A nouveau, en 2014, Bekaert est resté très éloigné de l'objectif de réaliser une marge de bénéfice opérationnel (EBIT) de 7% au moins. La société a dû se contenter d'une marge de 5,1%, le 4etrimestre ayant été particulièrement difficile : le marché asiatique des pneus a vu sa situation se dégrader sensiblement, ce qui a mis sous pression les prix des câbles d'acier, vu le contexte de surcapacité. Bekaert a cependant choisi de ne pas sacrifier les prix, ce qui s'est traduit par une perte de parts de marché dans les pneus de camions. La marge bénéficiaire a dès lors stagné à 6,5% en Asie, malgré d'assez bons résultats sur les neuf premiers mois de l'...

A nouveau, en 2014, Bekaert est resté très éloigné de l'objectif de réaliser une marge de bénéfice opérationnel (EBIT) de 7% au moins. La société a dû se contenter d'une marge de 5,1%, le 4etrimestre ayant été particulièrement difficile : le marché asiatique des pneus a vu sa situation se dégrader sensiblement, ce qui a mis sous pression les prix des câbles d'acier, vu le contexte de surcapacité. Bekaert a cependant choisi de ne pas sacrifier les prix, ce qui s'est traduit par une perte de parts de marché dans les pneus de camions. La marge bénéficiaire a dès lors stagné à 6,5% en Asie, malgré d'assez bons résultats sur les neuf premiers mois de l'année. Bekaert prévoit que les conditions de marché en Chine resteront difficiles au 1er trimestre 2015, mais qu'une amélioration suivra. Cet accès de faiblesse en Chine a incité la direction à lancer un avertissement sur bénéfice il y a quelques semaines, par la publication anticipée des principaux résultats annuels. La surcapacité en Chine a également un impact sur les marchés américains, car les producteurs asiatiques y bradent leur excédent de production. Les marges bénéficiaires ont stagné aux alentours de 4% en Amérique du Nord et du Sud. Si Bekaert souhaite relever sa marge bénéficiaire à 7%, il faudra que la marge réalisée en Asie augmente. La marge de 5,1% dégagée l'an dernier s'est traduite en un bénéfice par action de 1,5 EUR, soit autant qu'en 2000. Durant la décennie écoulée, Bekaert a investi lourdement dans son ancrage aux pays émergents, mais cette stratégie n'a pas été un succès. Ce n'est que lorsque la rentabilité se redressera sur les marchés émergents qu'une marge de bénéfice de 7% pourra être à nouveau atteinte, et autrement dit, un bénéfice de plus de 2 EUR par action. L'an dernier, c'est l'évolution favorable de l'Europe qui a sauvé les meubles. Grâce à la demande soutenue de l'industrie automobile, les ventes ont augmenté sans préjudice des prix. La marge bénéficiaire est ainsi ressortie à pas moins de 10,8%, et l'EBIT a affiché 114 millions EUR, le double de toutes les autres régions réunies. Bekaert prévoit que les conditions de marché favorables persisteront, alors que la contribution de l'Europe aux résultats du groupe augmente encore en raison de la reprise des activités d'acier de Pirelli dans les livres de Bekaert. Cette reprise lui assure un chiffre d'affaires supplémentaire de 300 millions EUR et une contribution à l'EBIT de quelque 30 millions EUR. Bekaert continue de cesser les activités moins porteuses, comme en témoigne la vente de Bekaert Carding Solutions. Ce remaniement stratégique devrait donner lieu, dans 3 ans, à l'obtention de la marge escomptée de 7%. ConclusionLes résultats devraient encore s'améliorer cette année, compte tenu des bonnes performances en Europe, de l'euro plus faible et de la possibilité d'amélioration des marges en Asie et en Amérique. La voie vers la rentabilité espérée est encore assez longue, mais avec une valeur d'entreprise (EV) de 7 fois le cash-flow opérationnel (EBITDA) et un rapport cours/bénéfice attendu d'environ 15, ce redressement n'est pas encore totalement intégré dans le cours. Nous avons attendu longtemps, mais le moment est venu de relever notre conseil.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B