La cour d'appel de Bruxelles vient de confirmer cet arrêt. La probabilité est donc réelle que Belgacom doive effectivement débourser cet argent. L'objectif désormais est qu'une équipe d'experts introduise un rapport final d'ici à mars 2016. Pour l'heure, Belgacom dit ne pas s'inquiéter. Le groupe nie avoir abusé de sa position et n'a donc pas constitué de provision. Les chiffres trimestriels et annuels étaient cependant en ligne avec les attentes, voire légèrement supérieurs. Le chiffre d'affaires (CA) du groupe s'est accru au 4etrimestre de 2,2%, à 1,51 milliard EUR. Sur l'ensemble de l'exercice, on note un repli de 1,6% (5,86 milliards EUR). Le CA du coeur de métier (hors Telindus et BICS) a reculé de seulement 0,2%, alors qu'on attendait un repli compris entre 1 et 2%. Même constat au niveau du cash-flow opérationnel sous-jacent (EBITDA), qui a reflué au 4etrimestre de 4,7%, à 380 millions EUR, en raison notamment d'une taxe sur les antennes (pylônes) en Wallonie. Sur l'ensemble de l'exercice 2014, l'EBITDA a reflué de 2,5%, à 1,65 milliard EUR. Le nombre de clients mobiles a continué à augmenter, permettant à la part de marché de Proximus de se diriger l'an dernier vers les 40,8%. Les perspectives pour l'exercice courant étaient plutôt prudentes, avec une croissance stable, voire légèrement positive, du CA et de l'EBITDA. Le dividende reste pour l'heure inchangé à 1,5 EUR par action. Belgacom a déjà versé en décembre 0,5 EUR de ce montant au titre de dividende intermédiaire. L'euro restant sera versé à la fin du mois prochain. Belgacom a exprimé son intention de maintenir également son dividende à ce niveau l'an prochain. Ses cash-flows libres de 711 millions EUR, qui représentent une croissance de 44% sur base annuelle, couvraient presque totalement le dividende (718 millions EUR). La dette financière nette totalisait 1,8 milliard EUR à la fin de l'an dernier. La position financière de Belgacom est donc toujours solide.ConclusionSur le plan opérationnel, le groupe est à nouveau en grande forme, mais son redressement est encore timide. Cela dit, Belgacom n'est plus l'action télécom bon marché qu'elle était encore il y a un an. Depuis la hausse de près de 60% de son cours depuis le début de l'an dernier, Belgacom présente une prime par rapport au restant du secteur. Une prime qui ne se justifie plus. D'où notre abaissement de conseil.Conseil: vendreRisque: faibleRating: 3A