Le 18 novembre, la lecture du rapport d'activité consacré au troisième trimestre a effrayé les investisseurs. En particulier, l'infléchissement modéré mais défavorable des ventes en Europe et les incertitudes qui entourent les perspectives pour 2017. L'action y a laissé 10%, pour cependant retrouver rapidement son niveau lorsque les investisseurs ont pris acte du redressement de la rentabilité. Bekaert, qui tablait sur une marge de 7 à 8% pour le bénéfice opérationnel récurrent de cette année, a relevé ses prévisions à 7,5% à 8%. Cette révision positive est surtout la conséquence de la mise en oeuvre des programmes d'économies.
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Le 18 novembre, la lecture du rapport d'activité consacré au troisième trimestre a effrayé les investisseurs. En particulier, l'infléchissement modéré mais défavorable des ventes en Europe et les incertitudes qui entourent les perspectives pour 2017. L'action y a laissé 10%, pour cependant retrouver rapidement son niveau lorsque les investisseurs ont pris acte du redressement de la rentabilité. Bekaert, qui tablait sur une marge de 7 à 8% pour le bénéfice opérationnel récurrent de cette année, a relevé ses prévisions à 7,5% à 8%. Cette révision positive est surtout la conséquence de la mise en oeuvre des programmes d'économies. La surprise désagréable du troisième trimestre concernait donc l'Europe, qui, dans les rapports de Bekaert, englobe également l'Afrique et le Moyen-Orient (EMEA). L'entreprise s'était montrée très performante dans cette région ces dernières années, tant en ce qui concerne les volumes que la rentabilité. Bekaert doit y défendre la moitié de son bénéfice opérationnel et une marge bénéficiaire de plus de 13%. Au troisième trimestre, le chiffre d'affaires y a reculé de 6%, surtout en raison de la faiblesse de la demande de fils profilés dans le secteur du pétrole et du gaz qui, en l'absence de redressement de cours du pétrole, force le report de nombreux projets d'investissement. La demande de fils d'acier industriels et d'applications pour le secteur des biens de consommation est également sous pression. Bekaert attribue le regain d'incertitudes au Brexit. Le secteur automobile a cependant poursuivi sur son élan du premier semestre. Notamment en raison de l'affaiblissement de la demande en Europe, Bekaert n'est pas parvenu à accroître ses volumes de vente au troisième trimestre. L'entreprise avait encore enregistré une forte croissance des volumes au premier semestre. Le fléchissement de la demande dans le secteur pétrolier se fait également sentir dans d'autres régions. Le marché chinois des fils à scier pour les panneaux solaires est lui aussi en phase de refroidissement, mais celui-ci serait temporaire. Sur les neuf premiers mois de l'année, Bekaert a enregistré une croissance des volumes de 4,5%. En raison de la décision de répercuter sur les clients la baisse des prix des matières premières, d'effets de change défavorables et de baisses des prix ici et là, cette croissance des volumes a cependant abouti à un recul du chiffre d'affaires de 1%. Pour 2017, Bekaert prévoit des incertitudes persistantes sur le marché européen, qui pèseront sur les commandes du premier trimestre 2017. Aucune reprise n'est envisagée non plus dans le secteur pétrolier. Bekaert est cependant plus optimiste pour les États-Unis, avec l'augmentation attendue des investissements dans l'infrastructure sous Donald Trump. En Asie, les choses devraient suivre leur cours grâce à une forte demande du secteur automobile. Alors que le chiffre d'affaires devrait rester à niveau, le bénéfice assez intéressant est la conséquence des choix stratégiques opérés ces dernières années et de l'accent placé sur les produits à plus forte valeur ajoutée et les économies. L'amélioration du bénéfice opérationnel récurrent de 164millions à 223millions d'euros l'an dernier reposait pour 66millions d'euros sur les économies et pour 31millions d'euros sur une amélioration du mix produits. Ces bonus devaient avant tout compenser la baisse des prix. Cette année et le début 2017 devraient être de la même veine. ConclusionLes perspectives plus troubles en Europe pèsent sur le cours de Bekaert, mais la rentabilité est assurée grâce aux économies réalisées. Il faudra que le secteur automobile tienne le coup pour que 2017 soit un bon cru. En attendant, la valorisation est équitable avec un rapport cours/bénéfice de 17 et une valeur d'entreprise correspondant à 7 fois les cash-flows opérationnels. L'action est toujours à conserver. Conseil : conserverRisque : moyenRating : 2BDevise : euro (EUR)Marché : Euronext BruxellesCapitalisation boursière : 2,376 milliards EURC/B 2015 : 15C/B attendu 2016 : 17Perf. cours sur 12 mois : +47%Perf. cours depuis le 01/01 : +38%Rendement du dividende : 2,5%