Le Saint Graal est à portée de main pour Bekaert. La société vise une marge de bénéfice opérationnelle de 7% sur le chiffre d'affaires (marge de REBIT), qu'il considère comme une base de sa rentabilité durable. Au second semestre de l'an dernier, Bekaert a atteint une marge de 6,2%, et de 6,1% sur l'ensemble de 2015. C'est largement mieux qu'en 2014 (5,1%). Cette amélioration de la rentabilité est remarquable compte tenu du climat économique difficile sur les marchés émergents, vu la concurrence vive, principalement en provenance de Chine. Bekaert résout le problème avec des programmes d'économies de coûts mis en place ces dernières années, et le choix stratégique de produits rentables (comme le fil d...

Le Saint Graal est à portée de main pour Bekaert. La société vise une marge de bénéfice opérationnelle de 7% sur le chiffre d'affaires (marge de REBIT), qu'il considère comme une base de sa rentabilité durable. Au second semestre de l'an dernier, Bekaert a atteint une marge de 6,2%, et de 6,1% sur l'ensemble de 2015. C'est largement mieux qu'en 2014 (5,1%). Cette amélioration de la rentabilité est remarquable compte tenu du climat économique difficile sur les marchés émergents, vu la concurrence vive, principalement en provenance de Chine. Bekaert résout le problème avec des programmes d'économies de coûts mis en place ces dernières années, et le choix stratégique de produits rentables (comme le fil d'acier pour les pneus), comprenant l'arrêt des activités déficitaires. La direction prévoit également que les marges s'amélioreront cette année car les choix stratégiques opérés doivent porter plus de fruits encore. La marge de 7% est encore trop élevée en 2016, mais Bekaert prévoit de surperformer le marché. À première vue, Bekaert enregistre une croissance solide de son chiffre d'affaires (CA), de 14% en l'occurrence. Cette hausse est cependant attribuable intégralement à des effets de change positifs et aux acquisitions réalisées. Le CA comparable a reculé de 3%, ce qui n'est pas catastrophique en soi car ce repli est surtout une conséquence de la baisse des prix des matières premières, qui a été répercutée aux clients. Bekaert profite surtout de la reprise du marché automobile (40% du CA). Les ventes sont soutenues par la combinaison d'une demande forte et d'une hausse des parts de marché, notamment grâce à la reprise des filiales de fil d'acier de Pirelli et à la compétitivité renforcée en Chine. Sur les marchés de l'énergie, l'activité a ralenti du fait de la baisse sensible des prix pétroliers, mais Bekaert a maintenu les ventes à niveau dans cette division grâce au fil de coupe dans le secteur des panneaux solaires. Au cours de la période 2010-2011, l'action a pris énormément de hauteur sur fond de bulle spéculative liée au segment des panneaux solaires. L'an dernier, les ventes de fil de coupe ont progressé de 30% et représentent à nouveau 10% du CA en Asie. Ce n'est pas un hasard si la marge a progressé à un confortable 9,5% au 2e semestre en Asie, ce qui est, en avance, la bonne surprise des résultats du 2esemestre. En Europe également, Bekaert continue de dégager de belles marges, à nouveau grâce à un secteur automobile en net redressement. L'élément perturbateur reste la rentabilité en Amérique du Nord, qui a stagné à une marge de 2,9% au 2esemestre de 2015, surtout parce que les importations bon marché en provenance d'Asie continuent d'inonder le marché. Les restructurations opérées devraient apporter quelque amélioration de ce point de vue cette année. En Amérique Latine, Bekaert réalise à nouveau une marge de 6,6%, ce qui est très honorable vu la conjoncture difficile sur ce continent, marqué par une profonde récession au Brésil et une hyperinflation au Venezuela. ConclusionLa rentabilité de Bekaert se redresse plus rapidement que prévu grâce aux programmes d'économies de coûts en cours et aux ventes en hausse de produits lucratifs comme le fil d'acier et le fil de coupe. Depuis le rallye des dernières semaines, ce redressement est en grande partie intégré dans le cours. Les investisseurs paient 17fois le bénéfice attendu pour 2016 et la valeur d'entreprise a progressé à 8fois l'EBITDA. D'où l'abaissement de notre conseil.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2B